L.XXXI
» sunt animæ gradus : anus , qui omnes partes corporis ,
„ qyœ vivant , transit : et non habet sensum , sed tantum ad » vivendum valetudinern ( potentiam J. Hœc vis in noslro » corpore permanet ad ossa, capillos, etc . . . Secundum gra- » dum dicit in quo est sensus ; hœc vis pervenit in oculos ,
maures, etc . Ter dus gradus animæ est summus, qui
» vocatur animas, in quo inielligenlia prœeminet , etc .
» Anima autem est incorporea. » (Ennéades.)
Porphyre, de son côté , a, fait preuve de spiritualisme quand iLa dit: « Anima partibus caret, tamen partibus con- » stanter est indita, ac varias ejus partes variis functionibus » occupât , et eo respecta partes habet. Neque enim eadem » functio caput tenet, etpeclus, et jecur » ( apud Stob.)
Mais, en général, ces trois philosophes admettaient cinq facultés dans la môme âme , savoir : xo aûgjx, principe de la corporéité; xo £wov, principe de l’animalité ; ÿj t| ivyjn , l’âme proprement dite, principe de l’imagination , de la mémoire, etc.; o vovç , principe de l’intelligence ; tô ôetov enfin , principe divin, ou faculté à l’aide de laquelle l’âme peut se mettre en contemplation et s’élever jusqu’à Dieu. Cette distinction n’est que conditionnelle et apparente , mais elle a beaucoup contribué à faire dévier leurs partisans de la voie de la vérité, en matière physiologique surtout, où l’observation des faits anthropologiques demande et plus de netteté et plus de simplicité. Cependant on peut dire que, malgré sa propension bien marquée vers le panthéisme, l’École néo-platonicienne enseignait la doctrine, du monodynamisme, et que , si l’on en eût fait de plus sages applications , on en aurait retiré de meilleurs enseignements ; il faudrait bien se garder néanmoins de rien préjuger sur l’étude analytique que Philon , Plotin , Porphyre et Jamblique ont faite des facultés de l’âme , qui peuvent toujours se réduire aux trois facultés de Platon et d’Aristote ; car, comme on vient de le voir d’après la déclaration de Porphyre , l’âme est indivisible
LXXXII DU VITALISME ANIMIQUE
malgré la multiplicité des fonctions corporelles, vitales, animales et intellectuelles qu’elle a à remplir 1 .
Ce n’est point ici le lieu de faire ressortir les principales erreurs de la philosophie des Néo -platoniciens au point de vue de Dieu , de l’origiue des choses, de leur système d émanation qui conduit au panthéisme , ainsi que de l’unification de notre âme avec l’unité absolu et leurs théories mystiques; non , et qu’il nous suffise de dire que les Alexandrins n’admettaient, qu’une seule âme {animal en puissance de Plotiri),'raisonnable, capable de former, de produire même son corps et de le façonner à sa ressemblance* Ammonius Saccas allait même jusqu’à dire que « l’âme c’est la vie. S’il n’en était pas ainsi d’ailleurs, que signifierait la présence de l’âme dans le corps?» Plotin et Porphyre, ses disciples, enseignèrent les mêmes idées , et nous pouvons assumer sans crainte d’errer que ARÉTÉEdeCappadoce, Sextus Empiricus, Serisonius Largus , Rufus d’Éphèse , Philinus et Sérapion d’Alexandrie , les plus grands médecins qui aient vécu dans les trois premiers siècles , ont partagé les idées des philosophes des Écoles græco-Orientale , Latine ou Alexandrine." Nous possédons, à. cet égard, des documents historiques que nous ferons paraître en leur temps.
VII. Pères de l’Église. — Dans le même temps que la philosophie græco-orientale trouvait des hommes qui étudiaient et commentaient la pensée des maîtres , la religion du Christ, rayon bienfaisant de la lumière descendue d’En- Haut , avait pénétré le cœur et l’esprit de quelques hommes d élite , dont 1 intelligence marquée du sceau du génie édifiait le monde entier par de savantes conceptions. Rome la Païenne immolait tous les jours à la fureur de ses tyrans des milliers de vierges et de martyrs, et des flots de sang
1 Voy. traduct. Bouille!, p. 92, Ennéades.
ÉTUDES GÉNÉRALES
qui inondaient son Colysée et ses forums jaillissaient ces étincelles de vie qui devaient ranimer le vieux monde et asseoir sur le trône des Césars les successeurs de Pierre. Tout l’Orient retentissait des bruits de la science et des vertus des Clément et des Augustin , et bientôt parurent au grand jour les œuvres étonnantes des premiers Pères de l’Église , qui doivent être regardés comme les derniers et les plus grands représentants de l’École d’Alexandrie, et les propagateurs des dogmes de la philosophie chrétienne.
Si le temps et le lieu le permettaient, nous poumons mettre sous les yeux du lecteur la série la plus riche des témoignages les plus importants en faveur du Vitalisme animique; mais, comme cette matière est longuement traitée dans le Discours préliminaire du Tome I de nos œuvres, nous ne ferons qu’exposer ici les principaux dogmes de ces vénérables auteurs, dont nous esquisserons à grands traits les idées et les sentiments.
Un mot seulement, avant d’entamer cette nouvelle étude; un mot sur la pensée de S. Paul , si souvent mis en avant par M.le professeur Lordat. Le grand Apôtre dit formellement :
« Vous n’êtes qu’un esprit et qu’un corps 3 » , et lorsqu’il écrit ailleurs : « Aimez Dieu de tout votre cœur, de toute » votre âme , de tout votre esprit » , il n a jamais voulu dire autre chose que d’aimer Dieu de toute la puissance de notre être. Y voir autre chose, c’est errer
Clément d’Alexandrie professait, sur la nature et les attributions de l’âme humaine, la même doctrine qu’Aristote, avec la seule différence que, la conception païenne disparaissant peu à peu, le dogme du monodynamisme devient de plus en plus intelligible dans cette série de sept siècles honorablement remplis de gloire et de richesses anthropologiques. Clément enseignait, avec l’Église, que l’âme est immatérielle
1 S. Paul, ad Ephes., chap. IV, v. 4.