‹ Œuvres médico-philosophiques et pratiques de G. E. Stahl... traduites et commentées (volume 2)Chapitre 41 sur 69 · DE L’ACTIVITÉ VITALE · texte numérisé non relu

DE L’ACTIVITÉ VITALE

§ Ier. Bien que, à l’occasion des tempéraments, nous ayons déjà parlé de cette particulière variété de proportion plus ou moins constante de l 'activité vitale, et que nous ayons exactement fait observer en cette circonstance jusqu’à quel point elle est modifiée suivant l’état particulier, à posteriori, des organes et des matières , il ne sera pas hors de propos d’ajouter ici quelques mots à ce sujet , et de corroborer ce qui vient d’être dit par quelques considérations touchant le caractère naturel et la constitution propre, à priori, de cette énergie ou activité vitale.

§ II. Il convient de savoir, avant tout, que les actions qui s’accomplissent dans le corps humain , ainsi que celles qui s’exécutent dans chacune des espèces animales , ont une certaine analogie , un rapport intime avec la mesure particulière du temps ; de telle sorte que la plupart de ces actions prennent et suivent certaines proportions plus restreintes de temps , ou affectent une période universelle et générale, au terme de laquelle elles sont comprises et limitées. Cette période générale des actions vitales n’est autre chose que la durée spéciale de la vie entière, dont jouissent plus ou moins long -temps tous les animaux en général et l’homme en particulier.

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§ III. Comme nous n’avons pas à nous occuper ici des autres animaux, nous dirons simplement, en parlant de l’homme , qu’on ne saurait jamais assigner ou déterminer une limite précise à laquelle il puisse et doive parvenir. Ce qu’il y a de bien démontré cependant , c’est qu’il n’y a qu’un très-petit nombre d’individus qui atteignent l’âge de 100 ans et qu’un plus petit nombre parvient à le dépasser, tandis que la majeure partie n’arrive certainement pas à ce terme. Ce qui fait qu’on ne peut rien dire de précis touchant le sens qu’on doit donner à cette expression si souvent répétée dans les Saintes-Écritures , et dont l’interprétation n’est certes pas sans difficultés : « Centurn viginti » ami dies ejus — • La vie de l’homme ne pourra désormais » aller au-delà de 120 ans » ; expression que Luther regarde fort judicieusement comme le délai que Dieu, dans sa miséricorde, avait accordé aux hommes avant le déluge universel pour leur donner le temps de se repentir.

Il est néanmoins assez évident que , sur plusieurs milliers d'hommes, il y en a « peine un seul qui arrive à l’âge de 400 ans.

§ IV. La durée exacte et déterminée de cette période universelle de la vie est d’autant plus incertaine , qu’il est plus positif au contraire qu’une autre mesure de temps un peu moins générale s’est réellement délimitée par la circonscription même de la durée certaine de l’énergie vitale , dans ses diverses évolutions ou périodes d’accroissement , de permanence ou de décroissement. C’est ainsi, en effet, que la cinquantième année de la vie humaine , complément du septième septénaire, est l’âge auquel l’énergie vitale cesse manifestement sa période d’accroissement : c’est là un fait qui acquiert toute son évidence dans l’exemple du sexe féminin, qui, à cette époque de la vie, perd habituellement toutes ses facultés génératrices. Il en est , du

reste , à peu près de même chez l’homme ; car c’est aussi à cet âge qu’il sent , d’une manière moins sensible peutêtre, son énergie vitale diminuer, surtout au point de vue des mêmes fonctions de la génération.

§ V. C’est encore à l’âge de 50 ans que s’arrête le développement de tout le corps de l’un et de l’autre sexe , et que s’affaiblissent d’une manière sensible les forces du corps et son aptitude tant aux travaux , aux fatigues et aux épreuves physiques , qu’à sa participation aux fonctions intellectuelles ; car, bien que par un long exercice et une constante habitude les vieillards aient acquis plus de jugement et de réflexion que les hommes moins avancés en âge , ils ne sauraient cependant les surpasser dans la mesure de l’énergie et de l’activité de l’esprit.

§ VI. Ces sortes de variations de l’énergie vitale sont tout-à-fait évidentes , selon qu’on la considère au point de vue de telle ou telle division particulière du temps : c’est ce qu’on est convenu d’appeler les divers degrés des âges ; tels sont: Y enfance, la jeunesse, h puberté, Y adolescence , Y âge viril, la vieillesse et la décrépitude.

Le premier âge de la vie ou enfance comprend depuis la naissance jusqu’à la 7e année ; la jeunesse , depuis 7 ans jusqu’à 12 ou 15. L’adolescence s’étend depuis la 1 2e ou 14e jusqu’à la 25e année à peu près. L’âge viril est habituellement compris entre 25 et 50 ans; mais il existe à ce sujet plusieurs interprétations. Pendant le septième septénaire , en effet, c’est-à-dire dès la 42e année , il existe chez l’homme une décroissance si sensible , que la raison sur laquelle on s’appuie pour appeler cette époque de la vie Y âge consistant présente une inconstance remarquable. C’est à tort qu’on a prétendu vouloir faire commencer la vieillesse à 50 ans pour la faire finir à 60 , à moins

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cependant que l’on n’admette sérieusement qu’à 80 ans l’homme se fait vieux et qu’il l’est réellement à 60.

§ VII. Nous venons de prononcer le mot de septième septénaire : c’est là que finit la 49e année et que commence immédiatement la 80e. Cette manière de compter par septénaires embrasse les moindres et les plus petites époques de la vie humaine.

C’est ainsi , en effet , que la structure du corps est achevée au 7e mois de la vie intra-utérine et que le fœtus est prêt à recevoir le jour, c’est-à-dire qu’à cette époque de la vie fœtale la structure du corps est complète et le fœtus viable ; mais elle n’a pas encore néanmoins toute la consistance et la fermeté voulues.

C’est à 7 ans que les premières dents commencent à tomber, et c’est dans l’espace de ce second septénaire , de 7 à 1 5 , que toutes les dents tombent et renaissent successivement.

C’est vers la fin du second septénaire que la puberté s’annonce ordinairement, et que chez les jeunes personnes du sexe se manifeste l’éruption des menstrues par les organes génitaux.

C’est , enfin , à cette même époque que chez les jeunes gens la voix mue ; c’est-à-dire , éprouve des changements remarquables , et devient souvent grave et forte , de faible et aiguë qu’elle était.

§ VIII. Durant le cours du troisième septénaire, il ne s’opère dans le corps aucun changement notable ; mais vers la 24e ou 25e année, c’est-à-dire vers le milieu du troisième au quatrième septénaire , ou bien encore au milieu des sept septénaires , il y a une remarquable cessa tion de développement organique : ce qui veut dire que , quoique le corps ait , jusqu’à cette époque , crû principa-

lement en longueur, et qu’il ait acquis une certaine complexion et une constitution florissante, il cesse, dès ce moment, de prendre un nouvel accroissement. Cependant le corps acquiert encore un certain développement , dans ce sens que ses tissus deviennent plus consistants, plus fermes, plus solides , qu’ils prennent surtout plus d’énergie, plus de force , et que le système osseux devient plus compacte : or, tous ces phénomènes se passent principalement du milieu à la fin du septième septénaire , c’està-dire au terme de la quarante-neuvième année. Faisons observer cependant qu’il faut comprendre ici toute la période entière du septième septénaire comme époque de cet accroissement intrinsèque , et non simplement la dernière année de ce septénaire; puisque, ainsi que nous l’avons déjà dit plus haut , c’est à cette époque que commence la période de décroissement successif de Yénergie vitale, qui va désormais en s’affaiblissant.

§ IX. La preuve la plus précise, mais peut-être la plus remarquable et la plus solennelle , de la durée de Yénergie vitale chez l’homme, se trouve dans les crises fébriles, c’est-à-dire dans l’expulsion vitale, à une époque déterminée, des matières morbides nuisibles au corps.

Ces sortes de phénomènes se passent ordinairement à un moment donné et précis , que l’on fixe en général , soit au quatrième jour , soit de préférence et plus exactement au milieu du troisième jour, soit enfin et principalement vers le milieu du septième jour .

§ X. Il peut paraître oiseux et inutile à certaines personnes de chercher à découvrir quelles sont les causes les plus prochaines de ces phénomènes vitaux ; et cependant il nous semble que, s’il était possible d’en découvrir la raison , ceci pourrait jeter un nouveau jour sur le pronostic

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des maladies aiguës. Personne, néanmoins, n’a encore entrepris de rien déterminer à cet égard , les astrologues exceptés, dont les traditions, bien que n’étant pas fondées au premier aspect sur des faits démonstratifs et probants , ne sauraient être rejetées d’une manière absolue , car elles ont du moins un certain caractère de vraisemblance admissible. Nous laissons donc les choses là où elles sont; jugeant néanmoins cette question digne de la sollicitude, des recherches et de la plus scrupuleuse attention de la postérité , nous faisons des vœux ardents et sincères pour que ces études , sagement dirigées par un esprit juste et profond dans ses appréciations, parviennent un jour à dissiper toute espèce d’incertitude et de perplexité touchant la constante et éclatante vérité des faits.

Nous espérons que personne ne se laissera gagner par les raisons contraires qu’on pourrait alléguer ici à priori ; attendu qu’il est même assez certain que jamais on ne connaîtra clairement les raisons d’être , à priori, des choses qui se passent devant nos yeux et que nous foulons , pour ainsi dire , à nos pieds.

§ XI. De toutes ces considérations il résulte un fait bien remarquable , savoir : qu’on ne saurait vraisemblablement prouver pourquoi l’homme est naturellement mortel, ni même démontrer pourquoi il éprouve les vicissitudes d’une si courte période. De même, en effet, qu’il est très-inconvenant et peu raisonnable d’alléguer continuellement cette vulgaire tradition que , si l’homme meurt et est malade , cela n’est dû , à posteriori , qu’à la constitution vicieuse de la matière et des organes matériels de son corps (attendu que, même d’après cette hypothèse, on comprend que les vices ou altérations organiques peuvent être entièrement restaurés, et les parties successivement rétablies dans leur intégrité parfaite); de même aussi ce

qu’il y a de vrai et de certain en ceci , c’est que ces vices en question paraissent plutôt provenir, à priori, des limites imposées à la puissance de Y énergie vitale ; bien qu’il soit impossible de prétexter ici aucune raison vraisemblable qui démontre pourquoi cet acte vital conservateur, qui se maintient et subsiste pendant 50, 70 et même 100 ans, ne peut point manifester perpétuellement sa puissance.

La matière , en effet , ne saurait posséder jamais aucune prérogative ; car il est bien positif que , dès les premiers jours comme dès les premières années de son existence , elle possède une aptitude tout aussi naturelle à une prompte et facile corruption qu’à l’âge de 100 et même de 1000 ans.

§ XII. C’est donc à, ces circonstances et à ces phénomènes particuliers qui se rattachent aux mutations dues aux âges , que peut se rapporter cette visible altération de la texture solide du corps ; de sorte que , en s’appuyant sur cette simple raison , l’on peut ordinairement , au seul aspect , juger de l’âge d’une personne , et apprécier que tel est plus jeune ou plus vieux que tel autre.

Or, le degré de l’âge n’est pas toujours en rapport avec la stature et la force du corps, attendu qu’on rencontre à chaque instant des jeunes gens et surtout des adolescents aussi grands et aussi robustes que des hommes mûrs; tandis que ces derniers et les vieillards surtout sont de petite taille et d’une corpulence frêle et délicate.

De même , en effet , que les rides indiquent par leur apparition la vieillesse chez l’homme; de même aussi, reconnaissant pour cause le décroissement successif et naturel du corps, elles sont l’indice d’une certaine atonie des parties , qui jadis , recevant une plus grande quantité de sang , jouissaient d’un meilleur embonpoint.

§ XIII. Nous avons déjà dit un mot, à propos de la

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diversité des âges , de cette aptitude si remarquable mais passagère de l’homme à la propagation de l'espèce; nous allons maintenant nous occuper particulièrement de ce qui se passe plus spécialement chez la femme au point de vue de cette même aptitude génératrice.

Nous avons déjà dit que c’est dans le cours du septième septénaire, c’est-à-dire delà 42e à la 50e année, que s’arrête et cesse, d’une manière sensible, l’accroissement de la structure du corps humain. Chacun peut observer, en effet, que lorsque la texture du corps a souffert quelque dommage sérieux difficile à restaurer, il arrive que chez les personnes de cet âge la nature agit avec beaucoup plus de lenteur, et même qu’une fois la restauration des parties lésées accomplie , il existe en elles beaucoup plus de faiblesse que chez les sujets jeunes, chez les plus jeunes surtout.

Mais comme il est nécessaire, pour que la gestation et la nutrition du fœtus s’accomplissent normalement dans le sein de la mère , que l 'utérus de la femme et que les vaisseaux qui l’arrosent surtout éprouvent une expansion très-considérable dans leur texture; comme, d’un autre côté, toutes les autres parties du corps impriment au sang une plus forte impulsion , afin que le fœtus reçoive une quantité suffisante de lymphe nourricière ; il est entièrement indispensable, pour que ces choses aient leur naturel accomplissement , qu’il y ait une direction spéciale qui préside à ces actes (pour ne pas parler ici des autres relations et liaisons obscures qu’il y a entre le corps et l’esprit de la mère et du fœtus).

De tout cela on peut induire raisonnablement qu’on ne doit nullement s’étonner de ce que dans un tel corps (celui de la mère) , qui ne s’occupe déjà plus de sa propre structure ultérieure ‘ , il y ait désormais aussi abstention de

1 L’auteur veut parler ici de la femme de 42 à 50 ans qui, en général , ne fait plus d’enfants. C’est l’époque , en effet, où le développement du corps humain s’arrête , et dès-lors il devient naturellement impropre à la génération , etc.

toute association de travail , de tout concours pénible , de tout labeur tendant à participer d’une manière active à la structure de tout corps qui n’est pas lui, mais qui cependant doit être engendré, formé, nourri et conservé en lui-même.

§ XIV. L’on doit prêter à ce phénomène de X affaiblissement de l 'énergie du corps une attention d’autant plus sérieuse, que l’on peut aussi constater, d’un autre côté, que X énergie de V esprit varie sensiblement suivant les âges. Nous disons même non-seulement que l’énergie de X esprit diffère suivant l’âge , mais encore qu’elle contracte et entretient avec la structure et l’administration de X économie corporelle un accord , une conspiration manifeste. Tout le monde sait, en effet , que dans son jeune âge l’enfant possède moins d’aptitude et de facilité d’esprit pour comparer et raisonner que le vieillard ou du moins les personnes plus avancées en âge.

Il y en a qui mettent en avant et prennent pour prétexte l’aptitude insuffisante, c’est-à-dire l’insuffisance des organes ; mais c’est là une absurdité révoltante , attendu qu’il ne s’agit point ici de X espèce, mais bien du nombre des choses à concevoir; de sorte que si les enfants, jusqu’à l’âge de 7 ans, comprennent certaines choses, mais n’en comprennent pas un aussi grand nombre , ce n’est pas seulement par défaut d’exercice , mais c’est encore et surtout par un vice de méthode, inhérent à cet âge, dans la manière de procéder avec netteté , ou d’ attaquer plusieurs choses à la fois , ou bien enfin par un manque de réflexion.

§ XV. Qui oserait prétendre que c’est là un acte purement organique ? Tout le monde ne sait-il pas que chez les enfants qui s’animent plus vivement et se livrent à la gaîté surtout avec une sorte de plaisir, il existe et on remarque facilement l’indice prématuré d’un génie supérieur,

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d’un esprit éminent, quoique personne ne puisse jamais croire que, par une énergie propre et une puissance quelconque de la volonté , les organes corporels aient pu recevoir de si bonne heure la forme et la vigueur nécessaires pour accomplir ces sortes de phénomènes au-dessus de leur aptitude naturelle. On devrait évidemment soutenir le contraire, attendu que chez les enfants qui exercent sérieusement leur jeune intelligence de trop bonne heure, on voit, à mesure qu’ils avancent et progressent dans ce genre d’exercice , la texture de leur corps s'affaiblir et dépérir ; son accroissement devient plus languissant, et cet usage même prématuré de la raison provoque dans le corps une espèce de dépérissement et de ruine pour le reste de sa durée. Un tel exercice prématuré de l’intelligence , outre qu’il altère le corps , entraîne après lui un affaiblissement de la mémoire et de l’imagination , bien loin d’être une preuve de l’existence supposée d’une aptitude organique précoce.

§ XVI. L’on ne peut du reste s’empêcher de reconnaître quelle est la puissance et l’énergie de l’esprit sur l’arrêt ou l’empêchement du libre et prompt accroissement du corps , alors qu’il est en proie à un violent chagrin mêlé d’un désir ardent : ce que les Germains appellent vulgairement Sehnen oder Sehn-Sucht.

La vérité de ce fait nous est démontrée par un grand nombre d’exemples chez les jeunes enfants , quand on les envoie de chez eux chez des étrangers où ils ne peuvent s’habituer; on les voit alors, en effet, ne prendre aucun embonpoint , ils demeurent bien souvent dans un état de maigreur alarmante et dépérissent de jour en jour; mais une fois qu’ils reviennent au milieu de leur famille, on s’aperçoit aussitôt qu’avec le retour de leur gaîté naturelle d’esprit reparaît aussi l’accroissement subit et remarquable du corps.

On pourrait en dire de même des envieux et de ceux qui sont prompts à s'emporter, poussés par un sentiment quelconque d ’ envie ou de méchanceté. Tout le monde connaît à cet égard ce vieux proverbe allemand : « Es seye ein grâ- » misches, mistsgünstiges Gemüth, und Kônne vor Reid und » Gram nicht gedeyen, noch zunehmen. — C’est un cœur » morose et chagrin , la tristesse et l’ennui l’empêchent de » prendre du développement et de l’embonpoint » ; ainsi que cette antique expression du poète :

« Invidus alterius macrescit rebus opimis .... »

L’homme envieux , jaloux , au sein de l’abondance ,

Languit, maigrit et meurt rongé par la souffrance....

Nous dirons , enfin , que l’esprit est ordinairement plus propre à l’exercice de la mémoire pendant la jeunesse, tandis qu’il est plus apte à l’exercice du jugement dans l’âge viril et la vieillesse.

§ XVII. 11 est incontestablement vrai de dire qu’un trop grand abus du luxe affaiblit , énerve le corps et le fait vieillir avant son temps ; il est on ne peut plus positif aussi que la tempérance assure à l’homme une longue vieillesse à l’abri des souffrances et des ennuis de cet âge.

Ce qui est bien remarquable enfin , c’est que les individus qui pendant leur vie se livrent à des travaux modérés et même pénibles jusqu h un certain âge, sont assurés de parvenir jusqu’à une extrême vieillesse, possédant encore beaucoup d’ agilité et de vigueur; tandis, au contraire, que ceux qui passent leur vie dans la mollesse et les plaisirs , ne parviennent que péniblement à une vieillesse chargée de misères et d'infirmités corporelles. Ce qui fit dire à un ancien auteur : « Iners et luxuriosa juventus effœtum corpus tradit » senectuti . »

Et l’on voit constamment une molle jeunesse Préparer aux humains une triste vieillesse.

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