SYSTÎMÉ DU MONDE
reproduite de nouveau par l'action simultane'e d'une infinité de causes particulières, dont l'ensemble constitue pre'cisément la causalité universelle, l'unité composée, toujours reproduite par l'ensemble indéfini des transformations incessantes de toutes les choses qui existent, et, en même temps, créatrice de toutes ces choses; chaque point agissant sur le tout (voilà l'univers produit), et le tout agissant sur chaque point (voilà l'univers producteur ou créateur). »
L'ayant ainsi expliquée, 1 107 je puis dire maintenant, sans crainte de donner lieu à aucun malentendu, que la Causalité universelle, la Xatiire, crée les mondes. C'est elle qui a détermine la configuration mécanique, physique, chimique, géologique et géographique de notre terre, et qui, après avoir couvert sa surface de toutes les splendeurs de la vie végétale et animale, continue de créer encore, dans le monde humain, la société avec tous ses développements passés, présents et à venir.
Quand l'homme commence à observer avec une attention persévérante et suivie cette partie de la nature qui l'entoure et qu'il retrouve en lui-même, il finit par s'apercevoir que toutes les choses sont gouvernées par des lois qui leur sont inhérentes et qui constituent proprement leur nature particulière ; que chaque chose a un mode de transformation et d'action particulier; que dans cette transformation et cette action il y a une succession de phénomènes et de faits qui se répètent constamment, dans les
mêmes circonstances donne'es, et qui, sous l'influence de circonstances détermine'es, nouvelles, se modifient d'une manière également régulière et déterminée. Cette reproduction constante des mêmes faits par les mômes procédés constitue proprement la législation de la nalure : l'ordre dans l'infinie diversité des phénomènes et des faits.
La somme de toutes les lois, connues et inconnues, qui agissent dans l'univers, en constitue la loi unique et suprême. Ces lois se divisent et se subdivisent en lois générales et en lois particulières et spéciales. Les lois mathématiques, mécaniques, physiques et chimiques, par exemple, sont des lois générales, qui se manifestent en tout ce qui est, dans toutes les choses qui ont une réelle existence, des lois qui, en un mot, sont inhérentes à la matière, c'est-à-dire à VEtre réellement et uniquement universel^ le vrai substratum de toutes les choses existantes. Je m.e dépêche d'ajouter que la matière n'existe jamais et nulle part comme substratum^ \ los que personne n'a pu la percevoir sous cette forme unitaire et abstraite; qu'elle n'existe et ne peut exister toujours et partout que sous une forme beaucoup plus concrète, comme matière plus ou moins diversifiée et déterminée.
Les lois de Téquilibre, de la combinaison et de l'action mutuelle des forces ou du mouvement mécanique ; les lois de la pesanteur, de la chaleur, de la vibration des corps, de la lumière, de l'électricité, aussi bien que celles delà ccjmposition et de la décomposition chimique des corps, sont absolument