‹ Œuvres mêlées de Saint-EvremondChapitre 96 sur 107 · A MADAME LA DUGHÏSSE MAZARIN · texte numérisé non relu

A MADAME LA DUGHÏSSE MAZARIN

ONSIEUR de' Saint-Evremond entrant un jour dans la chambre de Madame t Mazarin , la Çrouva à genoux aux pieds de M. Mîlon, son aumônier, qui étoit assis devant elle. Il ne pouvoit d'abord s'expliquer cette situation; mais quand il fut plus rapproché, il vit que Madame Mazarin avoit fait asseoir son aumônier, pour lui percer les oreilles, et qu'elle lui avoit déjà coupé le bout d'une d'elles; sur quoi M. de Saint-Evremond fit les vers suivants :

Je pensoîs vous voir à confesse, En vous voyant à ses genoux; Et crus que vous faisiez au bon Dieu la promesse De ne me voler plus chez vous*.

J'admirois, comme une merveille.

Le repentir de votre cœur; Et disois, en secret : Seigneur y Seigneur^ ta grâce est sans pareille I Quand je vous vis couper Foreille

1 . La duchesse IMUizarin gagnoit souTent Saint-ËTreoiond au jeu, d'une manière peu régulière.

DE SAINT-EVREMONb. 545

A votre pauvre confesseur.

Les lois pouvoient bien le proscrire * : De tous les aumôniers c'est ici le destin ; Mais on veut le laisser pour un plus grand martyre,

Chez madame de Mazarin.

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