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CHAPITRE II

LÉSIONS DES INTESTINS AU POINT DE VUE DE LA CONTENANCE OU DE LEURS MALADIES SYMPTOMATIQUES.

Il est universellement reconnu par les pathologistes que les symptômes tirés des parties, en tant que lésions des instruments en acte , reconnaissent pour cause l’état morbide , soit de l’instrument qui doit accomplir ces actions , soit du principe actif qui doit imprimer lui- même les mouvements à la machine. Mais comme les intestins , en tant que parties organiques , sont destinés à un mode d’action certain et déterminé , et que l’acte est sujet néanmoins à

1 Vid. Peyer, De gland, intest.

plusieurs modes d’altération, il faut en rechercher la cause dans l’état morbide de l’organe même. Or, comme j’ai posé en principe que la fonction ou le formel de l’organisme des intestins se trouve dans leur faculté contentive , considérée soit comme absolue, soit comme relative au temps , et que cette faculté est due elle-même au mouvement péristaltique , je vais donc , dès à présent , entreprendre d’énumérer et d’expliquer, du mieux possible , les lésions intestinales de contenance , au point de vue de leurs causes.

ARTICLE 1er.

Lésions des intestins au point de vue de leur, contenance relative.

Les lésions de contenance s’effectuent de deux manières , savoir, d’une manière relative et d’une manière corrélative , c’est-â-dire par la lésion du contenant et du contenu.

Le premier mode d’altération s’observe dans toute solution de continuité produite par une cause soit externe, soit interne surtout , telle que dans les érosions , les apostèmes fistuleux , ou même les obstructions ; le second genre de lésion est la conséquence d’une constitution anormale du contenu , de quelque genre qu’il soit , quels que soient aussi ou son existence réelle ou son seul mode d’être. On pourrait rapporter à certaines causes de ce dernier genre l’excrétion involontaire des matières fécales ; mais , comme cette excrétion provient d’une lésion du mouvement tonique du sphincter, nous nous réservons d’en parler à l’article ci-après. Quant aux causes qui , en tant que objets contenus , agissent selon le premier mode de causes sus-indiquées, je citerai d’abord les substances avalées ayant la forme crochue et aiguë comme un hameçon, ayant une vertu corrosive ou piquante, et donnant lieu à un pronostic assez fâcheux. Tels sont, ce couteau de Burrus duquel tant et tant d’auteurs ont parlé , cette flûte rendue avec la plus grande facilité par l’anus ; . . .

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faits rapportés par Bartholin 1 . Tels sont encore cette plume d’oie qui, après avoir occasionné pendant deux ans de grands malaises dans l’estomac, disparut tout-à-coup et comme par enchantement ; des morceaux de métal , des couteaux avec leur gaine, des fragments d’acier aigus et tranchants, un pied de vase d’airain, sortant du corps par des voies inaccoutumées à l’aide d’ulcérations ; faits signalés dans le Zodiaque français par Blegny 2 .

Je placerai, en second lieu, au nombre de ces mêmes causes , les substances logées dans les intestins et provenant d’un germe spécifique qui y est déposé , tels que les vers , dont les uns sont nommés ascarides , les autres lombrics, ceux-ci ( tœnia ) vers larges , ceux-là vers plats, etc. , dont plusieurs sont remarquables par leur forme étrange et leur longueur prodigieuse , ainsi qu’en citent les auteurs 3 . Je puis , pour ma part , dire que j’ai vu un lombricdide long de neuf aunes retiré mort des intestins d’une personne. Ce sont là des hôtes bien importuns , véritables et principaux auteurs de symptômes difficiles à reconnaître , ainsi que de maladies 'opiniâtres et cruelles ; mais lorsqu’ils fournissent du moins un diagnostic certain , on peut espérer que leur traitement fournira aussi une heureuse issue qui n’exigera rien d’offensif. Le sang pur fournit lui-même une cause de lésion par sa propre présence , lorsqu’il est répandu dans l’intestin , soit par la diérèse des tissus , soit par la division des vaisseaux au lieu de leur anastomose , comme cela arrive dans la dysenterie vraie ou fausse.

1 Cent. anat. 1, obs. 59.

2 ire Année, févr. obs. 4, et mai obs. 2.

3 Je profiterai de cette occasion pour signaler deux faits remarquables de ce genre que j ai recueillis dans ma pratique : le premier consiste dans un ver tœnia ayant une longueur de 50 mètres environ, et que je suis parvenu à expulser du corps d une jeune femme de 24 ans par l’usage de l’essence de térébenthine ; le second a trait à un ver de même espèce rendu par fragments, ayant en tout environ 28 mètres. Le premier est déposé au Conservatoire de la Faculté de médecine de Montpellier.

Les matières fécales pèchent encore par leur mode d’être contre-nature , et cela de toute manière , soit qu’elles n’aient pas été suffisamment élaborées , soit que dans cet état elles soient entrées en corruption , ainsi que cela arrive dans la lienterie, dans laquelle les substances alimentaires mal di gérées, n’ayant même subi aucune espèce d’élaboration, sortent par l’anus dans l’état où elles se trouvaient au moment de leur ingestion. Ainsi, dans le flux cœliaque, les matières, quelque peu digérées ou simplement réduites en bouillie ou pultacées , sont excrétées avant d’avoir été préalablement séparées du vrai chyle , mais aussi sans avoir subi leur entière transformation en matière excrémentitielle, en passant par cette sorte de putréfaction spécifique. Dans les diarrhées, où les matières corrompues sont délayées dans un sérum de mauvaise nature , les selles sont fétides , érugineuses et noirâtres; dans les cas d’obstruction, au contraire , elles sont sèches et dures. Mais comme ces choses sont dues d’une part aux vices de digestion comme les premières , et d’autre part à une crise fébrile , ainsi que cela a lieu dans la vraie dysenterie sanguine , ce n’est point ici le lieu de traiter spécialement de ces matières , si ce n’est en tant qu’elles fournissent la cause continente tant aux maladies qu’aux symptômes des intestins , organes contenants.

D’après l’énumération que je viens de faire de chacune des lésions ci-dessus , il est évident qu’elles se rapportent aux maladies qu’elles provoquent dans les intestins considérés sous les points de vue divers de leur continuité, de leur profondeur ou volume, et de leur dissemblance.

Quant aux symptômes que ces lésions peuvent produire , ce sont principalement des altérations des mouvements vitaux, dont je vais parler dès à présent.

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ARTICLE IL

Lésions de contenance relatives au temps, ou lésions des intestins au point de vue de leur mouvement.

Tout symptôme de lésion de mouvement consiste , soit dans une augmentation, soit dans un défaut , soit enfin dans une perversion des mouvements vitaux : nous devons suivre ici cet ordre même dans la classification des symptômes des vices des mouvements intestinaux , et dans l’étude que nous . allons en faire.

Il y a lésion des mouvements, par excès , dans tous les flux de ventre ou déjections alvines liquides fréquentes , ou même dans les cas d’affections caractérisés par des efforts douloureux qui ne sont suivis d’aucune excrétion des matières fécales. La cause immédiate de ces altérations morbides est une contraction réitérée des intestins , purement instrumentale; quant à la cause principale et active des effets produits dans le corps par cet excès de mouvement , elle consiste dans une irritation propre à provoquer l’expulsion d’une matière étrangère quelconque adhérente à la substance même des intestins, ou simplement contenue dans leur cavité. On peut regarder , comme plus particulièrement adhérentes à la substance des intestins , les apostèmes et les inflammations « qui les précèdent; et cependant il est assez rare, à dire vrai, de voir ces diverses lésions provoquer une augmentation dans le mouvement de ces parties , excepté néanmoins dans le seul cas de ténesme. Si , dans quelques cadavres disséqués , appartenant à des individus morts à la suite d’une abondante et opiniâtre diarrhée , on observe que les intestins sont rongés et enflammés , l’on doit regarder cette lésion organique plutôt comme l’effet que comme la cause de l’affection morbide2.

1 Je dis inflammations avec Stahl, mais phlegmons serait plus correct, attendu que les inflammations n’adhèrent pas.

2 Voy. T. VIII, Comment. VI.

Les matières contenues dans la cavité des intestins sont très-fréquemment la cause de ces maux, qui dépendent moins d’une simple altération matérielle ou de texture de l’organisme intestinal que d’une lésion formelle ou de l’instrumentation. Il y a alors, en effet, une véritable altération de relation qui excite directement ce principe moteur, nommé par les uns esprit inné , par les autres archée , par ceux-ci faculté expullrice, et que d’autres comme nous appellent , sans doute avec raison , âme directrice présidant aux actes vitaux ( animam actionum prœsidem ) 1 ; ce principe, par son excitation, pousse et met en jeu cet autre principe formel organique propre à l’intestin , pour qu’il effectue les mouvements propres à chasser et à rejeter audehors les matières qui produisent les lésions de contenance relative de l’intestin , et qui ne doivent en aucune manière y séjourner. Mais comme dans l’article précédent j’ai déjà traité de ces sortes de matières étrangères contenues dans les intestins , j’ajouterai seulement ici que ces matières présentent ce même symptôme de manières plus ou moins spécifiques les unes que les autres.

Les substances contenues, agissant par un mode plus spécifique, sont les dépôts critiques, que la nature expulse de ces parties , bien que ce soit par un mouvement déréglé , et qui , par cela même , étant reconnus contraires à l’action naturelle de l 'âme, en tant que agissant vitalement, ne sont nullement tolérés par elle dans cette partie importante du corps humain, et sont alors repoussés dans la cavité de l’intestin, pour être enfin rejetés du corps à l’aide de la contraction des fibres , instrument ordinaire de cette expulsion. Telles sont, à proprement parler, les véritables conditions de la diarrhée dite critique ; mais si, ainsi que je l’ai déjà dit , ces phénomènes s’accomplissent par suite d’une rétrocession d’une affection exanthématique quelconque de

Voy. T. VIII, Comment. VII.

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la périphérie du corps vers ces organes, la diarrhée est dite

symptomatique.

On donne généralement le nom de diarrhée critique à cette espèce de flux de ventre qui se manifeste lorsque, après avoir mangé une trop grande quantité de fruits de la saison d’été , il survient alors , par la corruption spécifique de ces fruits, une certaine fermentation particulière dans la masse du sang; tandis que leurs parties douces et sucrées, mêlées aussi au sang , par un redoublement de fermentation augmenté par le travail même de la digestion, produisent sur le corps un effet plus puissant que des purgatifs injectés dans les veines , et cela d’autant mieux que , plus subtiles que ces dernières et d’une nature spiritueuse , ces parties sucrées agissent là comme un véritable ferment.

11 résulte tout d’abord de ce phénomène un grossier mélange séreux , ayant pour caractères principaux un état farineux , épais et gluant , pareil à celui de la coloquinte , mais devant être séparé par la nature d’une manière critique dans les intestins. Ce mélange impur une fois épuisé dans cet acte d’élimination et transporté à l’aide de la distension ou de la solution des voies naturelles , une certaine quantité de sang pur vient suppléer enfin à l’absence de la production anormale de cette matière spécifique.

Cette affection , connue ordinairement sous le nom de dysenterie, peut être souvent funeste et dangereuse , à moins qu’on ne s’oppose de bonne heure et à propos aux ravages que peuvent produire la fièvre et cette effervescence fermentative du sang. Les substances alimentaires ordinaires , contenues dans les intestins et qui n’ont encore subi qu’une élaboration imparfaite , exercent une influence moins spécifique , ainsi qu’on le voit dans la lienterie et dans le flux cœliaque. Remarquons cependant, à cette occasion, que, lorsque ces dernières affections peuvent être dites essentielles, elles n appartiennent a aucune espèce de flux de ventre , et

ne peuvent pas être regardées comme provenant d’une lésion de contenance des intestins au point de vue du temps, attendu que , ainsi que l’expérience le démontre , l’état affectif est plutôt constitué par un vice réel dans leur mode d’être que par le temps de l’excrétion.

Le seul et unique symptôme qui se manifeste quand il y a manque ou défaut dans les mouvements intestinaux , c’est la constipation ou mieux l’obstruction du ventre , provenant toujours d’une cause réelle et positive, pouvant être mise sur le compte de l’intestin lui-même , en tant que organe contenant , lorsqu’il est comprimé ou par le poids de l’utérus dans un état de gestation , ou par une hernie scrotale étranglée , ou par une tumeur survenue dans l’intestin ayant un volume considérable, provenant même d’une cause privative, savoir :

Y immobilité de la matière contenue dans les intestins , ce qui arrive lorsque les matières fécales , au lieu d’être liquides, sont devenues sèches, dures et compactes, de telle sorte qu’elles ne peuvent plus ni remonter, ni descendre , ni même subir le moindre changement dans la partie qu’elles occupent. Ces derniers cas se présentent le plus souvent, aussi après l’abus des astringents, par l’usage des substances sèches et absorbantes , concourant avec le manque de lymphe épuisée par de trop fortes sueurs ou consumée par l’étude et la méditation , et avec la présence d’une humeur plus gluante et plus épaisse que d’ordinaire. On ne saurait trop tôt administrer un secours intelligent à cette sorte d’affection, attendu qu’elle engendre facilement et infailliblement l’inflammation des parties, voire même Y iléus.

Il y a dépravation dans les mouvements des intestins lorsqu’il survient un dérangement au point de vue du terme, c’est-à-dire lorsque , au lieu de s’effectuer naturellement de haut en bas , ces mouvements sont intervertis et ont lieu , contrairement à cet ordre naturel, de bas en haut ; que si ce phénomène s’opère seulement dans l’estomac , ou que par

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une cause externe , comme par exemple par l’emploi abusif de l’émétique , il s’étende jusqu’au duodénum , il reçoit le nom générique de vomissement. Mais si les matières contenues dans les intestins remontent, par suite d’obstruction, des parties les plus inférieures du ventre , de l’intestin iléon surtout , et qu’elles sortent par la bouche sous forme de lie , sous un aspect repoussant et d’une odeur fétide , cet état morbide constitue ce qu’on appelle X iléus, volvulus ou miserere. Cés deux états morbides constituent une seule et même affection , et ne diffèrent que par le point de départ ou terme.

De même que nous savons qu’il y a dans la purgation une certaine faculté fermentative , agissant d’une manière spécifique de haut en bas, imperceptible à priori, capable de faire entrer en corruption les matières contenues dans le corps , — faculté en vertu de laquelle ces mêmes matières éprouvent une modification qui les rend aptes à être évacuées par la nature , de préférence par les émonctoires des intestins ; — de même aussi nous sommes obligés de reconnaître qu’il y a des causes contenantes de vomissement qui , soit internes, soit même venues du dehors, sont réellement, chose vraiment incompréhensible , le seul effet de l’imagination , mais qui engendrent quelquefois des états extrêmement graves.

Tout ce qu’on dit, en effet, de la viscosité sulfureuse, de la stimulation irritante , de l’acidité fondante et de la rubéfaction attractive des substances qui évacuent l’intestin par en haut et par en bas , tout cela me paraît raisonnable et vrai , mais ne saurait expliquer la vertu formelle de ces mêmes substances. 11 est évident, du reste, que ces dernières ne produisent leur effet évacuant , ni en vertu d’une seule de leurs propriétés, ni en vertu de toutes ces propriétés réunies; car on voit d’autres substances ayant les mêmes qualités , et qui néanmoins , ni seules , ni associées entre

elles, ne peuvent déterminer ces effets; d’où il faut conclure naturellement que le soufre , l’irritation , l’acidité fondante et la rubéfaction attractive ne s’y opèrent qu’en vertu d’une propriété sui generis.

J’arrête ici mes considérations à cet égard, espérant, avec l’aide du Ciel , pouvoir leur donner un jour un plus ample développement * .

ARTICLE III

De la sensibilité des intestins , en tant que symptôme particulier .

Bien que l’expérience nous prouve que les intestins ne possèdent pas une grande sensibilité naturelle , il est vrai néanmoins qu’en dehors de leur état normal leur sensibilité est des plus exquises ; car l’expérience nous montre aussi quelle est l’acuité , la vivacité et la violence des douleurs de ces organes. Je dis douleurs, et cela avec raison, car cette espèce de sensibilité pathologique fait naître en nous un sentiment de tristesse. Aussi, s’il est difficile de déterminer la source de cette douleur, il est bien plus difficile encore d’en expliquer le mode de production ; aussi , les plus habiles anatomistes de notre époque craignent-ils de l’attribuer aux nerfs; tout le monde sait, en effet, que laratey le foie et les glandes en général reçoivent une grande quantité de nerfs : et cependant leur sensibilité est presque nulle.

On tient , en conséquence , à cœur d’attribuer ce mode d’affection à un état particulier des tuniques , en ce que non-seulement les lésions des intestins supérieurs et grêles , quelles qu’elles soient , tiraillements et convulsions dans le vomissement , ne produisent aucune douleur remarquable , mais encore en ce que les abcès , les dépôts , les inflamma-

‘ C*est là , en effet, ce que Stahl a fait: 1® dans une dissertation ayant pour titre: De evacuationibus selectioribus : Halle, 1703, in-l°; 2® dans celle intitulée : De privatâ dispensalione medicamentorum ; Halle, 1708; 3® dans une autre traitant De evacuationibus spécifiais ; Halle , 1705, in-4®.

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tions et les corruptions de tout genre observés dans l’estomac , — ainsi que le constate le 1 célèbre observateur Saltzmann , — se manifestent, sans provoquer un sentiment notable de douleur, quoique cependant la mort en soit souvent la terrible conséquence. C’est donc dans le symptôme qu’il faut chercher ce caractère propre de sensibilité et de douleur.

Les écoles de médecine appellent ordinairement colique, cette affection douloureuse des intestins variant suivant l’organe qui en est le sujet. Or, d’après l’indication des patients eux -mêmes et d’après les autopsies cadavériques, c’est l’intestin colon qui en est presque toujours le siège, ainsi qu’il est suffisamment démontré par la colique ellemême , par l’inflammation , la tension venteuse et l’érosion violente dont cet organe est le siège; c’est là, du moins , ce qui est prouvé par l’expérience de chaque jour. Mais dans quelle partie de la substance du colon la douleur est-elle localisée? C’est là principalement ce que le médecin doit s’appliquer à rechercher.

Il a été démontré , dans la partie physiologique de cettè dissertation, qu’il est évident et certain que la texture des intestins est composée de la réunion de plusieurs tuniques ; j’ai dit encore, dans cette même partie, que ces organes possèdent une grande quantité de glandules miliaires et lenticulaires; j’ai, enfin, fait observer, en cette occasion, que les intestins sont attachés à une sorte de tendon ou ligament , à l’aide duquel les tuniques nerveuse et crustacée ou muqueuse sont attachées et retenues contre certaines parties rugueuses en forme de valvules.

Or, de même que , dans les autres parties du corps , les portions tendineuses sont regardées comme les plus sensibles , puisque ce sont elles qui , à la moindre irritation, produisent les plus violentes convulsions et sont doublement sujettes aux douleurs les plus atroces ; de

même aussi , d’après ces faits et d’après ce que j’ai déjà dit plus haut, faut-il regarder ces parties ligamenteuses et tendineuses des intestins comme le sujet organique de cette exquise sensibilité , et comme les plus capables de recevoir, organiquement et primitivement, ce sentiment plus ou moins profond de douleur, soit par suite d’une tension anormale, soit par érosion de leur substance, soit enfin par inflammation. On ne saurait s’attendre à une pathologie plus étendue à ce sujet, puisque, d’un autre côté, la distribution des nerfs de la sixième paire, dans l’intestin colon, donnent une plus grande vraisemblance de causalité aux symptômes sympathiques ou consensuels , qui , par cè motif, doivent se manifester dans ces parties.

Pour ce qui est enfin de l’exégèse et de la curation de ce mode d’affection , il serait en tout convenable , et partant il serait bien mieux, de la comprendre sous un seul et même nom dans les deux sexes ; il serait mieux , dis-je , de ne point l’attribuer à l’utérus chez les femmes , attendu qu’au dire de toutes , ce n’est point cet organe qui souffre en ce moment , à moins que ce ne soit cependant dans les derniers temps de la maladie , et que la douleur utérine ne soit un dernier symptôme concomitant des autres symptômes intestinaux ; ce qui pourrait bien arriver après une longue durée du mal , et après l’intervention et le consensus d’autres causes accidentelles; mais cela est une complication heureusement très-rare , ainsi que je me propose de le démontrer plus tard , avec la grâce de Dieu , soit dans mes discours , soit dans ses écrits , aussitôt que l’occasion favorable se présentera 1 .

Mais cependant, dans le fait en lui-même, quelle que soit la vraie cause continente de laquelle on puisse déduire la

* C’est ce que Stahl a fait dans une dissertation: De mensium insolilis viis; Halle, 1702, in 4°; dans une au're ayant pour titre : De flalulenlià ; Halle, 1708, in-4° ; dans une troisième : De fine mensium initiis morborum , etc.; Halle, 1710, etc.

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colique, dont il est ici question, il est évident qu’on la reconnaîtra aux signes relatés ci-dessus à l’occasion du diagnostic des maladies de l’amplitude et du volume des intestins.

L’on ne peut pas cependant enlever toute sensibilité aux autres membranes constituant le tissu intestinal , notamment à la tunique nerveuse et à la tunique muqueuse, attendu que dans les inflammations de l’iléon il se manifeste une douleur assez sensible ; car je pense qu’en pareil cas , personne n’entreprendra d’attribuer la douleur à l’intestin colon; ce serait trop difficile et trop hasardeux, du reste , à vouloir faire prévaloir de pareilles idées.

Mais je m’arrête à ces considérations , pensant que j’en ai dit assez sur la pathologie des intestins.

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