‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 42 sur 75 · L HOMME : INTELLIGENCE, VOLONTE · texte numérisé non relu

L HOMME : INTELLIGENCE, VOLONTE

développent à leur manière l'intelligence, c'est-àdire la compréhension ou la connaissance des choses, et la volonté, c'est-à-dire cette faculté, cette force intérieure qui nous permet de contenir nos mouvements instinctifs; elles punissent même avec une tendresse paternelle la désobéissance de leurs petits. Donc il y a chez les animaux mêmes un commencement de responsabilité morale.

La volonté, aussi bien que l'intelligence, n'est donc pas une étincelle mystique, immortelle et divine, tombée miraculeusement du ciel sur la terre, pour animer des morceaux de chair, des cadavres. C'est le produit de la chair organisée et vivante, le produit de l'organisme anima'. Le plus parfait organisme est celui de l'homme, et par conséquent c'est dans l'homme que se trouvent l'intelligence et la volonté relativement les plus parfaites, et surtout les plus capables de perfectionnement, de progrès.

La volonté, de même que l'intelligence, est une faculté nerveuse de l'organisme animal, et a pour organe spécial principalement le cerveau; de même que la force | 130 physique ou proprement animale est une faculté musculaire de ce même organisme, et, quoique répandue dans tout le corps, a pour organes principalement actifs les pieds et les bras. Le fonctionnement nerveux qui constitue proprement l'intelligence et la volonté et qui est matériellement différent, tant par son organisation spéciale que par son objet, du fonctionnement musculaire de l'organisme animal, est pourtant tout aussi maté-

riel que ce dernier. Force musculaire ou physique, et force nerveuse, ou force de l'intelligence et force de la volonté, ont ceci de commun, que, premièrement^ chacune d'elles dépend avant tout de l'organisation de l'animal, organisation qu'il apporte en naissant et qui est par conséquent le produit d'une foule de circonstances et de causes qui ne lui sont pas même seulement extérieures, mais antérieures ; et que, deuxièmement, toutes sont capables d'être développées par la gymnastique ou par l'éducation, ce qui nous les présente encore une fois comme des produits d'influences et d'actions extérieures.

Il est clair que n'étant, tant sous le rapport de leur nature que sous celui de leur intensité, rien que des produits de causes tout à fait indépendantes d'elles, toutes ces forces n'ont elles-mêmes qu'une indépendance tout à fait relative, au milieu de cette causalité universelle qui constitue et embrasse les mondes. Qu'est-ce que la force musculaire? C'est une puissance matérielle d'une intensité quelconque, formée dans l'animal par un concours d'influences ou de causes antérieures, et qui lui permet dans un moment donné d'opposer à la pression des forces extérieures une résistance, non absolue, mais relative quelconque.

Il en est absolument de même de cette force morale que nous appelons la force de la volonté. Toutes les espèces d'animaux en sont douées à des degrés différents, et cette différence est déterminée tout d'abord par la nature particulière de leur organisme. Parmi

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