PIN DES ÉLÉGIES
STANCES
Quand sur moy je jette les yeux, A trente ans me voyant tout vieux *, Mon cœur de frayeur diminue :
Estant vieilly dans un moment, Je ne puis dire seulement Que ma jeunesse est devenue.
Du berceau courant au cercueil, Le jour se dérobe à mon œil, Mes sens troublez s'esvanouissent.
Les hommes sont comme des fleurs.
Qui naissent et vivent en pleurs , Et d'heure en heure se fanissent.
Leur âge, à Tinstant écoulé
1. Cette pièce et les cinq suivantes furent insérées dans Tédition de 1652.