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DES AFFECTIONS CONGESTIVES EN PARTICULIER

§ I. Dans notre Pathologie spéciale , nous avons traité en son temps , de la condition essentielle et imminente des appareils hémorrhagiques , c’est-à-dire de la conges-

' En prolongeant , sans doute, ne serait-ce que pour quelques jours , pour quelques heures même , l’existence d’une créature appelée à d’autres destinées et qui doit veiller de près, à cette heure suprême , à des intérêts autrement importants que les intérêts matériels et transitoires de ce monde,

tion du sang vers les organes particulièrement aptes à une évacuation. A cette occasion, nous avons démontré que , moins les parties se prêtent à donner au sang un libre passage , plus la nature s’obstine dans ses efforts , pour parvenir à cette issue , et qu’il se fait autour des régions ainsi affectées un débordement tel de toute la masse sanguine que cette contention est la source réelle (pour ne pas parler de bien d’autres incommodités ) d’un épanchement profond, d’une stase complète et de toutes les altérations organiques qui peuvent en résulter.

§ IL Or (sans anticiper sur la question des afflux et des émissions particulières du sang) , il est néanmoins de toute évidence, aux yeux du bon sens , de la raison et de l’expérience , que , lorsque l’humeur sanguine se trouve trop longtemps arrêtée par un débordement autour d’une partie déterminée ou d’une région entière , ce retard , ce séjour et l’énergie de pression qui est en raison directe de la proportion des humeurs avec les voies , peuyent occasionner une séparation profonde des éléments dont se compose la masse entière du sang , déterminer leur infiltration insolite dans les tissus et provoquer par là autre chose que de simples affections congestives d’apparence sanguine. Voilà pourquoi , si d’un côté les effets ordinaires des congestions proprement dites, par suite de la contention , sont les inflammations elles-mêmes , (sans parler des douleurs) , on peut affirmer , d’un autre côté , que la séparation profonde d’une portion quelconque de la masse humorale engendre par sa portion la plus ténue, des maladies phlegmoneuses, érysipélateuses ou rhumatismales plus ou moins intenses et , par l’épanchement de ses éléments mucoso-séreux (dans la pure acception du mot) , des affections à type catarrhal et des altérations du système lymphatico-salivaire.

g III. Pai' une conséquence toute rationnelle, nous con-

tinuerons donc à suivre en cette matière l’ordre méthodique que nous nous sommes précédemment tracé. Ainsi , nous parlerons d’abord des affections qui dépendent d’un débordement de sang et du simple engorgement par distension ; nous dirons ensuite quelque chose des phénomènes que produisent les hémostases dont le principe réside dans ces congestions actuelles et ces engorgements; nous tâcherons enfin de donner quelques explications sur les diverses espèces de désorganisation qui en sont le triste résultat. En outre, ce sèra en suivant cet ordre spécial que nous développerons : 1“ les conséquences qui dépendent principalement de la quantité prédominante du sang ; T celles qui proviennent de sa substance lymphatico-séreuse ; 3“ enfin les circonstances morbides qui doivent leur origine aux détentions de cette matière exsangue qui tient à la fois de la nature de la lymphe , de la salive et du sérum.

§ IV. Mais , avant d’aborder ces questions , suivant leurs conditions spéciales , nous avons encore un mot à dire touchant l’état général de ces variétés morbides dont l’étude , digne de la plus haute considération , embrasse presqu’en entier le vrai fondement de leur pathologie : nous voulons parler de ces sortes d’affections dont le génie propre est de se manifester par bonds et par saccades , mais dont les assauts périodiques bien que apparaissant d’une manière toute fortuite, ne laissent pas cependant que d’avoir en enx-mêmes une certaine régularité.

§ V. C’est là une circonstance bien propre assurément à troubler ou à déconcerter les eonceptions hypothétiques , les bizarres théories et les vaines fictions des anciens sur les hémorrhagies et sur les états morbides qui ont avec elles quelque affinité. Parmi ces opinions, en effet, les unes attribuaient les phénomènes congestifs et

hémorrhagiques à une certaine acrimonie qui était supposé ronger la substance même des vaisseaux et ménager ainsi une issue au sang; les autres assignaient la cause de cette issue tantôt à la turgescence fermentative des humeurs, tantôt à leur coagulation ; celles-là enfin rapportent ces résultats à l’obstruction des voies, contrairement aux lois spéciales de l’hydraulique universelle , contrairement aussi aux conditions relatives de la structure et de l’usage des vaisseaux.

g VI. Mais ce n’est pas tout : dans ces derniers temps, des hommes se sont rencontrés qui, sortis à peine des bancs de l’école, très-ingrats envers leurs maîtres, d’autant plus acharnés contre la vérité qu’ils en méconnaissent le principe éternel , non seulement ne sont jamais dans le vrai (ce qui est le moindre de leurs soucis), mais , encore semblent se complaire dans les ténèbres de l’erreur et prendre à tâche de mettre la confusion partout , en faisant du désordre même leur propre élément.

Les phénomènes qui tombent tant de fois sous les sens et que le vulgaire n’ignore pas, sont inconnus, dans leur réalité positive, par ces utopistes systématisateurs ; ils ne comprennent pas comment (pendant ces sortes d’assauts, d’un genre tout particulier , revenant à des époques régulières et se traduisant tantôt par des éruptions , tantôt par des congestions) différentes parties du corps et même des régions entières de l’organisme, subissant des constrictions sensibles à cause de la présence de ces humeurs, sont dans la nécessité manifeste, tantôt de les pousser vers d’autres points, tantôt de leur livrer passage en leur ménageant une issue , tantôt enfin de les retenir et de leur servir de siège. Ils mettent, au contraire, autant que cela leur est possible , tous ces phénomènes divers sur le (iompte des obstructions , en s’appuyant sur cette hypothèse habituelle: que robstruction, phénomène pour eux

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purement mécanique , indique toujours un état passif et dépendant d’un vice naturel de la matière (soit dans les humeurs, soit dans les parties) : en d’autres termes, c’est vouloir considérer le fait général de la congestion hémorrhagique, comme provenant soit de la matière organique proprement dite, soit de ses vices corporels.

§ VII. Quant à nous, rendant hommage à l’auteur et l’ordonnateur de tout ce qu’il y a d’admirable et de vrai dans cette étonnante coordination, et après avoir fait un retour sur nous-même, nous affirmons avec toute l’assurance dont l’homme est capable, que le véritable caractère des congestions est totalement renfermé dans ces trois principes :

A. — Les congestions, quel que soit leur genre, sont, le plus ordinairement, les compagnes inséparables ou les conséquences infaillibles des affections caractérisées par des évacuations hémorrhagiques; parfois même, elles prennent leur place moins pour rivaliser avec ces dernières que pour les suppléer en quelque sorte.

B. — Les congestions suivent principalement, dans leurs attaques erratiques, les circonstances ou les phases diverses de la sensibité morale et corporelle ; le plus souvent, néanmoins, elles conservent, dans leur facilité à se produire aux moindres occasions, leurs types réguliers ou périodiques; et cela, soit par un effet d’habitude, soit par suite des rapports intimes qu’elles ont avec les mouvements hémorrhagiques, fixes aussi.

C. — Les congestions prennent de temps à autre le caractère hémorrhagique et adoptent souvent la même marche méthodique des évacuations sanguines; en ce sens surtout que, par de successives substitutions, tant au point de vue des mouvements qu’au point de vue des lieux, elles provoquent de véritables palindromies, tantôt en assiégeant d une maniéré directe, la région exposée

d’ailleurs aux éruptions, tantôt en se portant vers les régions opposées, tantôt enfin, en ne conspirant que de loin.

Ainsi , ce n’est pas seulement à l’intérieur, vers la tête, la poitrine, les hypochondres, les intestins, les reins et l’utérus, mais c’est encore à l’extérieur, vers la région cervicale, l’humérus, les épaules, la partie antérieure du thorax, le dos, les lombes, l’os sacrum , les hanches, le fémur, les genoux, les jambes et les pieds, que se forment, souvent avec les symptômes manifestes de l’hémorrhagie, les affections congestives. Ces résultats, du reste, sont d’autant plus certains , que les hémorrhagies habituelles ont été supprimées et qu’on a coupé court à toutes les instigations naturelles ou artificielles pour ces sortes d’évacuations : c’est précisément en de pareils cas que les efforts congestifs , inhérents aux diverses affections locales que nous venons d’énumérer, sont pour ainsi dire infaillibles.

Mais venons-en à l’étude déisillée des faits.

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