‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 76 sur 252 · ViUage près de Paris, sur la Bièvre · texte numérisé non relu

ViUage près de Paris, sur la Bièvre

Autant que cil qui mit les souris en bataille*, Qui sceut à le grenouille apprendre son caquet, Ou que l'autre qui fist en vers un sopiquet* ? Je ferais', esloigné de toute raillerie, Un poème grand et beau de la poltroiuierie.

En despit de l'honneur, et des femmes qui l'ont D'effect souz la chemise, ou d'apparence au front; Et m'asseure pour moy, qu'en ayant leu l'histoire, Elles ne seroient plus si sottes que d'y croire.

Mais, quand je considère où l'ingrat nous réduit , Comme il nous ensorcelle, et comme il nous séduit. Qu'il assemble en festin au renard la cigoigne. Et que son plus beau jeu ne gist rien qu'en sa troigne, Celuy le peut bien dire, à qui dès le berceau Ce malheureux honneur a tins le bec en l'eau. Qui le traisne à tastons, quelque part qu'il puisse estre *,

1 . Homère, dans la Batrachomyomachie ; ce poème a été mis en vers français par Boivin, garde de la l)ibliothèque du roi. Le Mauro, dans Tendroit cité, tercet 36 :

Oh ciel , g'io fossi qualche gran poeta, Gome quel che cantô il Gatto e la Rana, qael che cantô Titiro e Dameta !

Le Mauro, par une méprise, a mis il gatto (chat), en place de il topo,

a. C'est Virgile, dans son poème intitulé Moretunif ragoût com-* posé de ces huit ingrédients : coriandre, ail, oignon, persil, rue, fromage, huile, et vinaigre. Il faut écrire saupiquet. Joachim Du Bellay a traduit en français le Moretum de Virgile.

3. C'est ainsi qu'il faut lire suivant l'édition de 1608, qui est la première : Je ferais..,,, un poëme^ etc. Il y a dans toutes les autres éditions, je serais; mais c'est évidemment une faute d'impression.

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