‹ Œuvres mêlées de Saint-EvremondChapitre 7 sur 107 · Voyez Tallemant, IV, pages 240, 242, et VII, page · texte numérisé non relu

Voyez Tallemant, IV, pages 240, 242, et VII, page

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que espérance du Tapinois*. Au reste, Belle-

Isle étoit en fort bon état ; il y avoit garnison dans Machecoul , et Ton faisoit bonne garde à Montmirel. Sa façon de vivre avec les officiers (ut tout à fait obligeante, et quiconque étoit assez heureux pour avoir un bufle ou une hongreline de velours noir, pou voit s'assurer de son amitié.

Vous voyez les différents emplois des plus considérables personnes du parti. Si quelqu'un s'étonne que je ne dise rien de leurs aetions , c'est que je suis exactement véritable; et comme je n ai vu autre chose, je n*ai rien dit davantage. Cependant, je me tien^ heureux d'avoir acquis la haine de ces mouvements-là, plus par observation que par ma propre expérience. C'est un métier pour les sots, et pour les malheureux, dont les honnêtes gens, et ceux qui se trouvent bien, ne se doivent point mêler.

Les dupes viennent là tous les jours en foule : les proscrits, les misérables s'y rendent des deux bouts du monde ; jamais tant d'entretiens de générosité, sans honneur; jamais tant de

1. Le chevalier d'Aubeterre étant à l'armée, se déroboit quelquefois de table, ou d'ailleurs, pour aller essuyer quelques coups de mousquet à la tranchée ; et ses amis, qui s'attendoient à toute autre chose, etoient surpris de le voii* revenir blessé. De là le nom de Tapinois. [Des Maizeaux.) Voyez Tallemant et le cardinal de Retz.

beaux discours, et si peu de bon sens; jamais tant de desseins sans actions, tant d'entreprises sans effets : toutes imaginations, toutes chimères; rieri'dô^éritable, rien d'essentiel, que la nécessiterai la misère. De là \ient que les particuliers se plaignent des grands qui les trompent, et les grands des particuliers qui les abandonnent. Les sots se désabusent par l'expérience, et se retirent ; les malheureux, qui ne voient aucun changement dans leur condition, vont chercher ailleurs quelque autre méchante aOaire : aussi inécontenls du clief de parti, que des iavoris.

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