LXI1I
Mais c’est trop long-temps insister sur un fait aussi manifeste et aussi notoire , maintenant surtout que nous avons mis au grand jour l’idée et les paroles du philosophe de Stagyre, et que nous avons appuyé nos assertions sur des documents inébranlables, Il est à déplorer que nous ayons à redresser de pareilles erreurs , que nous voulons bien croire involontaires ; mais elles n’en sont pas moins la preuve certaine que si la marche de la science médicale a été souvent enrayée, la première et principale raison c’est qu’on a beaucoup trop négligé la méthode historique, et que l’on a trop librement altéré la pensée des anciens et même des modernes, en dénaturant leur conception ou en mal interprétant leur texte.
Il demeure donc positif et indubitable pour tous aujourd'hui qu’Àristote , comme Stahl , enseignait la doctrine de l’Animisme, c’est-à-dire cette idée vraie, large et orthodoxe de l’empire de lame sur le corps. La pensée du philosophe péripatéticien peut se réduire à trois chefs principaux, savoir: 1° que l’âme, substance spirituelle, est la forme (non la ligure) du corps, dont elle est distincte par sa nature, bien qu’inséparable de l’organisme durant cette vie ; 2° que l’âme est immortelle , une, possédant d’une part la vie intellectuelle , et d’autre part la puissance vivifiante ; 3° entin , quelle est la cause efficiente du corps, son principe vivifiant (<mt« /ai apyr, ) et sa cause finale ou entéléchie.
MM. Cousin et Barthélemy Saint-Hilaire1 n’avaient donc pas tort de dire que Stahl se rattachait de bien près , d’un côté à la philosophie de Platon , et d’un autre à la conception péripatéticienne. Osons le dire cependant, Stahl est encore plus complet que ces deux grands génies ; plus complet , disons-nous , en ce qu’il a mieux saisi la constitution de l’homme et qu’il a plus nettement analysé, au point de vue
1 Cousin , Traduct. de Plat. ; et Bart. Saint-Hilaire , Traduct. d'Arist. — Paris, 1846.