‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 167 sur 252 · Nam^ue p«rabUein^«iiio V«nerem facilem^e · texte numérisé non relu

Nam^ue p«rabUein^«iiio V«nerem facilem^e

(HOR., lif. l,Mt. ii> t. lid.)

SÂTTRE XV!. 2ÔS

Toute amour a bon gou&t, poupveu qu'elle récrée ; £t s 'elle est moins louable, elle est plus asseurée : Car, quand le jeu desplaist, san6 soupçon ou danger De coup ou de poison, il est permis changer.

Aymer en trop haut lieu une dame hautaine, C'est aymer en soucy le travail et la peine, C'est nourrir son amour de respect et de soin. Je suis saoul de servir le chapeau dans le poing, Et fuy plus que la mort l'amour d'une grand' dame *. Tousjours, comme un forçat, il faut estre à la rame. Naviguer jour et nuict, et, sans profit aucun , Porter tout seul le faix de ce plaisir commun.

Ce n'est pas, Forquevaus, cela que je demande ; Car, si je donne un coup, je veux qu'on me le rende, Et que les combattants, à l'égal colérez.

Se donnent l'un à l'autre autant de coups fonrez. C'est p^irquoy je recherche une jeune fillette* Experte dès long--temps à courir l'esguillette ^,

i. .,. Matroiuun niUam ecfo tongo.

(lD.ilM4f.,T. S4.)

... Qaare, nepœniteat te, Besioe matronas secUri...

(ID., ibUi,, y. 77.)

«. Telle était la Quartilla de Pétrone ; telle cette A if^ dont il semble que Régnier ait eu en vue Tépitaphe, qui commence ainsi daps Clément Marot :

Ci gtl , qui est nne grand* perte, etc.

3. Rabelaia, Hy. Ill, ch. 32. « De manière que, si nature-ne leur « eust arrosé le front d'ung peu de honte, vous les voyrriez, eomme o forcenées , courir l'aguillette. » (Rondeau de la C<mrem& d'esguih lelteSf foi. y erso 163 du recueil manuscrit deP.de Vitri Villon.) Les habitants de Beaucaire avaient institué une course où les filles cotiraient la veille de la foire de |a M^deleine^, et celle qui

tt)4 8ATTR£ XVI.

Qui soH vive et^ardenteau comèat amoureux, El pour on coup reçu qui vous en rende deux.

La grandeur en amour est vice insupportable, El qui sert hautement est toujours misérafoie : Il n'est que d'estre libre, et en deniers comptants Dans le marché d'amour acheter du bon temps , Et pour le prix commun choisir sa nmrchandise ; Ou, si Ton n'en veut prendre, au moins on en ^devise, L'on taste. Ton manie , et, sans dire combien , On se peut retirer, l'object n'en couste rien. Au savoureux trafic de ceste mercerie J'ay consumé les jours les plus beaux de ma vie ; Marchand des plus rusez, et qui, le plus souvent, Payoit ses créanciers de promesse et de vent.

Et encore, n'estoit le hazard et la perte , J 'en voudrois pour jamais tenir boutique ouverte ; Mais le risque* m'en fasche, et si fort m'en desplaist ^u*au malheur que je crains je postpo^e Tacquest : Si bien que, redoutant la véroUe et la goutte , Je bannis ces plaisirs, et leur fais banqueroute. Et résigne aux mignons, aveuglez en ce jeu.

avait le mieux couru avait pour récompense quelques paquets d'aiguillettes: L*autear des remarques sur Rabelais cite Jean Michel, de Ntmes,.,page 39, édition d'Amsterdam, 1700, de son Embarras de la foire de Beaucaire^ qui parle de cette course comn^e d'un usage qui se pratiquait encore de son temps. Pasquier, dans ses Becherches^ Ut. VIII» ch. 36, donne une autre origine de cette façon de parler. 11 dit qu'ancieimement on aiait défendu aux femmes publiques de porter ceintures dorées, et qu'en même temps «on « voulut qu'elles eussent quelque siffnal sur elles , pour les distin- « gaer et roconnoisti'e d'avec le reste des prudes femmes , qui fit de « porter une esffUUlette sur Vépaule y coutume que j'ai vu, dit^il^ en- « core se pratiquer dedans Tboloze , par celles qui avoient confiné « leurs vies au Chastelverd. »

i. Éditions antérieures à le^it : to risque»

SAI'YRÎ: XVI. 268

Avecque les plaisirs, tous l«8 maux que j'ai eu^ ,

Les boutons du funntemps^ et les autres fleurettes

Que Ton cueille au jardin des douées afflourettes.

Le mercure et Teau fort'* me sont à contre coeur :

Je hais l'eaii de^yae, et Pesiouffante ardeur

Des fourneaux enfumez ot l'on perd sa substance,

Et où Ton va tirant un bomme en quintessence.

C'est pourquoy tout à coup je me suis retiré ,

Voulant dorénarwt demeurer asseuré ,

Et, comme un itarinier eschappé de l'orage

Du hayre seurement contempler le naufrage.

Ou si parfois encor' je me remets en mer.

Et qu'un œil endianteurme contraigne d'aymer.

Combattant mes esprits par une douce guerre ,

Je veux tù seureté naviguer sur la terre.

Ayant premièrement visité le vaisseau.

S'il est bien ca^utré, ou s'il ne prend point l'eau.

Ce n'est pas peu de cas de faire un long voyage :

Je tiens un homme fou qui quitte le rivage,

Qui s'abandonne aux vents, et, pour trop présumer,

Se commet aux bazards de l'amoureuse mer.

Expert en ses travaux, pour moy je la déteste ,

Et la fuy tout ainsi comme je fuy la peste.

Mais aussi, F4)rqttevau8, eomm€ il est maltaise Que nostre esprit ne soit quelquefois abusé Des appas encbanteurs de cet enfant volage ; Il faut un peu baisser le cou souz le servage, Et donner quelque place aux plaisirs savoureux : Car c'est honte de vivre et de n'estre amoureux^.

i . Il faudrait écrire : ft^f eu^.

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