LA NATIVITÉ DE NOSTRE SEIGNEUR
Par le commantlement du roy Louis XIII , pour sa musique de la messe de minait.
Pour le salut de l'univers Aujourd'huy les deux sont ouverts , Et, par une conduite immense, La grâce descend dessus nous.
Dieu change en pitié son courroux , Et sa justice en sa clémence.
Le vray fils de Dieu tout puissant, Au fils de l'homme s 'unissant En une charité profonde, Encor' qu'il ne soit qu'un enfant, Victorieux et triomphant, De fers affranchit tout le monde.
Dessouz sa divine vertu
Le péché languit abattu ;
Et de ses mains, à vaincre expertes,
1 , Cette hymne fut composée en i 6 1 1 on 1 61 s. ,
3 H poémes sphutuclles.
Êtoaffant le serpent trompeur, Il nous asseure en nostre peor, f,i nous donne gain de nos pertes.
Ses oracles sont accomplis; Et ce que, par tant de replis D*âge, promirent les prophètes, Aujourd'huy se finit en luy.
Qui vient consoler nostre ennuy, En ses promesses si parfaites.
Grand roy, qui daignas en naissant Sauver le monde périssant, , Comme père, et non comme juge.
De grâce comblant nostre roy, Fay qu'il soit des meschants Teffroy, Et des bons Tasseuré refuge.
Qu'ainsi qu'en esté le soleil
11 dissipe aux rays de son œil
Toute vapeur et tout nuage ;
Et qu'au feu de ses actions
Se dissipant les factions.
Il n'ait rien qui luy fasse ombrage.
SONNETS
Dieu! si mes péchez irritent ta fureur, Contrit, morne et dolent, j'espère en ta clémence. Si mon deuil ne suffit à purger mon offense.
Que ta grâce y supplée, et serve à mon erreur.
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Mes esprits éperdus frissonnent de terreur ;
Et, ne voyant salut que par la pénitence,
Mon cœur, comme mes yeux, s'ouvre à la repentance,
Et me hây tellement que je m'en fais horreur.
Je pleure le présent, le passé je regrette; Je crains à Tadvenir la faute que j'ay faite : Dans mes rebellions je lis ton jugement.
Seigneur, dont la bonté nos injures surpasse ,
Gemme de père ^ fils uses-en doucement.
Si j'avois moins failly, moindre seroit ta grâce.
Quand dévot vers le ciel j'ose lever les yeux. Mon cœur ravy s'émeut, et confus s'esmerveille. Comment, dis-je à part moy, ceste œuvre nompareULe . Est-elle perceptible à l'esprit curieux?
Cet astre, ame du monde, œil unique des cieux, Qui travaille en repos, et jamais ne sommeille. Père immense du jour, dont la clarté vermeille Produit, nourrit, récrée , et maintient ces bas lieux?
Comment t 'éblouis-tu d'une flame mortelle Qui du soleil vivant n'est pas une estincelle , Et qui n'est devant luy sinon qu'obscurité?
Mais si de voir plus outre aux mortels est loisible, Croy bien, tu comprendras mesme llnûnité, Et les yeux de la foy te la rendront visible.
aii ^OéSfCS Sf^miTtJELLES.
Cependant qu'en la croix, plein d'amour infinie, Dieu pour nostre salut tant de maux supporta , Que par son juste sang nostre ame il racheta Des prisons où la mort la tenoit asservie ;
Altéré du désir de nous rendre la vie,
« J'ay soif, » dit-Il aiîx Juifs. Quelqu'un lors apporta
Du vinaigre et du fiel , et le luy présenta ;
Ce que voyant, sa mère en la sorte s'écrie :
a Quoy î n'estrce pas assez de donner le trespas
A celuy qui nourrit les hommes icy-bas,
Sans frauder son désir d'un si piteux breuvage?
« Venez tirer mon sang de ses rouges canaux, Ou bien prenez ces pleurs qui noyent mon visage; Vous serez moins cruels, et j'auray moins de maux.»