‹ Œuvres médico-philosophiques et pratiques de G. E. Stahl... traduites et commentées (volume 2)Chapitre 23 sur 69 · CXCII · texte numérisé non relu

CXCII

» professer que l’organisation soit la cause productive de la , pensée, ne la regardent elle-même que comme une abstrac- „ don, une qualité , une force occulte ou imaginaire , avec » laquelle on ne peut même pas rendre raison des fonctions « purement matérielles de nos organes et des mouvementse » vitaux. Lé docte Barthez défenseur du système du principe » vital , et qui prétend que sa doctrine diffère essentielle » ment de toutes les autres , s’élève aussi contre celle que » nous combattons ‘ t » On peut déjà voir par cette première citation que M. de Bonald place Stahl parmi les maîtres de la science et Barthez parmi les systématiques vitalistes de son temps, bien que sa théorie combatte le Matérialisme. Mais continuons nos recherches.

A la page 16 de son livre, l’auteur appelle, avec les Spiritualistes , « le cerveau le premier ministre de l’ame, » mais non X organe de la pensée, car cette faculté est indé- » pendante des Organes. — Le cerveau, dit-il ( page 02); est «l’instrument premier dont l’âme se sert dans l'exercice de » cette faculté et dans l’expression , même intérieure , de la «pensée pour laquelle le ministère du cerveau paraît néces- «saire. — Notre âme, continue M. de Bonald', est eette » lumière ,’ cètte flamme immortelle qui éclaire et illumine » tout l’organisme ; et, une fois persuadés qtie le corps est » l’instrument nécessaire de f âme, qui, comme le dit Stahl, » ne peut rien faite sans son ministère : Anima nihil agere » potest sine corporeorum ofganorum mihisterio 1 2, nous ne «pouvons cependant pas conclure la mortalité de l’âme de «la dissolution des' organes. » A ces paroles, que « l’homme » est une massé organisée pour penser , une machine pen- » santé, de même que l’horloge est une machine à marquer

1 De Bonald.,' ibU.,, p.

2 Tous nos lecteùrs savent que Stahl dit cela pour les actes que l’âme accomplit dans ses rapports avec le monde extérieur ; M. de Bonald le comprend aussi dans ce sens.

CXCIV DU VITALISME ANIMIQUE

»les heures» , M. de Bonald répond : «J’accepte la compa- » raison bien que forcée : cette machine artificielle qu’on » appelle horloge n’est que le moyen, X instrument dont l’m- » telligence de l’ouvrier s’est servie pour marquer les divisions » du temps. Cette intelligence est réellement et constamment » présente à la machine , quoique le corps de (ouvrier en » soit éloigné; elle en anime les ressorts, elle en règle le » mouvement , et peut seule le rétablir s’il est arrêté ou dé- » rangé. — Toute mécanique, quel qu’en soit l’usage, consi- » dérée sous cet aspect , n'est jamais qu'un moyen de l'in- » telligence humaine, un nouvel organe quelle se donne,

» un corps artificiel dont elle s’est revêtue : c’est encore ici » UNE INTELLIGENCE SERVIE PAR DES ORGANES 1 . »

Que faut-il de plus pour démontrer que la pensée de M . de Bonald était en tout conforme à celle de Stahl , et que jamais ce profond spiritualiste n’a jamais eu la moindre sympathie pour la théorie du principe qu’il considère comme une abstraction, une qualité, une force imaginaire ? Pourquoi donc affecter de s’appuyer toujours et partout sur une proposition, sur une pensée, la plus spiritualiste de toutes en fait d’anthropologie, pour vouloir expliquer la doctrine du double dynamisme humain et prouver son orthodoxie?

« L’âme n’est pas l’organisation , mais elle en est le mo- » teur et l’ordonnateur. Le corps humain est une machine » merveilleuse dans sa structure, étonnante dans ses fonctions, » au-dessus de toute imitation même dans le plus grossier de » ses instruments; et cette machine est animée par une intel- » ligence distincte de ses ressorts 2 . » Est-ce clair? L’organisme humain est distinct de l’âme qui l’anime et le meut; cela est si vrai , dit notre spirituel auteur, que c’est l’âme qui, par sa volonté, commande au corps , et que , dans cette incessante activité de l’âme , où la lame finit par user le fourreau,

1 De Bonald , ibid. , p. 46. — 2 Pag. 46-47.

ÉTUDES GÉNÉRALES

l’homme intérieur commande à l’homme extérieur dont la faiblesse n’est que trop évidente : Spiritus quidem promptus est, caroautem infirma 1 . « Le cerveau , continue-t-il , peut » se lasser de recevoir des impressions et de servir l’âme dans » l’opération de la pensée ; mais l’âme ne se lasse jamais de « vouloir. Si les organes refusent de servir l’âme , l’âme n’en «conserve pas moins l’indéfectible énergie de sa volonté,

» même lorsqu’elle ne peut accomplir les actes, parce que la » volonté est l’âme elle-même , et que c’est pour agir et non » pour vouloir quelle a besoin d’organes 2, »

« L’âme, dit-il plus loin, est distincte du corps, et «exerce sur lui un empire absolu 3. » Mais voici une déclaration bien plus directe encore en faveur du Vitalisme monodynamique : « Ainsi , dans notre hypothèse de 1 ’m- » telligence servie par des organes , l’âme détruit le corps « ou le laisse se détruire , et elle exerce ainsi sur le corps «l’empire naturel du fort sur le faible , de la cause sur «l 'effet. » On le voit , pour M. de Bonald , lame n’est pas seulement une intelligence se servant d’organes, c’est une cause qui se sert de son effet. « 0 y a , dit-il enfin , deux êtres dans l’homme : l’un est fort et l’autre faible , l’un actif «et moteur, l’autr e passif et recevant le mouvement du «premier qui lui est supérieur 4... — C’est, l’âme seule qui » connaît , qui imagine , qui sent 5, etc. »

M. de Bonald reconnaît dans ce monde une seule cause première, qui est Dieu , et une cause seconde , qui est I’Homme; et, comme tout l’univers a été créé pour lui, tous les autres agents matériels , regardés parfois aussi , mais à tort , comme des causes secondes , ne sont autre chose que les moyens, les instruments de cette cause. C’est ainsi que son âme intelligente , qui constitue tout l’homme, a pour instrument direct les organes corporels 6.

1 De Bonald, ibid., p. 51. — 2 Pag. 53.— 3 Pag. 59-60. — * Pag. 70. - 5 Pag. 104. -6 pag. 238, 239.

DU VITALISME ANIMIQUE

M. de Bonald ne croit pas à la génération spontanée, et avec raison , car il n’y a pas d effet sans cause ; surtout , lorsque pour arriver à cette conséquence il faut nier l’harmonie de la Création et la parole divine qui a assigné à chaque espèce vivante des moyens propres de reproduction. Penser autrement , c’est tomber dans les erreurs des Diderot , Lamétrie et autres matérialistes , partisans de la gravitation vitale , qui ont soutenu que la matière organisée pouvait se suffire à elle-même et que l’homme n’est qu’un animal plus parfait.

L’auteur termine enfin par conclure qu’il ne peut y avoir deux forces dans le même individu 1 , et que tout mouvement spontané a sa cause ; chez l’homme , elle est intelligente2. Se rangeant enfin du côté du Vitalisme animique, il dit que puisqu’il n’y a pas d’effet sans cause , de mouvement sans moteur et de cause sans intelligence , le corps ne peut se mouvoir de lui-même , et que c’est l’âme qui est l’agent de toutes les actions ou fonctions corporelles.

En voilà bien assez pour prouver ce que nous avons avancé et soutenu. Que si nous avons insisté sur ce fait en dehors des mesures que comporte notre sujet, c’a été seulement pour prouver la vanité des prétentions de ceux qui , s’appuyant sans cesse sur la définition que feu M. de Bonald père a donnée de l’homme , en font le point d’appui de la doctrine du double dynamisme. L’illustre philosophe est explicite ; il ne veut dans le corps humain que Y intelligence

(âme humaine) et la matière . Il n’admet nulle part la

coexistence d’une troisième substance , d’un troisième être, imaginaire et purement abstrait, ainsi qu’il le dit lui-même.

Qu’il nous soit cependant permis , en finissant de parler du père , de dire un mot sur le sentiment de son noble fils , M. le vicomte de Bonald , ancien recteur de Montpellier

1 De Bonald, ibid., p. 289. — 2 Pag. 29 i.

ÉTUDES GÉNÉRALES

et philosophe chrétien, qui , lui aussi , a voulu participer à la lutte commencée par M. Y. de Bonald contre les utopies matérialistes de ce siècle.

Or, à cette première question qu’il s’adresse à lui-même :

« L’intelligence , la sensibilité et le mouvement peuvent-ils » naître de la matière ‘ ? »

L’auteur répond négativement , attendu , dit - il avec Cicéron , que « les éléments n’ont rien qui produise la mé- » moire, l’intelligence, la réflexion , et qui puisse rappeler » le passé , prévoir l’avenir, embrasser le présent. — C’est » V esprit substance immatérielle qui pense , qui sent et com- » munique le mouvement 2 . — Cette puissance est simple , » indivisible , active , indestructible et naturellement immor- » telle 3. » Telle est la pensée bien arrêtée de M.de Bonald fils. Puis il dit en passant : « Il est à propos de dire un mot » d’une opinion ancienne , long-temps abandonnée , mais re- » nouvelée de nos jours, d’après laquelle on reconnaîtrait dans » l’homme , outre le principe intelligent , un autre principe » qui en serait tout-à-fait distinct , qui donnerait la vie au » corps et présiderait à toutes les opérations matérielles qui » échappent à l’empire de la volonté : c’est ce qu’on appelle » le principe vital. » Puis l’auteur cite un passage où Lactance se demande si 1 ’ anima et 1 ’animus constituent une seule et même chose, et finit cette réflexion en disant : « Il faut remar- » quer toutefois que si on reconnaît l’existence de ce principe » vital , il faut admettre son immatérialité ; autrement, ce «serait une erreur extrêmement grossière, attendu que » toute cause est nécessairement immatérielle 4 . » L’ancien recteur de l’Académie de Montpellier devait cette mention à l’École Hippocratique du midi de la France, au sein de laquelle il a si long-temps vécu ; mais il ne fait pas l’honneur à ce système de se ranger de son côté; et pourtant M. de

Voy . V. de Bonald , Les vrais principes opposés aux erreurs du XIXe siècle , p. 40. 2 Pag. 49 3 pag 50< 4 pag 60

CXCVIII DU VITALISME ANIMIQUE

Bonald Veut fait bien sincèrement , s’il eût cru que là fût la vérité. Pour ce qui est de Lactance, nous avons vu qu’il n’a pas toujours été dans le doute , et qu’il s est fort bien prononcé pour \’ animisme pur et le monodynamisme; car, pour l’historien philosophe , il était positif que si 1 ’ anima avait été une force substantielle distincte de X animas, c’aurait été non-seulement une puissance immatérielle , mais encore spirituelle, ce qui était pour lui un fait inadmissible.

L’auteur des Vrais principes dit ensuite avec Thomas » :

« L’homme vit par son âme, et l’âme est la pensée;»

et, s’arrêtant un instant sur l’union merveilleuse de l’âme., substance spirituelle , avec la matière , substance étendue , il dit que l’organisme est fait pour obéir à l’âme , qui seule possède les facultés intellectuelle et sensitive ; car c’est elle qui voit, qui entend, qui éprouve des sensations, conserve l’impression des objets sur les sens, se les rappelle ou les imagine, etc. 2 . L’âme est conséquemment une intelli¬

gence servie par dés organes (quelle anime elle-même)., soit dans les fonctions matérielles , soit dans les opérations de la pensée 3 .

M. Jouffroy, philosophe de l’École éclectique , avec MM. Cousin et Damiron, a pris part à la question anthropologique vers la fin de ses jours. On lit, en effet, dans ses Nouveaux fragments philosophiques, p. 230 : «Des «deux éléments que nous distinguons dans l’homme, l’un M est l 'effet de l’autre. Le corps que nous voyons est l’effet; » la fprce vitale que nous ne voyons pas est la cause. Cet » effet n’est produit et ne subsiste que par la lutte de la vie, » dont il émane contre les forces de la nature auxquelles » toute matière est habituellement soumise. » Mais les idées emises par cet eminent penseur sont trop vagues en anthro-

1 de Bonald, ibid , p. 78.-2 pag. 88. — 3 pag. 93.

ÉTUDES GÉNÉRALES. CXCIX

pologie médicale, pour que nous cherchions à en faire un sujet d’étude particulier en ce moment 1 .

Dans ce meme temps , et vers le commencement de ce siècle, llorissait à Padoue le fameux Tomassini, le défenseur de la doctrine Rasorienne , dans laquelle il introduisit de grandes modifications. Tomassini était vitaliste du monodynamisme, et sa doctrine , comme en France, forme encore aujourd’hui la base de l’instruction médicale à Padoue , Bologne, Ferrare et Florence. MM. les professeurs Puccinotti , Franceschi et Angélini , commentateurs de la doctrine Tomassinienne , sont tous animistes et marchent franchement dans la voie du monodynamisme. Quant à Buffalini, sa doctrine tient de l’humorisme et de l’animisme qu’il a cherché vainement à concilier, ainsi que des hommes remarquables l’avaient déjà tenté en France au commencement de ce siècle.

Il y a environ quarante ans , un médecin aussi distingué par ses qualités morales que par sa science , leva franchement le drapeau du Spiritualisme.au milieu des bruits et des triomphes de la doctrine organicienne, dont l’écho avait déjà envahi la France entière. M. Cayol continuait à Paris même la publication d’un journal destiné à défendre les principes du Vitalisme animique. Ce journal , quia pour titre la Revue médicale, est aujourd’hui rédigé par M. le docteur Sales- Girons, dont les idées à cet égard ne sauraient être suspectées par nous , attendu que son drapeau , qui est le même que le nôtre , est celui d’Hippocrate et de Stahl.

M. le professeur Cayol, qui a partagé pendant longtemps les opinions de la doctrine du physiologisme Broussaisien, ne se sépara de l’École organicienne que vers 1822 ; et ce fut à cette époque que, prenant la direction de la Revue médicale fondée par Bérard , Dupau , Bestieu , Miquel, Bousquet, Flourens , etc. (tous élèves de l’École

1 Voy. Disc, prélimin,, T. I, art. Joujfroy.

CC Dü VITALISME ANIMIQUE.

de Montpellier), il embrassa d’abord les idées doctrinales professées dans ce journal , quil ne modifia que plus tard M. Cayol fut souvent et trop souvent même injuste envers l’École de Montpellier, en méconnaissant les services immenses qu’avaient toujours rendus et que rendent encore à la science les hommes illustres qui, depuis huit siècles, luttent sans cesse contre les fausses doctrines matérialistes de toute nuance. C’est ainsi que M. Cayol a prétendu avoir donné à la France la véritable Doctrine Hippocratique , et cependant les faits prouvent : 1° qu’il n’a pas toujours été Vitaliste ; 2° qu’il n’a jamais professé sincèrement la doctrine du double dynamisme ; 3° que sa doctrine vitaliste était parfois si obscure , surtout lorsqu’il disait que la force vitale est une faculté propre à tout corps organisé , une loi de la vie 1 2 , qu’on pourrait convaincre l’auteur de matérialisme ; car, s’il était vrai que la force vitale fût innée aux corps organisés , dès -lors ce ne serait plus une puissance ayant la faculté d’agir et de diriger, mais une simple condition de la matière organique; 4° enfin, que ce n’a été que beaucoup plus tard que M. Cayol est rentré franchement dans le sein de la doctrine du Vitalisme spiritualiste.

Peu à peu, disons-nous, M. le professeur Cayol revint à l’Animisme , mais ce n’est qu’en passant par le mysticisme qu’il y arriva : il fut un temps, en effet, où, soutenant toujours sa première thèse touchant la force vitale , effet ou loi des corps organisés , il fit intervenir Dieu comme la cause directe des lois organiques et comme l’agent immédiat sur les corps vivants. C’est pourquoi nous dirons que , dans son heureuse tendance vers l’Animisme médical, M. Cayol fut entraîné vers cette doctrine sous l’heureuse influence de son élève, collaborateur et ami , M. Sales-Girons’, rédacteur actuel de la Revue médicale.

1 Voy. Alquié, Protest, en fav. de l’École de Monlp. , 1845, etc.

2 Revue méd. , p. 400, 1854.

ÉTUDES GÉNÉRALES

C’est donc ainsi que M. Cayol finit par admettre la doctrine du Monodynamisme, telle que Stahl la professait. Ajoutons même que depuis ce moment il se montra le digne défenseur de l’Animisme , et qu’il ne cessa un seul moment de combattre pour la cause que nous défendons aujourd’hui nous -même; avec cette différence cependant, que, pour nous mettre à l’abri du reproche adressé à notre honorable confrère de tout sacrifier à l’autorité de la foi , nous voulons étayer nos preuves et nos recherches en faveur du Monodynamisme , tant sur l’histoire et la science que sur la foi et la raison. En matière philosophique, anthropologique et médicale , la foi est inséparable de l’expérience et de la raison , attendu que celles-ci , sagement dirigées par l’observation des faits , sont appelées à sanctionner les décisions de la science : les séparer, ce serait vouloir condamner l’esprit humain à renoncer à cette perfectibilité progressive pour laquelle Dieu l’a créé. Nous n’en dirons pas davantage sur ce savant médecin , car nous ne saurions approuver les exagérations dans lesquelles il est tombé ; et , tout en reconnaissant l’importance de ses travaux , nous applaudirons plus spécialement à la ligne que suit franchement aujourd’hui notre estimable confrère M. Saies-Girons.

Dumas , dont nous ne dirons qu’un mot en passant , beaucoup plus porté à l’exagération et plus hardi que son maître , d’après le témoignage de ceux qui l’ont connu ; Dumas , dit Pétiot , suivit quelquefois la manière de philosopher de Barthez ; mais , le plus souvent , entraîné par le sensualisme moderne , il s’efforça de débarrasser le langage philosophique de quelques abstractions que les esprits, même les plus élevés, ont une certaine tendance à réaliser; et, moins sceptique sur la cause de la vie que son illustre maître, il parut avoir quelques penchants à soumettre la physiologie à un vrai matérialisme. M. le professeur Lordat a eu, plus tard, le mérite de ramener les esprits à la vraie considération de X unité vitale.

CCH Dü VITALISME ANIMIQUE.

Fr. Bérard , homme transcendant , dont le mérite a éprouvé tant d’opposants , même au sein de la famille médicale qu’il devait illustrer bientôt; Bérard, frappé de la divergence qui existait entre les idées doctrinales de Stahl , Sauvages, Lecaze, Bordeu, Decèze , Robert , Fouquet, Grimaud, Barthez , Dumas et M. Lordat, s’efforça de découvrir le secret de cette division dogmatique , qui , par le fait , n’était qu’apparente ; car , presque tous d’accord , quant au fond , dans le but de détruire le matérialisme médical , ces maîtres de la science ne diffèrent que dans les détails. Aussi, bien qu’il fût Stahlien par conviction et Barthézien de cœur, il ne partagea point d’une manière exclusive les idées ni de l’un ni de l’autre. Il croyait, avec Barthez, qu’un jour viendrait sans doute où « le principe vital et l’âme pensante seront essentiellement confondus dans un troisième principe plus général» ; mais, vivant à une époque où l’expérimentation des faits n’avait pas atteint assez de perfection pour fixer les esprits, et ayant à lutter contre l’École organicienne qui ne voulait rien voir que dans la matière , se méprenant sans cesse sur la cause vitale et les phénomènes organiques, Bérard fut encore plus timide que Barthez et que M. Lordat surtout : c’est pourquoi il crut devoir modifier le langage physiologique en en faisant disparaître l’expression de principe vital, comme personnifiant, individualisant une force qui n’est point une substance réelle, ni vm être , ainsi que l’avait donné à penser Barthez , et comme l’ont enseigné depuis lors MM. Lordat, Kühnholtz , Jaumes, et avec eux, d’autres maîtres et élèves de l’École de Montpellier. Voici comment s’exprime Frédéric Bérard à ce sujet :

« Le mot de principe vital répand dans le langage phy- » siologique une très- grande obscurité; il détourne l’attention » de l’observation des phénomènes et de leur comparaison » analytique . Si l’on donnait une nouvelle édition des Élé- » ments de la science de (homme, en retranchant complè-

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