‹ Œuvres mêlées de Saint-EvremondChapitre 84 sur 107 · ViRG. jEneid.,, Ub. III, v. 647-648 et · texte numérisé non relu

ViRG. jEneid.,, Ub. III, v. 647-648 et

DE SAINT-EVBEMOND. 425

une grandeur démesurée , où îl n'y avoit ni politesse , ni ornement. J'ai remarqué que le mot de Vaste a quatre ou cinq significations, dans Cicéron, toutes en mauvaise part : Vasta solitudo^ Vastvs et agrestis^^ Vasta et immanis bellua *, Vastau et hiantem orationeni ' . La signification la plus ordinaire de P^ASTUs, c'est trop spacieux^ trop étendu^ trop grandy démesuré.

On me dira peut-être que vaste ne signifie pas, en français, ce que P^astvs ^ul signifier en latin, dans tous les sens qu'on lui a donnés. Je l'avoue. Mais pourquoi ne conservera-t-il pas sa signification la plus naturelle , comme

DOULEUR , VOLUPTÉ , L IBERTE , FAVEUR , HON- NEUR, AFFLICTION, CONSOLATION, ct mille mots de cette nature- là, conservent la leur? Encore y a-t-il une raison pour vaste, qui ne se trouve point pour les autres ; c'est qu'il n'y a jamais eu de terme français qui exprimât véritablement ce» que le Kastvs des Latins savoit exprimer ; et nous ne l'avons pas rendu françois, pour augmenter un nombre de mots qui signifient la même chose ; c'est pour donner à notre langue ce qui lui manquoit, ce qui la rendoit défectueuse.

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