Voy. son historiette, dans Tallemant, YI, page
i. On nommoit ainsi sa femme. Sur Tun et sur L'autre, voyez Tallemant, IV, 380, 383, et VII, 40, 47.
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le personnage neutre : il lut les mémoires de César, pour fortifier son esprit, qui n'étoit pas encore bien résolu. Quand il vint au passage du Rubicon, il s'arrêta tout court, comme avoit fait ce grand capitaine ; et, après avoir un peu rêvé, il s'écria comme lui : Le Rubicon est passé : à tout perdre^ il ny a quun coup périlleux. Il sort là-dessus, avec une émotion extrême, sans regarder Boncœur^ sans regarder le petit Henry "^ : sachant bien que la vue des femmes et des enfants peut amollir les plus fiers courages. Sans rien dire à pas un de ses amis, il va trouver le duc de Longueville et lui tenir ce discours : J'ai toujours été votre serviteur, mais non pa^ avec un attachement si particulier, que cela m'obligeât de vous seri^ir, en cette rencontre, ^aujourd'hui, je veux entrer dans vos intérêts, et viens assurer Votre Altesse que je me donne entièrement a elle,
La joie de ce duc fut gi^ande , et de celles qui, ne pouvant être renfermées dans le cœur, font d'ordinaire quelque impression sur le visage; mais elle fut modérée, lorsque Barberousse se fut expliqué de celte sorte : La déclaration que je fais nest pas si générale que je ny mette encore une condition. Je prétends demeurer ici, quand vous irez à la guerre : ce
i . Fils de Franquetot.
qu'on ne doit point attribuer à faute de cou^ rage^ mais a une malheureuse rétention d! urine qui m! empêche de monter a cheval. Ce n est pas que je veuille être inutile dans le parti : je négocierai avec madame de Matignon , pour laquelle] ai toujours conservé quelque espèce de galanterie; et^ de plus^ comme vous navez ici personne qui sache faire de relations^ je prendrai le soin de publier vos exploits. Ces dernières paroles remirent entièrement Tesprit du prince; car, à dire vrai, la nécessité du gazetier étoit grande, et il fut bien aise d'en trouver un, si entendu dans la narration.
Fontrailles* arriva tout à propos pour voir la grande occasion de la Bouille*. Durant son séjour en Normandie, le duc de Longueville lui communiqua toutes choses, aussi bien qu'à Varicarvilleet au comte de Fîesque; maisFontraillesne pouvoit goûter cette confiance, ayant peur de s'engager trop avant dans les intérêts du prince, et de devenir le confident d'une se-
i. Voyez Talleinant, II, pages é7, 407 à 108, et les Mémoires de Betz, t. I et II.
2. La Bouille est un bourg, à trois lieues deBouen. Saint-Evremond donne ici plaisamment le nom d^occasion à la retraite précipitée du duc de Longueville, lequel, apprenant en ce lieu, et de Saint-Evremond luimême, qu'il y rencontra, l'arrivée prochaine du comte d'Harcourt, commandant des troupes du roi, se retira au plus vite, sur Rouen, sans attendre l'armée royale.
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coude entreprise sur Pon toise*. Une si juste appréhension Tobligea de quitter et d'emmener avec lui le comte de Fiesque, auquel il représenta qu'au point qu'ils gouvernoient leur général, on leur imputeroit tous les désordres qui arriveroient , s'ils portoient les choses à l'extrémité.
Le duc de Retz^ dont on avoit attendu de si gi*ands secours, vint accompagné seulement du page qui portoit ses armes et de ses deux fidèles * écuy ers * . Quelques-uns trouvèrent à dire de le voir arriver sans troupes; mais ils furent bientôt satisfaits, quand il leur montra une longue liste des barons qui demandoient de l'emploi. Il ne tint qu'à deux cent mille écus qu'il ne mît les Bretons en campagne; et, manque de ce peu d'argent, le crédit d'un si grand seigneur ne sénat de rien. Il est vrai qu'il promit de payer de sa personne, et de servir de Duc et Pair, dans l'armée de Rouen , avec la même assiduité qu'il avoit fait, dans celle de Flandre. Il assura de plus que Montplaisir* viendroit bientôt, et donna même quel-