‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 77 sur 252 · Le Mauro, tercet · texte numérisé non relu

Le Mauro, tercet

E con l'Honorfa li medesmi passi, Che far co'I suc cagnol un cieco suole , Ghe non lo vede e dietro a lui pur tai si.

Ainsi que fait un chien un aveugle son maistre Qui s'en va doucement après lui pas à pas, Et librement se fie à ce qu'il ne voit pas.

S'il veut que plus long-temps à ses discours je croye*, Qu'il m'offre à tout le moins quelque chose qu'on voye*, Et qu'on savoure, afin qu'il se puisse sçavoir Si le goust desment point ce que l'œil en peut voir*. Autrement quant à moy je luy fay banqueroute. Estant imperceptible, il est comme la goutte, Et le mal qui caché nous oste l'embonpoint, Qui nous tue à veu' d'oeil, et que l'on ne voit point. On a beau se charger de telle marchandise ; A peine en auroitron un catrin* à Venise; Encor' qu'on voye après courir certains cerveaux, Comme après les raisins courent les estourneaux*. Que font tous ces vaillants de leur valeur guerrière ^

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