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Cette pièce date donc dô i

308 POÉSIES SPhRITUELLES.

Comme un trait qui s'est envolé,

Ne laisse après soy nulle marque ;

Et leur nom , si fameux icy,

Si-tost qu'Us sont morts, meurt aussi, .

Du pauvre autant que du monarque.

N'aguères, verd, sain^et puissant Comme un aubespin florissant.

Mon printemps estoit délectable.

Les plaisirs to^oient en mon sein ; Et lors estoit tout mon dessein Du jeu d'amour et de la table.

Mais, las! mon sort est bien tourné, Mon âge en un rien s'est borné ; Folble languit mon espérance.

En une nuict, à mon malheur.

De la joye et de la dpuleur J'ay bien appris la différence*

La douleur aux traits vénéneux, Comme d'un habit épineux^ Me ceint d'une horrible torture.

Mes beaux jours sont changez en nuits ; Et mon cœur, tout flétry d'ennuis, N'attend plus que la sépitore.

Enyvré de cent maux divers, Je chancelle et vais ée travers»

Tant mon ame en regorge pleine :

J'en ay l'esprit tout hébesté ; Et si peu qui m'en est resté, Encor' me fait-il de la peine.

POÉSIES SPlItrrUBLLES. 3(H)

La mén^ire du temps passé, Que j'ay follement despensé, Espand du fiel en mes ulcères; Si peu que j 'ay de jugeaient Semble animer won sentiment, Me rendant plus vif aux misères.

Ha î pitoyable souvenir !

Enfin, que dois^e devenir?

Où se réduira ma constance ?

Estant jà dé&illy de cœur.

Qui me don'ra de la vigueur Pour durer en la pénitence?

Qu'est-ce de moy ? foible est ma main ; Mon courage, bêlas ! est bumatn ; Je ne suis de fer ny de pierre.

En mes maux montre-toy plus doux.

Seigneur ; aux traits de ton coiiroux Je suis plus, fragile que verre.

Je ne suis à tes yeux, sinon Qu'un festu sans force et sans nom, Qu 'un bibour qui n ^ose paroistré , Qu'un fiantosme ici-bas errant, Qu*une orde escume de torrent.

Qui semble, fondre avant que naistre :

Où toy, tu peux faire trembler L'univers, et désassembler Du firmament le ricbe ouvrage :

Tarir les fiots audacieux, ûu, les élevant jusqu'au cieux.

Faire de la terre un naufrage.

310 POiSIBS SPlMTUBLtBS.

Le soleil fléchit devant toy ; De toy les astres prennent loy ; Tout fait jong dessous ta parole : Et cependant tu vas dardant Dessus moy ton couroux ardent, Qui ne suis qu'un bourrier ^ qui voie.

Mais quoy ! si je suis imparfait, Pour me deffaire m'as-tu fait?

Ne sois aux pécheurs si sévère :

Je suis homme, et toy Dieu clément!

^ Sois donc plus doux au chastiment, Et pnny les tiens comme père.

J 'ay l 'œil scellé d \in sceau de ier ;

Et desjà les portes d'enfer

Semblent s 'entr 'ouvrir pour me prendre;

Mais encore, par ta bonté.

Si tu m'as osté la santé,

Seigneur ! tu me la peux rendre.

Le tronc de branches dévestu.

Par une secrette vertu Se rendant fertile en sa perte, De rejettons espère un jour Ombrager les lieux d'alentour.

Reprenant sa perruque verte.

Où l'homme en la fosse couché, Après que la mort l'a touché , Le cœur est mort comme l'écorce :

j. Espèce de cUarden dont la tête est converte d'une hoappede dayet qui est emportée par ie vent.

Encor ' l 'eau reverdit le bois ; Mais l'homme estant mortnoe fois.

Les pleurs pour luy n'ont plus de force.

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