‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 94 sur 252 · A M. RAPIN · texte numérisé non relu

A M. RAPIN

Rapin, le favory* d'Apollon et des muses,

Pendant qu'en leur mestier jour et nuict tu m'amuses

Et que d'un vers nombreux, non encore chanté *,

i. Nicolas Rapin, né à Fontenay-l&-Gointe 'en i540. Il exerçait dans cette ville les fonctions de vice-sénéchal, quand M. de Harlay» étant allé présider les grands jours à Poitiers, le vit, et, appréciant sa capacité, l'emmena k Paris. Il fut présenté au roi Henri III et nommé prévôt des maréchaux. Il demeura fidèle royaliste sans écouter les propositions des chefs de la ligue, et se retira dans un petit hôtel qu'il s'était fait construire à Fontenay. Il voulut cependant revoir encore une fois ses amis de Paris, et s'y achemina dans l'hiver de i608. Il tomba malade à Poitiers et y mourut le 13 février.

Rapin a laissé un certain nombre de vers latins et français imprimés après sa mort, par son ordre «t par les soins de MM. Gillot et de Saint-Marthe, en f volume in-40, I6i0. Il a composé aussi de Tives épigrammes latines, dégageant ses vers de l'entrave de la rime pour les soumettre seulement aux règles de la prosodie antique. On cite particulièrement ses Plaisirs des gentilshommes champêtres et sa pièce sur la Puce de M '^^ des Roches, qui excita si curieusement la verve des meilleurs poètes du temps.

Cette satire est dirigée contre Malherbe, comme on sait, qui, sou^ pant chez l'abbé Desportes, refusa les psaumes que ce dernier voulait aller quérir, en lui disant : a Laissez, laissez, votre potage vaut mieux que vos psaumes. • Desportes ne pardonna pas ce mot à Malherbe, qu'il ne revit plus, et chargea son neveu de sa vengeance*.

a. Pavorit dans les éditions antérieures à 1642.

Page 1