En»e8 Iras, dans les éditions de t6i6 et
t. Saint Louis se croisa deux fois»
3. Riche et belle abbaye de l'ordre de Gtteaux, près de Luzardies, aux bords de l'Oise , à huit lieues de Paris. Elle avait été fondée vers l'an 1 230 par saint Louis , qui travailla lui-même , à ce qu'on
Mt, ^ la construction de l'église. II fit de grandes aumônes à cette abbaje, dans laqueUe il se retirait souvent. pour s'y donner tout entier aux œuvres de piété. Il y servait les malades, mangeait au réfectoire avec les religieux et couchait au dortoir. G'est dans celte même église que Régnier a été enterré. Les b&timents du monastère servent aujourd'hui à une filature de coton.*
4. Dans l'édition de 1642 et suivantes, on lit révMBànt, mot qui
106 SATTRfi XV.
Polissant les nonreaux, les vieux rapetassaot. Je fais des vers, qu'encor" qu'Apollon les avoue, Dedans la cour peut^-estre on leur fera la moue ; Ou s'ils sont, k leur gré, bien faits et bien poHs, J'auray pour récompense : « Ils sont vrayment joUs. » Mais moy qui ne me règle aux jugements des hommes. Qui dedans et dehors connois ce que nous sommes, Comme le plus souvent ceuxqui sçavent le moins Sont témérairement et juges et témoins.
Pour blasme, ou pour louange, ou pour froide parole. Je ne fay de léger banqueroute à Teseole Du bon homme Empédoeie, ot son discours m^appreid Qu'en ce monde il n'est rien d'admirable et de grand Que l'esprit desdaignant une chose bien grande, Et qui, roy de soy-mesme, à soy-mesme commande. Pour ceux qui n'ont l'esprit si fort ny si trempé , Afin de n'estre point de soy-mesme trompé. Chacun se doit cognoistre , et, par un exercice. Cultivant sa vertu, déraciner son vice ; Et, censeur de soy-mesme, avecq' soin corriger Le mal qui crolst en nous, et non le négliger; Ësveiller son esprit troublé de resverie.
Comme donc je me plains de ma foreenerié , Que par art je m'efforce à régler ses accez.
Et contre mes deffauts que j'intente un procez , Comme on voit, par exemple, en ces vers oti j'accuse Librement le caprice où me porte la muse, Qui me repaist de baye en ses fous passe-temps^
a SBccddé k ravatsant , de rmfutiery qu'on employait du temps de Régnier, et m^me de Rabelais, qui s'en est setri trè»^fréqaemment. PêtUêgruel nui r^irant, dit-il, liv. III , chap. 36 , aperçut par le gatterie Panurge en mùmtien d'vn resfevr rêvassant ^ ete. BoiiaTett'^ ture Des Periers , dans an sonnet qui est à la an de ses nouvénes Récréations :
. TMtpkB MQgeardf , en re&v«nl n^uséi.
Et, matgré moy, me fkit aux vers perdre le temps; Ils devroient à propos tascher d'ouvrir la bouche^ Mettant leur jugement sur la pierre de touche, S'estudier de n'estre, en leurs discours tranchants, Par eux-mesme jugez ignares ou meschants , Et ne mettre , sans choix, en égale balance , Le vice , la vertu , le crime , Tinsolence.
Qui me blasme aujourd'huy, demain il me louera , Et peût-estre aussi-tost il se désavouera.
La louange est à prix, le hazard la débite Où le vice * souvent vaut mieux que le mérite : Pour moy, je ne fais cas ny ne me puis vanter Ny d'un mal ny d'un bien que l'on me peut oster.
Avecq' proportion se despart la louange*; Autrement c'est pour moy du baragouin estrange. Le vray me fait dans moy recognoistre le fau'x, Au poids de la vertu je juge les deffaux.
J 'assigne ' l'envieux cent ans après la vie , Où l'on dit qu'en amour se convertit l'envie. Le juge sans reproche est la postérité.
Le temps qui tout descouvre en fait la vérité , Puis la montre à nos yeux ; ainsi dehors la terre Il tire les trésors, et puis les y resserre.
Doncq' moy, qui ne m'amuse à ce qu'on dit icy. Je n'ay de leurs discours ny plaisirs ny soucy ; Et ne m'esmeus non plus, quand leur discours fourvoyé, Que d'un conte d'Urgande* et de ma Mère l'Oye.