DE LÉTAT DES INTESTINS SELON LEUR CONSTITUTION NATURELLE
( Bien que nous possédions un grand nombre de traités d anatomie qui font un exposé convenable de toutes ces matières , et que nous eussions pu nous dispenser, pour ce motif, de faire une description scientifique de l’état des intestins dans leur constitution normale , cependant j ai jngG utile et opportun de mettre en regard et d’examiner, dans un coup-d’œil général , tout ce qui se rapporte aux intestins et tout ce que le médecin doit en apprendre
et en savoir , comme sujet particulier de notre considération pathologico-pratique , c’est-à-dire comme point de départ de la pathologie et comme but de la thérapeutique.
C’est pourquoi il m’a paru nécessaire dans le même but de faire un exposé touchant la constitution anatomico-physiologique des intestins selon leur état organique naturel , et d’en donner avant tout ici la définition.
On entend par intestins, des parties organiques du corps animal , dissimilaires , solides , creuses , placées dans le bas - ventre , destinées à la réception des aliments qui doivent subir une certaine dissolution propre à faciliter la séparation de la substance nutritive; destinées, dis-je, au séjour de ces aliments pendant un temps déterminé , et enfin à l’excrétion de tout ce qu’ils contiennent d’inutile et de superflu.
Pour rendre raison de cette définition , je pense que je dois peu insister sur la dérivation du défini (de l’étymologie) et sur ses diverses acceptions ; car qui ne sait que ces parties du corps (soit en grec xà evxspx , soit en latin intestina, soit en notre langue vulgaire das fingeweld, intestins ) sont ainsi appelées à cause de leur position dans le corps, parce qu’elles se cachent dans l’intérieur de l’abdomen?
Personne , pour si peu instruit qu’on soit des termes scientifiques de la médecine , n’ignore sans doute que dans les écoles médicales on n’entend par intestins ni tout ce qui est renfermé dans la cavité abdominale , ni même tous les viscères qui y sont contenus, mais bien seulement les premières voies par où passent les substances alimentaires et les mets qui doivent s’y dissoudre et y séjourner après leur dissolution ( die gedœrme ).
Bien que le lecteur doive être averti que je mets au nombre des intestins l’estomac à cause de l’identité de
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substance et de service , je conviens cependant qu’on doit le considérer ordinairement sous un point de vue particulier, et qu’on doit le distinguer des intestins qui ont été strictement appelés de ce nom. Telle est, du reste, l’opinion de ceux qui soutiennent que les intestins proprement dits ne diffèrent de l’estomac que par leur seule configuration , leur ampleur et leur situation anatomique , et que le reste du tube intestinal n’est que la continuation du ventricule.
La synonymie des intestins pris collectivement , outre le nom de premières voies qu’on leur donne et dont j’ai déjà parlé, n’offre ici rien de remarquable ; je renvoie donc le lecteur aux auteurs qui traitent de cette matière.
Pour ce qui est de la définition de leur essenlialité , je n’en parlerai pas plus longuement ; elle embrasse l’être générique des intestins ou le matériel de leur organisme ; de plus , elle contient le spécifique ou le formel. Je vais dès à présent traiter successivement de chacune de ces matières.