‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 48 sur 252 · On avait mis dans l'édition de · texte numérisé non relu

On avait mis dans l'édition de

Changer chose en Virgile , ou reprendre Platon ;

et dans celle de 1655:

Changer rien dans Virgile, ou reprendre en Platon.

leçon qui a été suivie dans l'édition de 1667. Lenglet-Dufresnoy, qui comprenait bien que chose signifiait un tel , a proposé de lire :

Changer l'un en Virgile on bien l'autre en Platon.

4. Village près de Paris, et où tous les éditeurs de Régnier ont dit que le comte de Cramai 1 avait une maison de campagne ouverte aux gens de lettres. Cette maison appartenait à Desportes, et il y recevait effectivement tous les poètes de son temps. On lit dans la Reddition de Sedan, ode adressée en 1606 par Charles Garnier à l'abbé de Tyron, feuillet 233, de V Amour victorieux (in- 13, Robinet, 1609):

Desporles, quand chommerons-nous (Espris d'un ravissement doux) Quand chommerons-nous la victoire D'Henr]^ le plus grand des roys?

Quand verrons-nous la coupe

Du Parnasse françois, et boire de son eau ;

Que froidement receu, on Teseoute à grand 'peine* ;

Que la muse, en groignant, lui deffendsa fontaine;

Et, se bouchant Toreille au récit de ses vers,

Tourne les yeux à gauche, et les lit de travers;

Et pour fruit de sa peine aux grands vents dispersée.

Tous ses papiers servir à la chaise percée ?

Mais comme eux je suis poète, et sans discrétion Je deviens importun avec présomption.

Il faut que la raison retienne le caprice.

Et que mon vers ne soit qu'ainsi qu'un exercice. Qui par le jugement doit estre limité.

Selon que le requiert ou l'âge ou la santé. '

Je ne sçay quel démon m'a fait devenir poète ; Je n'ay, comme ce Grec, des dieux grand interprète*, Dormy sur Hélicon, où ces doctes mignons Naissent en une nuict, comme les champignons : Si ce n'est que ces jours, allant à l'adventure, Resvant comme un oyson allant à la pasture,

En son nom par la troupe Des Muses qui l'honorenl, Sous les tendres bocages Qui ton Vantes décorent Pe terdore et d'ombrages?

La Hoque cite également cette campagne dans une pièce de Yers sur la fontaine de M. de Tyron en sa maison de Vanves, page 363 de l'édition de 1609 de ses œuvres, in-is, Monstreuil.

i . L'hiatus qui se trouve à la césure de ce vers pouvait être facilement évité, en mettant : que receu froidement. Mais du temps de Réenier, la rencontre de deux voyelles dans les vers n'était pas regaraée comme un défaut.

3. On sait qu'on raconte qu'Hésiode s'étant endormi sur le mont flélicon , et ajant bu de l'eau d'Hippocrène , devint poète par une faveur singulière des Muses.

A Vanves j'arrivay, où suivant maint discours On me fit au jardin faire cinq ou six tours ; Et comme un conclaviste entre dans le conclave, Le sommelier me prit, et m'enferme en la cave, Où, beuvant et mangeant, je fis mon coup d'essay, Et où, si je sçay rien, j'appris ce que je sçay.

Voilà ce qui m'a fait et poète et satyrique.

Réglant la mesdisance à la façon antique.

Mais, à ce que je voy, simpathisant d'humeur, J'ay peur que tout à fait je deviendray rimeur. J'entre sur ma louange, et, bouffy d'arrogance. Si je n'en ay l'esprit, j'en auray l'insolence. Mais retournons à nous, et, sages devenus.

Soyons à leurs despens un peu plus retenus.

Or, comte, pour finir, ly donc ceste satyre.

Et voy ceux de ce temps que je pince sans rire. Pendant qu'à ce printemps retournant à la cour, J'iray revoir mon maistre, et luy dire bon jour*.

1. Ainsi Régnier était encore auprès du prélat. (Voyez page is, note 2,)

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