‹ Œuvres médico-philosophiques et pratiques de G. E. Stahl... traduites et commentées (volume 2)Chapitre 19 sur 69 · C-LXXVII · texte numérisé non relu

C-LXXVII

causes des phénomènes de reproduction , de nutrition , de réparation et de conservation , eut recours à une cause-effet qu’il nomma nisus formativus, sorte de force vitale qu’il ne veut pas que l’on confonde avec le principe vital ( vis vitalis), ni avec l’âme ; car, dit-il , cette étude est entourée des mystères les plus obscurs. Or , c’est cette méthode de se borner à la connaissance des faits physiques , qui a engendré plus tard tant d’erreurs chez les physiologistes , voulant # expliquer la vie par la vie ou par le simple jeu des organes.

Néanmoins, Burdach poussa plus loin ses recherches, en soutenant que les mouvements vitaux, de nutrition, etc., sont accomplis dans un but arrêté et raisonnable ; aussi conclut-il que l’agent ne doit pas demeurer inconnu , attendu qu’il y a du danger à le confondre avec la matière organisée 1 , dont la variété de configuration , de volume , de consistance et de disposition , n’empêche pas les fonctions de s’exécuter dans toute la série des êtres vivants. De là , il arrive , de conséquence en conséquence , à dire que c’est le principe de vie qui préexiste à l’organisation, qui la forme et la dispose, qui la crée , en quelque sorte , et établit chaque partie dans le lieu qui lui est propre pour devenir son instrument dans toutes les fonctions de l’économie. A l’imitation de Stahl , il invoque des forces physiques et chimiques inhérentes aux organes et aux tissus 2 . Mais Burdach finit par errer en rapportant la vie du règne organique à la vie planétaire , qui elle-même subsisterait comme membre d’un tout supérieur. Une harmonie préétablie préside enfin, d’après lui, • à tous ces phénomènes naturels et vitaux 3 . Cette doctrine serait presque une sorte de panthéisme résultant de la monadologie et de l’harmonie préétablie de Leibnitz.

Muller , bien que paraissant incliner vers l’explication des phénomènes vitaux et de la force organisatrice elle-même ,

1 Burdach, P/iiysiç., T. IX, p. 691-692. — 2 Ibid., p. 693. — *lbid., p.701.

Page 1