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seule différence que l’une est consciente et l’autre ne l’est pas. Cette conception hardie effraie tout d’abord; mais, une fois accoutumé à la tournure de cet esprit éminent , nous nous sentons plus à l’aise et nous admirons ses élans , tout en reconnaissant que M. Carus est un des plus honorables défenseurs de la Doctrine Stahlienne.
Comme on le voit, cette théorie de la vie et de l’intelligence, double faculté inhérente à l’âme pensante , est le contre-pied des travaux de M. Flourens. Les travaux du physiologiste allemand s’appuient , en effet , sur l’étude analytique des facultés de la puissance psychique qui absorbe l’organisation ; tandis que les études du physiologiste français, se bornant en apparence à l’organisation , semblent tendre à faire absorber l’esprit dans la matière et à confondre la cause avec l’effet.... Il y a évidemment exagération de toute part dans le langage ; mais il est bien manifeste que les recherches de ces deux hommes éminents doivent aboutir au triomphe du Vitalisme animique , qui ne redoute ni l’analyse de la pensée ni l’expérimentation raisonnée des phénomènes organicovitaux, bien que pourtant les vivisections ne puissent jamais donner le véritable dernier mot à ce sujet.
Outre les physiologistes dont nous venons de parler, nous allons encore mentionner certains auteurs ayant acquis une renommée justement méritée , et se rapprochant plus ou moins du vrai Vitalisme monodynamique.
Tels sont, par exemple, ceux qui, à l’instar de M. le docteur Murat, ont enseigné que c’est réellement l’âme qui fait tout dans et sur le corps , mais simplement d’une manière médiate en ce qui regarde les actions vitales. Or, le moteur ou agent matériel qui serait intermédiaire entre lâme et le corps, c’est le fluide électro-nerveux; théorie en tout semblable à celle des esprits vitaux, animaux et naturels des anciens. De cette théorie erronée peuvent résulter trois conséquences également fâcheuses : ou l’on
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accordera plus de puissance à l’Ame , et l’électricité rentrera au niveau des autres instruments et sera regardée comme le produit direct de l’Ame ; ou bien, contrairement à ceci , on rejettera tout sur le compte de ce fluide , et l’Ame deviendra inutile, en substantialisant ce prétendu agent intermédiaire; ou bien enfin , on accordera que ce fluide est un véritable agent capable de recevoir les idées de l’Ame, et, dès-lors, on en fait un principe de vie analogue à celui de Barthez et même supérieur, attendu qu’il se prête , on ne peut mieux , aux moindres états affectifs de l’âme. Cette théorie soulève une masse d’objections et de réflexions , qui sont amplement traitées et réfutées dans le Discours préliminaire de notre Tome Ier ; nous croyons donc , pour cette raison , arrêter ici toute considération qui serait superflue ‘ .
Exprimons, en terminant, notre regret de ne pouvoir nous appesantir davantage sur un sujet aussi intéressant , et de passer sous silence des noms recommandables à tous égards , et des travaux infiniment précieux ; mais , comme nous avons presque dépassé les limites que nous nous étions imposées , nous ne rappellerons ici les noms de MM. Buisson, Legallois, Bouillaud, Velpeau, Brachet, Pidoux, P. Chauvin, Ribes, Kühnholtz, Franck, Gratry, Branchereau et Jourdain , que pour ne pas être incomplet.... Plusieurs d’entre eux , en effet, se rapprochent de plus en plus de l’animisme, et ont travaillé , chacun dans sa sphère spéciale , aux progrès de la physiologie humaine , à laquelle quelques-uns ont apporté de bien riches matériaux. Nous donnerons à leur égard d’intéressants détails dans un autre traité plus spécial.
Ici s’arrêtent donc nos considérations historiques , physiologiques et philosophiques sur la doctrine du Vitalisme
1 En outre de notre Discours préliminaire , l’électricité ( fluide nerveux ou électro-magnétique ) est te sujet d’études particulières dans divers Commentaires de notre Tome VIII.
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animique, nous réservant de combler les lacunes dans des travaux postérieurs. Ce genre d’étude, presque inconnu et beaucoup trop oublié de nos jours, suffira sans doute pour jeter une vive lumière sur des documents historiques devenus aujourd’hui indispensables à quiconque veut scruter les secrets de la science de l’homme. Nous avons accompli un devoir pénible , mais consciencieux i notre but unique a été d’éclairer une route dans laquelle il était facile de s’égarer, ainsi que l’ont fait de grandes et belles intelligences dont nous ne cesserons de déplorer les écarts !...
XII. Conclusions. — Quelles sont maintenant les conséquences légitimes qu’on est en droit de déduire de l’étude détaillée que nous venons de faire au point de vue de la doctrine du Vitalisme spiritualiste ? Quels sont surtout les avantages que la physiologie médicale peut en retirer ?. Telle est la double question qu’il convient de résoudre en terminant nos études générales sur le Vitalisme animique.
S’il est vrai que le consentement général et presque unanime des peuples et des hommes soit une puissante autorité en matière morale et scientifique, il est évident que les renseignements que nous venons de puiser dans l’histoire des siècles doivent nous fournir des documents précieux pouvant servir de base inébranlable à l’inauguration du dogme spiritualiste. Eh! que serait donc l’histoire, si elle n’avait le privilège de proclamer la vérité toujours et en tout temps? Que serait-elle, sinon le tombeau de l’esprit humain?....
L’homme , né pour la vérité et le bonheur qu’il chercherait vainement ici-bas , possède en lui tous les éléments du monde inorganique , toutes les propriétés des substances végétales , toutes les facultés du règne animal , et devient , par l’excellence de son intellect, l’anneau mystérieux qui rattache l’univers à son Créateur. Ange par sa partie supérieure , il sent en son être une force surnaturelle qui l’élève
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sans cesse vers les régions célestes.... Animal par sa partie inférieure , il est attaché à la terre dans ses affections , ses souffrances et sa vie corporelle... Homme par sa nature toute spéciale , il est l’expression admirable , le symbole vivant de la toute-puissance divine qui en a fait l’objet de toutes ses
complaisances, en lui donnant pour attributs indélébiles de
sa royauté l’intelligence, la volonté et la raison!...
C’est ainsi que l’histoire vient de présenter à nos yeux le tableau le plus étonnant et le plus varié dans l’appréciation critique des travaux de l’esprit humain, toujours grand jusque dans ses aberrations; grand par son génie, grand par la hardiesse de ses conceptions , grand môme dans la témérité de ses élans et dans les écarts de sa raison voulant tout
connaître , tout comprendre , tout apprécier . Et n’est-ce
pas là le type exclusif de son humanité , qui le distingue de tous les êtres de la Création ? Les uns , en effet , invariablement soumis aux lois éternelles de la pesanteur, de la gravitation , de l’attraction , de la répulsion , de la cohésion et de la dissolution mécaniques, n’ont en réalité qu’une existence moléculaire et matérielle ; les autres , nécessairement fixés au sol , leur mère commune , ne possèdent que les premiers éléments de la vie organique absolument soumise et liée à des fonctions nutritives et assimilatrices , bien qu’on puisse déjà découvrir chez eux une sorte de respiration , de circulation , de sécrétion et d’excrétion ; les autres enfin , depuis le ciron jusqu’à l’éléphant, depuis le polype jusqu’au singe, immense trait d’union entre le végétal et l’homme, doués d’un principe animateur autonome et inconscient, mais présidant d’une manière active à tous les actes organiques et animaux de la machine , à la conservation de laquelle il est chargé de veiller, les autres, dis-je, ne connaissant d autre raison de vie et de perfectibilité qu’une immuable instinctivité , un appétit bestial , une passion brutale , n’ont pour tout moyen d’exécution qu’une longue série d’actes
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