Gineri glorU lera lenit
(Mart., Ut. I, épigr. xxvi.)
t. La couronne de lierre était donnée aui poètes.
Prima feres heder» Tictrids prnmia.
(Horace, Ut. I, ép. m.)
Plus tard , on leur a donné des couronnes de laurier, comme enfants d'Apollon.
Et, nous couchant au jour, leur donner le bon soir.
Car puis que la fortune aveuglément dispose
De tout, peut-estre enfin aurons-nous quelque chose
Qui pourra destourner l'ingrate adversité,
Par un bien incertain à tastbns débité :
Comme ces courtisans qui, s'en faisant accroire.
N'ont point d'autre vertu, sinon de dire : Voire.
Or, laissons doncq' la muse, Apollon et ses vers ; Laissons le luth, la lyre, et ces outils divers Dont Apollon nous flatte; ingrate frénésie.
Puis que pauvre et quaymande* on voit la poésie. Où j'ay par tant de nuicts mon travail occupé. Mais quoy ! je te pardonne; et si tu m'as trompé, La honte en soit au siècle, où vivant d'âge en âge. Mon exemple rendra quelque autre esprit plus sage.
Mais pour moy, mon amy, }e suis fort mal payé D'avoir suivy cet art. Si j'eusse estudié*.
Jeune, laborieux, sur un banc à l'escole, Galien, Hippocrate, ou Jason, ou Barthole, Une cornette au col , debout dans un parquet , A tort et à travers je vendrois mon caquet^ : Ou bien tastant le pouls, le ventre et la poitrine,
I. Édition de 1608, quémande. On écrit caimandey de caimander^ formé du latin mendîcare, par transposition de lettres. S. ViUon airait dit longtemps auparayant :
Helas ! se j^eusse estudié
An temps de ma jeunesse folle,
J'aorois pain cuit et conche molle.