ÉP18TRE AU ROY
Tu trouveras, ingrat, toute chose importune.
A Naples, en Sicile, et dans ces autres lieux Où l^DU t'assignera, tu seras odieux ^ ; Et l'on te fera voir, avecq' ta convoitise^ Qu'après les trahisons les traistres on mesprise. Les enfants estonnez s'enfuiront te voyant.
Et l'artisan mocqueur, aux places t'effroyant, Rendant par ses brocards ton audace flétrie.
Dira : « Ce traistre-icy nous vendit sa patrie * Pour l'espoir d'un royaume en chimères conçeu ; Et pour tous ses desseins du vent il a receu. »
a Ha ! que ces paladins ^ vivants dans mon histoire , Non comme toy touchez d'une bastarde gloire.
Te furent différents, qui, courageux par- tout, Tindrent fidellement mon enseigne debout.
Et qui, se respandant ainsi comme un tonnerre, Le fer dedans la main, firent trembler la terre. Et tant de roys payens souz la croix desconfis Asservirent vaincus aux pieds du crucifix , Dont les bras retroussez, et la teste panchée, De fers honteusement au triomphe attachée.
Furent de leur valeur tesmoins si glorieux.
Que les noms de ces preux en sont escrits aux cieux !
« Mais si la piété de ton cœur divertie , En toy, pauvre insensé, n'est du tout amortie ;
i. n est curieux de lire ce vers en songeant que c*est précisément k Naples qu'en 1608 Ravaillac complota son crime.