‹ Œuvres meslées. Avec éclaircissements et notice bibliographiqueChapitre 49 sur 66 · ET BERGERIE · texte numérisé non relu

ET BERGERIE

Par P. de Ronfard Gentilhomme Vandomois,

1^4 la Maiejlé de la Roy ne d? Angleterre.

A PARIS

Chez Gabriel Buon, au clos Bruneau, àienfeigne S. Claude.

t^iuec prlttilege du Roy.

Les vers de l'EIegie au premier furent faits Pour y chanter des morts les gestes et les faicts, Joincts au son du cornet : maintenant on compose Divers sujets en elle, et reçoit toute chose.

Amour pour y régner en a chassé la Mort. Les vieux Grammairiens entre eux sont en discord Qui premier l'inventa : mais leur cause plaidée Pend au croq sous le juge, et n'est encor' vuydée.

Encores au Lecteur.

Soit courte l'Elégie en trente vers comprise, Ou en quarante au plus. Le fin Lecteur mesprise Ces discours, ces narrez aussi grands que la Mer. Il faut de maint rampart ta langue renfermer, Qui veut tousjours causer, tousjours parler et dire. Et reserrer ta main qui bouillonne d'escrire.

Il faut du premier vers conter sa passion, Et la suivre tousjours, si quelque fiction Rare ne survenoit pour orner ton ouvrage.

En deux lignes achevé, et non en d'avantage : Ton sujet soit pressé sans trancher l'autre vers Autant que tu pourras sans courir de travers : Sois tousjours simple et un, et que ta fin pregnante Tire sur l'Epigramme un peu douce et poignante.

Si j'eusse composé la meilleure partie de ces Elégies à ma volonté, et non par exprès commandement des Rois et des Princes, j'eusse esté curieux de la briefveté : mais il a fallu satisfaire au désir de ceux qui avoient puissance sur moy, lesquels ne trouvent jamais rien de bon, ny de bien fait, s'il n'est de large estendue, et comme on dit en proverbe, aussi grand que la Mer.

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