Scis, hera, te , mea lux , javeni placoisse beato
Hesit, et in Tultn constitit nsque tno.
- Et cor non pUoeas? nolli taa forma secnnda est. Me mistffam ! dignos corpore coUns abeit.
(Ovide, i«d.)
3. Je ne puis m*empêcher de faire remarquer ce non-sens que pas un commentateur n*a signalé jusqu'ici : un visage plus beau qa*UB rivage ! *
i7â SATYEB un.
Qoand on est bien parée, on en est toujours mieux*
Mats, sans avoir du bien, que sert la renommée?
C'est une vanité confusément semée
Dans Tesprit des humains, un mal d'opinion.
Un faux germe avorté dans nostre affection.
Ces vieux contes d'honneur dont on repaist les dames
Ne sont que des appas pour les débiles âmes.
Qui, sans choix de raison, ont le eerveau perclus.
L'honneur est un vieux sainct que l'on ne chommeplvs.
Il ne sert plus de rien, sinon d'un peu d'excuse S
Et de sot entretien pour ceux-là qu'on amuse.
Ou d'honneste refus, quand on ne veut aimer.
11 est bon en discours pour se faire estimer :
Mais au fond c'est abui^, sans excepter personne.
La sage le sçait vendre où la sotte le donne *.
Ma fille, c'est par là qu'il vous en faut avoir. Nos biens, comme nos maux, sont en nostre pouvoir*. Fille qui sçait son monde a saison opportune. Chacun est artisan de sa bonne fortune *.
Le malheur, par conduite, au bonheur cédera.
Aydez-vous seulement, et Dieu vous aydera.
Combien, pour avoir mis leur honaeur en sequ^tre,
i. Édition de I6t3 et quelques autres : Hnon qu'un peu d^excuse, SI. Lenglet-Dufifesnoy avait corrigé ce vers en mettant :
La sage se sait Tendre....
ce qui est éyidemment contraire à la pensée de l'auteur.
3. Les quatorze yers suivants manquent dans l'édition de idis, faite pendant la vie de l'auteur, et dans celle de 1686.
4. Appius Gsecus a dit dans un poème : «Fabrum esse suae quemque fortunœ.» Voyez Salluste, Orat. I , ad Car^arem, Tite-Live a fait allusion & cette maxime, liv. xxxix, lorsque, parlant de Caton, il dit : «In hoc viro tanta vis animi , ingenii fuit, ut, qnocumque « loco natus esset, fortunam sibi ipse facturus videretor. a Plaate, dans \p Trinummus : «Nam sapiens quidem Pol ipse fîngit fortunam sibûi
SATYftE XIU* iî3
Ont-e|les en velours eschangé leur limestre S Et dans les plus hauts rangs eslevé leurs maris ! Ma fille, c'est ainsi que Ton yit à Paris, Et la veiVe aussi bien comme la mariée * :
Celle est chaste, sans plus, qui n'en est point [wriée ^. Toutes, au faict d'amour^ se chaussent en un point * : Jeanne que vous voyez **, dont on ne parle point, Qui fait si doucement la simple et la discrète. Elle n'est pas plus sage, ains elle est plus secrète ^; Elle a plus de respect, non moins de passion. Et cache ses amours sous sa discrétion.
MoynneMBe, croiriez-vous, pour estre plus âgée^ , Que ma part, comme on dit, en fust desjà mangée? Non, ma foy, je me sens et dedans et^dehors, ITmo n basjgeut encore user deux ou trois ç^ps. Mais chaque âge a son temps. Selon le drap la robe.
i . Dans la première édition de cette satyre, il y avait :
Ont-elles aux atonrs esch&nf é le limestre ,
drap fin qui se faisait alors à Rouen et à Darnetal, et plus aneiemiement en Espagne.
s. Les éditions de 1616, i 617 et 1645 portent : Et auisi bien la vefve comme, etc.