ÉTUDE HISTORIQUE ET LITTÉRAIRE. XXIX
C'est précisément cette alliance du grand style et de la trivialité qui fait ombre dans le.talent de Régnier, et on ne saurait trop la déplorer quand on acquiert ainsi la preuve que lui-même le sentait. Sans elle , Mathurin aurait dignement figuré au même rang que son grand ennemi Malherbe, et il a certainement autant que lui rendu service à notre langue ; mais il est demeuré lui-même après tout, et cette qualité mérite bien qu'on lui pardonne quelque chose ; il est resté original, il a réellement dessiné définitivement le genre satirique, qui convient si bien à notre esprit français; il a écrit assez de beaux vers pour qu'on ne puisse les compter : le nombre des poètes qui peuvent invoquer autant de titres à l'estime de la postérité est-il donc si considérable?
J'ai réuni ici, comme je l'ai déjà dit, les jugements portés sur Régnier par les principaux écrivains des trois derniers siècles ; je ne parlerai ni de l'article de Moréri, qui reproduit celui de Titon du Tillet, ni de celui de Niceron, qui donne dans ses Mémoires le jugement de Boileau et le portrait tracé par M^^* de Scudéri ; ni de celui de domLiron dans sa Bibliothèque chartraine, qui en diffère peu; ni enfin des articles insérés dans les Biographies et qui se copient mutuellement.
XXX ÉTUDE HISTORIQUE ET LITTÉRÂlftE.