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XIV PREFACE

productions signées de Régnier que des chercheurs plus zélés que judicieux mettent à plaisir sur la liste de ses œuvres.

Ce serait peut-être le moment de parler du reproche banal d'immoralité que l'on adresse à Régnier. Sur ce point, de meilleures réponses que nous n'en pourrions faire existent déjà, et nous empruntons particulièrement celles que M. James de Rothschild, dans sa spirituelle étude sur Régnier, a développées avec tant de justesse et de tact :

« Que nous importe si l'homme fut ivrogne ou libertin, pourvu que le poète soit éloquent, passionné, vrai? Goethe nous accuse, nous Français, de « chercher toujours le côté a ordinaire chez l'homme extraordinaire ». Pourquoi donner raison à nos voisins d'outre-Rhin?

« Régnier est immoral à la manière de Juvénal , fait encore observer le même écrivain , c'est-à-dire qu'il a attaqué le vice avec des armes qui font rougir la vertu. On n'a jamais reproché à Juvénal d'avoir été immoral, parce qu'il n'a bravé l'honnêteté que dans les mots. Il en est de même pour Mathurin Régnier. La tendance de ses pièces est de la plus haute moralité. S'il entre quelquefois avec trop de complaisance dans une description minutieuse du vice, on accordera que, lorsqu'il peint le mal, c'est avec des couleurs si sombres et si affreuses, qu'il ne nous inspire pour lui que de la répugnance et de l'horreur. Régnier n'a pas craint d'appeler souvent les choses par leur nom; mais ce n'est pas dans les mots que l'on fera consister l'immoralité d'un auteur, c'est dans l'esprit de son œuvre ,

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