‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 57 sur 252 · Gineri glorU lera lenit · texte numérisé non relu

Gineri glorU lera lenit

(Mart., Ut. I, épigr. xxvi.)

t. La couronne de lierre était donnée aui poètes.

Prima feres heder» Tictrids prnmia.

(Horace, Ut. I, ép. m.)

Plus tard , on leur a donné des couronnes de laurier, comme enfants d'Apollon.

Et, nous couchant au jour, leur donner le bon soir.

Car puis que la fortune aveuglément dispose

De tout, peut-estre enfin aurons-nous quelque chose

Qui pourra destourner l'ingrate adversité,

Par un bien incertain à tastbns débité :

Comme ces courtisans qui, s'en faisant accroire.

N'ont point d'autre vertu, sinon de dire : Voire.

Or, laissons doncq' la muse, Apollon et ses vers ; Laissons le luth, la lyre, et ces outils divers Dont Apollon nous flatte; ingrate frénésie.

Puis que pauvre et quaymande* on voit la poésie. Où j'ay par tant de nuicts mon travail occupé. Mais quoy ! je te pardonne; et si tu m'as trompé, La honte en soit au siècle, où vivant d'âge en âge. Mon exemple rendra quelque autre esprit plus sage.

Mais pour moy, mon amy, }e suis fort mal payé D'avoir suivy cet art. Si j'eusse estudié*.

Jeune, laborieux, sur un banc à l'escole, Galien, Hippocrate, ou Jason, ou Barthole, Une cornette au col , debout dans un parquet , A tort et à travers je vendrois mon caquet^ : Ou bien tastant le pouls, le ventre et la poitrine,

I. Édition de 1608, quémande. On écrit caimandey de caimander^ formé du latin mendîcare, par transposition de lettres. S. ViUon airait dit longtemps auparayant :

Helas ! se j^eusse estudié

An temps de ma jeunesse folle,

J'aorois pain cuit et conche molle.

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