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PREFACE. XIII

le rebut des provinces et du peuple; les mots et les phrases de ce temps-là sont comme ces habits antiques dont on ne se sert que dans les mascarades et dans les ballets. » (Entretiens d'Ariste et d'Eugène, 1687.)

Les plus récents éditeurs des œuvres de Régnier, MM . Viollet-Le Duc et Poitevin, n'ont rien découvert qui ait ajouté à la gloire littéraire du poëte. Le premier même a oublié dans son volume, d'ailleurs si estimé et si estimable , une des pièces de l'édition de 161 3, Le tout-puissant Jupiter, alors qu'il en colligeait d'apocryphes dans les recueils du XVIIe siècle. M. de Barthélémy, auteur d'une édition publiée en 1862, a osé plus encore, en grossissant cet ouvrage de trente et un morceaux rimes avec plus ou moins de facilité, et qui, dit-il, ne sont pas indignes de Mathurin Régnier. Nous ne partageons pas cette opinion. On prête beaucoup aux grands poètes; je crois qu'en cette circonstance Régnier et son éditeur ont été les victimes d'une fraude. Il faut se garder d'accueillir à la légère les affirmations des compilateurs manuscrits et même imprimés. Pour nous, nous demeurons convaincu que la plupart des pièces publiées par les Elzevier d'après les éditions posthumes sont aussi apocryphes que toutes les poésies (si l'on peut se servir de ce mot) recueillies au XVIIIe siècle et de notre temps dans diverses éditions du Cabinet satyrique et d'autres sottisiers. Nous n'avons donc admis dans notre supplément que ceux des morceaux de ce genre qui se sont imposés à nous par une longue tradition, et nous n'avons pas poussé le sacrifice jusqu'à donner asile à tant d'autres

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