Sur ce personnage, jadis lié avec Ninon de Lenclos
DE SAINT-EYREMOND. 11
ne voulut prendre aucun emploi , ayant appris de son Babbi que, pour bien entendre le Vieux Testament , il y faut avoir une application entière; et même se réduire à ne manger que des herbes * , pour se dégager de toute vapeur grossière. Néanmoins, Taversion qu'il avoit pour les favoris ne lui permettant pas d'être inutile, dans ces occasions , il voulut prendre soin de la police, et régler toutes choses, selon les Mémoires du prince d'Orange; mais, comme il arrive toujours cent malheurs , il avoit oublié à Paris un manuscrit du comte Maurice^, dont il eût tiré de grandes lumières, pour l'artillerie et pour les vivres : ce qui fut cause, vraisemblablement, qu'il n'y eut ni munitions ni pain , dans cette armée-là.
Saint-Ibal demandoit l'honneur de faire entrer les ennemis. en France; et on lui répondit que MM. les généraux de Paris se le réservoient *. Il demanda un plein pouvoir de traiter
Toy. les Historiettes de Tallemant, VI, pag. 8 et 19 ; "VTI, pag. 47 et 128; et les Mém, de Retz, II, page 9i.
1 . Varicarville avoit alors, disoit-on , auprès de sa personne, un rabbin qui lui fascinoit Tesprit et ne lui laissoit manger que des herbes.
2. Le célèbre Maurice, comte de Nassau, prince d'Orange, mort en 1623, ayec la réputation d'un des plus grands capitaines de son temps.
3- Voyez, sur ce personnage, le tome I, page 58 ; les Mém. de Motteville, I, page 81 , et III, page 161 . P. Paris, sur TalJemant, II, page 06; les Mémoires du car^
avec les Polonois, les Tartares, les Moscovites, et rentière disposition des affaii^es chimériques : ce qui lui fut accordé.
Le comte de Fiesque*, fertile en visions militaires, outre la charge de lieutenant -général qu'il avoit eue dès Paris, obtint une commission particulière pour les enlèvements de quartier, et autres exploits brusques et soudains, dont la résolution se peut prendre en chantant un air de la Barre *, et dansant un pas de ballet.
Le marquis de Beuvron fut fait lieutenantgénéral, à condition qu'ildemeureroit au Vieuxpalais : la place et le gouvernement étant tous deux de si grande importance, qu'on ne pouvoit les conserver avec trop de soin.
Le marquis de Matignon*, toujours illustre par sa suffisance, et présentement fameux par le mémorable siège de Valogne, commandoit les troupes du Cotentin : disant qu'il vouloit avoir sa petite armée , et être aussi iudé-
dinal de Retz, sur l'année 1649, t. I, de Téd. de M. GhaïupoUîon ; M. Cousin, la Soc. franc» ^ etc. I,p. -41 .
1 . Charles Léon, comte de Fiesque, époux'de Gilonne d'Harcourl, comtesse de l*'iesque, dont il est tant question dans les Mémoires de Mademoiselle de Montpensicr, Voy. les Historiettes de TBWemdoaiy pasûm,