‹ Œuvres médico-philosophiques et pratiques de G. E. Stahl... traduites et commentées (volume 3)Chapitre 18 sur 51 · CHAPITRE Ier · texte numérisé non relu

CHAPITRE Ier

ARTICLE 1er.

Traitement de la lésion de consistance des intestins , ou de leurs maladies de conformation.

Au nombre des maladies qui atteignent les intestins dans leur triple dimension , abstraction faite des lésions de ces organes dans leur longueur, se présente d’abord l’augmen-

1 Voy. T. VIII, Comment. VIII.

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tation de capacité , ou distension des parois. Or, comme cette lésion trouve sa cause dans ce qui est contenu dans l’intestin, et que celle-ci consiste dans la présence , soit d’une substance solide , soit même de flatuosités ou gaz , l’indication formelle ici se résume dans l’ablation ou la disparition de cette cause ; ce qu’on peut très-bien obtenir, dans le premier cas , au moyen des évacuants simplement ou du moins par la répression des symptômes , et dans le dernier cas , par l’ébranlement et par la réduction des gaz en une substance plus concrète.

Quant aux moyens d’évacuation , si la distension affecte l’estomac à la suite d’une trop grande ingestion d’aliments , wan man fich überessen hat, et qu’il s’agisse de s’en débarrasser, on les trouve dans les vomitifs , tels que le tartre stibié employé à la dose de un à quatre grains , ou le mercure de vie donné à la dose de deux ou trois grains 1 .

Mais si la masse collective des matières fécales distend les gros intestins auxquels elle adhère , il se présente ici une double indication à cause de l’obstruction qui provient de cet entassement : la première , c’est de dissiper l’obstruction , et la seconde , c’est d’expulser le plus tôt possible les matières retenues dans l’intestin. Je parlerai bientôt des moyens propres à détruire l’obstruction. Quant à l’évacuation des matières , on y parvient au moyen d’un purgatif quelconque, parmi lesquels je signalerai principalement l’essence de jalap, la scammonée sous toutes les formes connues, n’ayant pas un goût aussi désagréable que les autres , s’administrant d’ailleurs en petite quantité et suppléant avantageusement ainsi aux autres purgatifs, surtout lorsqu’on associe cette substance avec une certaine quantité de tartre vitriolé ou de sel de tartre.

1 Mercure de vie ou poudre de V. Algaroth, médecin de Véron : c’est un oxychlorure d’anlimoine, qu’on obtient en traitant le chlorure d’antimoine par l’eau distillée. On l’employait comme émétique , purgatif et diaphorétique; il agit comme l’antimoine diaphorétique.

Que si, néanmoins, dans l’espoir de calmer quelques symptômes qui se sont manifestés pendant le travail de la digestion et de l’absorption des aliments , mais qui disparaîtront sans doute d’eux-mêmes une ou deux heures après ; si , dis-je , quelqu’un avait jamais l’intention de calmer de pareils accidents au moyen des opiacés et des narcotiques , il vaudrait beaucoup mieux s’abstenir complètement que de s’exposer à provoquer un certain trouble , toujours fâcheux , dans la digestion. Les conseils que je donne plus haut ne doivent être suivis, en effet, que tout autant qu’on a à traiter un état morbide qui occasionne certaines maladies et des douleurs cardialgiques poussées jusqu’à la lipothymie réitérée , et que le mal devient insupportable , ainsi qu’il m’a été donné de l’observer deux fois moi -même. Quant aux légères incommodités de cette partie , il ne vaut pas même la peine d’en prendre en considération les symptômes.

Comme moyens de dissiper et de calmer les flatuosités intestinales , on ne saurait trop recommander les diaphorétiques vrais, ainsi que les moyens qui sont propres à réchauffer sur-le-champ toute la masse sanguine , sans néanmoins provoquer le trouble des esprits. On peut citer en première ligne le tartre sublimé, et après lui viennent les huiles essentielles, que l’on n’emploie pas avec autant de succès à cause de la chaleur fébrile qu’elles provoquent ; on leur préfère en général les eaux distillées — chargées d’un principe huileux — r de sauge , de menthe , de mélisse , de matricaire , d’écorce de citron , de fleurs d’oranger, ainsi que les simples suivants : les racines d’acore vrai , de calanga , de zédoaire 1 , parmi lesquelles néanmoins le calanga mérite

1 Acore, Acorus calamus, verus, aromalicus de Lin., de la famille des Acoïdées, tirant son nom de « privatif et v.opn , en ce que , selon Dioscoride , il était employé avec avantage contre les maux d’yeux : c’est un stimulant précieux. — Calanga, Rumph., bot. ph., synonyme à'Alpinia de Lin., famille des Amomées de Juss. : stimulant et léger astringent. — Zédoaire, Zedoaria curcuma de Roxburg, et mieux Curcuma aromatica de Roscoë : stimulant et anti-spasmodique.

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justement la préférence à cause de sa vertu légèrement astringente ; viennent ensuite les substances aromatiques, le gingembre , le poivre et surtout son huile distillée , à la dose d’une à deux gouttes prises une , deux ou plusieurs fois de suite ; on peut enfin , dans des cas spéciaux , administrer le cumin , l’anis et toutes les préparations pharmaceutiques qu’ils fournissent. Si l’on craint, par hasard, qu’après l’exhalation des flatuosités il ne s’arrête dans l’intestin une matière visqueuse , on peut s’adresser à une autre classe de remèdes capables de donner du ton à l’organe , une fois qu’on est parvenu à en chasser l’élément qui en causait la distension ; on aura donc recours aux astringents et aux nervins , tels qu’un vin chaud et généreux , auquel on associe la cannelle et le gérofle : c’est là une substance bien recommandable.

L’obstruction du canal intestinal ou de sa capacité indique d’elle-même qu’il faut obtenir l’ouverture ou la liberté du passage , par l’expulsion ou l’ablation du contenu qui est la cause de cette obstruction. Or, si ce sont des matières fécales , qui provoquent ce genre d’incommodités , il faut en obtenir le ramollissement , comme on a pu le voir dans le premier article du deuxième chapitre, quand j’ai parlé des vices' de contenance. Si la cause en est due au déplacement de quelque portion de l’intestin, il faut tâcher de porter remède à cette lésion de site.

S’il existe une hernie obstruée ou étranglée , il faut de suite en opérer la réduction; s’il y a eu ingestion de substances tout-à-fait contre nature , il faut , en raison du pronostic fâcheux, tenter d’en provoquer X évacuation ou l’expulsion. S’il existe enfin un état pathologique du tissu même des intestins , une tumeur par exemple , on y apportera les secours que je vais indiquer plus bas.

Mais , dans tous ces cas , qu’on y fasse bien attention , il faut se hâter d’apporter un prompt remède au mal , afin d’éviter les conséquences funestes de X iléus et de la gangrène.

Les agents thérapeutiques qui sont indiqués pour corn battre les maladies des intestins par augmentation de leur volume , accompagnée d’une chaleur insolite de la substance même de l’intestin , en tant que cause contenante , — lésion qui emprunte sa matière de la stase des humeurs et sa forme de leur état de corruption ; — ces agents thérapeutiques , dis-je , se choisissent parmi ceux qui sont capables de résoudre , de dissiper et de mettre à l’abri de la corruption ces sortes d’affections organiques. Or, comme ces substances ne peuvent pas être appliquées immédiatement sur la partie souffrante et affectée , comme aussi elles ne peuvent être employées que d’une manière indirecte et en très-petite quantité, il convient d’agir à l’intérieur au moyen des diaphoniques , afin qu’en surexcitant dans le corps des mouvements plus violents, cette partie en ressente aussi les effets et sorte de sa torpeur. On ne saurait nier pourtant que les topiques externes exercent une action réelle sur le mal , toutes les fois surtout que le malade peut nettement désigner, soit dans la région gastrique , soit dans les régions voisines , le siège principal de la souffrance ; dans ces cas , dis-je , leur indication est formelle.

Les remèdes internes seront plus particulièrement tirés de la classe des substances appelées diaphor étiques; et parmi celles-ci, celles que fournissent principalement les substan- - ces marines , entre autres , les yeux d’écrevisse , qui en absorbant toute acidité capable de surexciter les inflammations, — acidité provenant du vin, du vinaigre, etc., en tant que faisant partie de l’alimentation, — rendent le sérum plus fluide 'et par conséquent plus propre à la dilution des humeurs. Ce remède, d’ailleurs, en facilitant l’excrétion des urines , favorise la révulsion de la matière stagnante , en provoque la diminution et même la disparition totale. Quant aux sels alcalins fixes ou volatils , à cause de leur facile dégénérescence en matière salée ou sel acide , je ne crois pas

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devoir en recommander l’emploi dans aucune espèce d’inflammation intestinale , et cela parce qu’on n’a jamais retiré de l’emploi de ces substances , nommément de l 'esprit du sel ammoniacal, qu’une notable exacerbation de la chaleur et des douleurs. Je recommande ici d’une manière spéciale le camphre, comme agissant puissamment sur tous les genres d’inflammation , à moins qu’une idiosyncrasie du malade ne donne lieu à une contre-indication.

La myrrhe, et les remèdes dans lesquels elle entre en composition, s’opposent énergiquement à la corruption.

Pour ce qui est des topiques externes , les uns et les autres sont indifféremment prônés par les médecins ; quant à moi, je crois devoir conseiller, comme très-efficace dans ces affections , l’emploi de Y esprit de vin rectifié en lotions , à l’aide de compresses épaisses imbibées dans ce liquide préalablement chauffé.

On peut néanmoins varier les moyens selon la différence des organes lésés. C’est ainsi, par exemple, que si l’intestin colon est le siège du mal, on peut administrer des lavements émollients avec des blancs d’œuf battus et sans mélange d’aucun stimulant , pourvu néanmoins que l’abcès ne soit pas entièrement formé ; sans quoi, je recommande d’y mêler, — de faire dissoudre dans le lavement , — une certaine quantité de salpêtre ou d’ antimoine.

Le régime doit se composer d’une alimentation très-légère , et l’on évitera avec soin l’usage (les acides , des aromatiques et du vin. On entretiendra d’une manière normale la liberté du ventre , sans pourtant y provoquer de Y irritation. On s’abstiendra de toute boisson froide , et l’on se tiendra à l’abri de tout refroidissement.

N’administrez jamais les opiacés sans les mêler aux diaphoré tiques , même dans un cas d’extrême souffrance. Il vaudrait mieux , en pareil cas , combiner avec soin le cinnabre, et même de préférence les anodins , aux sels fixes

dont j’ai parlé ci-dessus. Si enfin l’on suppose que la gravité de l’inflammation provient d’une vive agitation , d’un profond ébranlement de l’abdomen, la saignée des parties supérieures, la phlébotomie du bras , par exemple , produira un effet révulsif des plus avantageux.

Les tumeurs froides et indolentes qui peuvent atteindre les viscères abdominaux présentent un diagnostic des plus embarrassants ; ce qui rend aussi leur curation hérissée de difficultés. On peut, cependant, d’après les suppositions qu’on établit à cet égard, employer les catarrhaux, les diaphoniques ou les diurétiques. Mon appréciation sera la même relativement au squirrhe , dont le ramollissement peut s’obtenir , soit par l’application de certains topiques externes, soit par l’usage interne de substances capables de lubrifier, (X humecter et de donner de la souplesse aux parties affectées, en ayant bien le soin cependant d’éviter de provoquer la plus légère irritation et le moindre refroidissement des intestins.

Je crois donc devoir recommander , en ces circonstances, l’usage des essences de succin et de myrrhe , de X antimoine diaphonique, des yeux d’écrevisse, dans le but de provoquer une douce transpiration. On pourra de même employer sans danger les calmants ou les laxatifs en infusion , tels , par exemple , qu’une légère infusion de séné , une alimentation composée de substances tendres, humides et gélatineuses , des bouillons ou des boissons mucilagineuses , miellées, etc.

Lorsque l’on aura à traiter des tumeurs herniaires étranglées placées en dehors de l’abdomen, on appliquera sur la partie une douce chaleur humide avec l’eau simple , ou bien avec de légères décoctions, dans du vin ou dans du lait, de fleurs de camomille , de fleurs de mauve, de graines de lin, de son, etc. , employées comme simples excitants.

J’arrive maintenant aux lésions de continuité , et je répéterai à cette occasion qu’il faut en apprécier avec le plus grand soin le mode de diagnostic , afin de s’assurer s’il s’ap-

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puie sur des données plus ou moins certaines ou douteuses, et je répéterai aussi ce que j’ai déjà dit du pronostic de cette maladie. C’est que si la lésion est occasionnée par des vers, ou du moins si on en soupçonne la présence , on peut les combattre avec avantage au moyen des amers; je renvoie le lecteur , pour la longue énumération de ces substances", à la page 498 du traité de Valescus de Tarente , intitulé Philonium pharmaceut. Je recommande particulièrement parmi ces remèdes les préparations de myrrhe et d ’aloès, dont on doit faire un usage continuel pendant un certain temps ; les graines à’ absinthe regardées comme un puissant spécifique : suivant quelques auteurs , ce sont les petites corolles de la fleur de cette plante qu’il faut administrer et qui possèdent cette vertu spécifique.

Le mercure ou argent-vif a une vertu réelle contre l’affection vermineuse , soit en décoction dans l’eau (cette préparation, bien coulée et passée, agit d’une manière très-lente), soit mêlé en poids égal avec du sucre en poudre : ce mélange est donné à la dose d’un à deux grains; soit, enfin, sous le nom de mercure doux, en ayant le soin de bien faire cette préparation selon toutes les règles de l’art. Une fois ainsi traités , et pour ainsi dire exterminés , les vers doivent être regardés comme toutes les substances étrangères au corps et traités en conséquence.

Dans les cas de lésion des intestins par suite de la mauvaise qualité des substance? avalées et détenues dans ces organes , on met en usage l’ingestion d’une plus grande quantité d’aliments faciles à digérer, capable de provoquer la distension du conduit intestinal ; je conseille aussi les substances grasses et lubrifiantes, comme moyen préservatif de lésions ultérieures. Mais lorsqu’il y a une manifestation effective d’une lésion organique , il faut peser avec le plus grand soin toutes les circonstances qui peuvent fournir une lueur d’espoir de salut ; dans ces cas terribles ,

Ton doit provoquer du mieux possible la distension des intestins par en bas , et cela au moyen de lavements adoucissants et lactés, ainsi qu’à l’aide d’injections avec l’huile de millepertuis et de lis blanc. On administrera par les voies supérieures les médicaments qui conviennent aux ' hémorrhagies et à l’inflammation , parmi lesquels je crois spécialement conseiller l’usage de Yhuile de lin , facile à se procurer, et s’efforcer d’obtenir, par tous les moyens possibles , la sortie ou l’expulsion de la cause matérielle de la lésion intestinale : c’est donc dans ce but que l’on emploiera les traumatiques , dont je ferai bientôt ci-après l’énumération.

Pour ce qui concerne les plaies ou blessures des intestins , si on veut bien se donner la peine d’examiner les circonstances du pronostic dans l’ordre que je les ai exposées ci-dessus , on sera forcé de prêter son attention aux indications fournies par la blessure , en tant que telle ; indications qui consistent , au point de vue de la curation , dans la consolidation des parties lésées , et , au point de vue prophylactique ou préservatif, dans la prévision des symptômes concomitants et des maladies qui peuvent compliquer l’état morbide lui-même. Or, ces dernières consistant principalement dans les hémorrhagies et dans les inflammations, il faut s’efforcer d’en prévenir les ravages, savoir : pour ce qui est des inflammations, à l’aide des moyens que j’ai indiqués naguère ci-dessus , à propos de l’inflammation survenue dans les intestins dans les cas d’ébranlement abdominal 1 ; quant aux hémorrhagies, on les combattra avec avantage au moyen de substances astringentes , terreuses ou absorbantes ,- c’est-à-dire avec des préparations faites avec X esprit de sel, avec la teinture styptique de soufre vitriolé , les fleurs d'hématite, la terre sigillée, le bol d'Arménie, le safran de mars astringent, X essence vitriolée de mars (de couleur jaune) associée avec le sel ammoniaque . Dans les

1 Vid. p. 97.

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cas d’hémorrhagies plus graves , on aura recours de préférence à la saignée du bras ; dans les cas , au contraire , d’hémorrhagies légères , on administrera un mélange liquide de myrrhe et de mastic : on trouvera un exemple de l’emploi de cette dernière substance dans Rolfinck'. D’après ce qu’en dit Strobelberg dans sa Masticologie , cette préparation se fait avec un mélange d’électuaire de mastic , 1 partie, et huile d’olive récente , 5 parties ; le tout chauffé jusqu’à parfaite dissolution du mastic. On peut du moins substituer avec avantage l’huile de lin à l’huile d’olive ; je dois avertir cependant que l’opération doit se faire dans un vase clos.

Mais, s’il arrive que la plaie s’étende au loin et soit béante au-dehors de l’abdomen , de telle sorte que la partie lésée des intestins ressorte, dès-lors le pronostic sera moins fâcheux v et il suffira de bien apprécier les indications fournies par la blessure même ; car il ne s’agira simplement alors que de ménager le rapprochement des lèvres de la plaie et d’en provoquer la réunion. Pour obtenir ce rapprochement des parties lésées , il ne faut pas négliger ou craindre d’en pratiquer la suture, si besoin il y a, pour faciliter la réunion de ces mêmes parties ; on y parviendra surtout en oignant les surfaces avec le baume térébenthine de soufre, mêlé avec quantité convenable à’ essence de myrrhe.

On trouve dans les auteurs de nombreux cas de guérison extraordinaire de pareilles lésions, à l’aide de semblables moyens. Je puis , entre autres , citer un exemple rapporté par Blegnya ; l’auteur y raconte qu’ayant eu l’occasion de

1 Melfi. comm., 1. IX, sect. I., c. 1., pag. 739. — Rolfinck (Guerner ou Werner ) , de Hambourg , l’un des plus illustres professeurs de l’université d’Iéna, profond philosophe, bon chimiste, habile anatomiste et célèbre praticien ; il a produit un très-grand nombre d’ouvragps , parmi lesquels je citerai son commentaire sur le 1er liv. des Aph. d'Hippocrate, ses dissertations sur l 'épilepsie, la manie, Vhydropisie , etc. etc., et son Melhodus cogn. et curandi, où se trouve le cas de l’administration des moyens rapportés par Stahl ; Iéna , 1G47-1652, etc.

2 Zodiaque français , Ire année, janvier, 5e obs.

soigner un sujet sur lequel l’intestin jéjunum , blessé dans la longueur d’un travers de doigt , était pendant en dehors des parois abdominales , il parvint à le guérir en saupoudrant simplement la partie lésée avec de la térébenthine cuite en poudre , et en remettant le tout dans sa position normale. Beccher, dans son petit traité allemand, intitulé: Kluge chorheit und naerrische Weissheit, signale un cas où les intestins déchirés dans la longueur d’un palme , étant sortis du ventre , furent cousus et replacés en leur état primitif avec le plus grand succès. Je dois faire observer cependant qu’en pareil cas on doit beaucoup moins attribuer le succès de l’opération à la vertu spécifique si puissante du sel indiqué ci-dessus , qu’à la bénignité même de la blessure de l’intestin et à la réunion par suture , en tenant compte d’ailleurs de la jeunesse du sujet. On pourra voir encore des exemples de pareils faits dans J. Schenck où il cite de nombreux cas de guérison de malades chez lesquels , par suite de blessures graves et d’abcès profonds , on avait impunément enlevé des portions d’intestins grêles , sans que la mort s’ensuivît. On peut voir des cas de guérison de blessures intestinales dans Amb. Paré1 2, ainsi que dans les scholies que l’excellent Volkamer a ajoutées à la 20e obs., 2e décurie, lre année des Actes des curieux de la nature.

Quant aux ulcères , blessures et autres altérations semblables, dans la solidité de l’intestin rectum et du colon descendant , je ne ferai que répéter ici ce que j’en ai déjà dit plus haut ; c’est-à-dire que l’on pourra avantageusement les traiter au moyen de clystères , dans lesquels on fera entrer les herbes traumatiques ou les vulnéraires , l’huile de millepertuis , la térébenthine , préalablement dissoute

1 Obs. medic., 1. III, p. 421. — J. Schenck, auteur d’un recueil fort estimé d’observations de médecine, exerça la médecine avec succès à Strasbourg d’abord, et puis à Fribourg, où il mourut en 1598.

2 Liv. IX, c. 33.

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dans un jaune d’œuf. Je dois seulement ajouter ici qu’il faut bien prendre garde , dans les ulcérations et les excoriations du rectum (s’il ne s’agit simplement que de la consolidation ou cicatrisation des parties) , d’empêcber par tous les moyens possibles la coalition ou l’adhérence vicieuse des parois de l’intestin ; on y parviendra aisément au moyen de vulnéraires siccatifs , préparés avec l’extrait de saturne , sous toutes les formes, soit à l’aide d’eaux et de décoctions propres à produire cet effet.

ARTICLE Jl.

Traitement des lésions de conformation respective ou de site des intestins.

Toute lésion de site des intestins ne demande pour sa guérison que le replacement des parties dans leur position normale.

Je n’ai point à parler ici du traitement curatif ou préservatif , ni des méthodes et procédés à l’aide desquels on a coutume de traiter ce genre de lésions , soit au moyen de la résection du sac formé par la chute de l’intestin , soit par l’application d’un bandage approprié pour obstruer le passage.

Mais je dirai que s’il arrive parfois que l’intestin , gonflé par le refroidissement, par Xattrition ou par un ébranlement quelconque , soit fortement retenu , comme cela se passe dans les hernies scrotales, et que dans cet état sa masse ne puisse plus repasser par la petite ouverture qui lui a livré passage , il faudra avoir recours à l’application immédiate , loco dolenti , des topiques que j’ai indiqués ci-dessus comme propres à dissiper cette sorte d’engouement. Parce moyen, en effet , on aura la satisfaction d’obtenir le replacement de l’anse intestinale ; résultat auquel on parvient du reste presque toujours sans avoir recours au taxis , et seulement en mettant dans un bain, et même simplement au lit , le patient qui en est le sujet.

La procidence ou chute de l’anus réclame aussi son rétablissement dans son site naturel , et le replacement de la partie relâchée en forme de cône. La première condition doit être remplie à l’aide du taxis , pratiqué par une main habile ; la deuxième indication sera pleinement satisfaite par l’emploi des substances astringentes , qui agissent de différente manière suivant la forme sous laquelle on les administre. Si on a recours, par exemple, aux fomentations , on n’a nullement besoin de pratiquer la réduction ; car alors la portion d’intestin qui constituait la chute de l’anus ( exanie ), rentre d’elle-même, surtout quand cette portion est courte. En pareil cas , il convient de faire usage d’une légère décoction de vin avec des fleurs de grenadier sauvage, ou avec l’écorce de h, grenade elle-même, ou avec la racine de ronce , ou bien enfin avec des roses rouges.

Si l’on veut employer des remèdes à l’état sec , il convient de se servir de céruse (carbonate de plomb) , de safran de mars ( carbonate de fer ) , ou de mastic en poudre dont on saupoudre la partie de l’intestin qui ressort On peut faire enfin des fumigations avec le mastic, le succin, Y asphalte, etc.

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