‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 48 sur 75 · l'homme : INTELLIGENCE, VOLONTÉ · texte numérisé non relu

l'homme : INTELLIGENCE, VOLONTÉ

plus grands criminels, des hommes malfaisants au plus haut degré, sont doués quelquefois de la plus grande puissance de volonté; et, d'un autre côté, nous voyons assez souvent, hélas! des hommes excellents, bons, justes, pleins de sentiments bienveillants, être privés de cette | uo faculté. Ce qui prouve que la faculté de vouloir est une puissance toute formelle qui n'implique par elle-même ni le bien, ni le mal. — Qu'est-ce que le Bien ? et qu'est-ce que le Mal?

Au point où nous en sommes arrivés, en continuant à considérer l'homme, en dehors de la société, comme un animal tout aussi naturel, mais plus parfaitement organisé que les animaux des autres espèces, et capable de les dominer grâce à l'incontestable supériorité de son intelligence et de sa volonté, la définition la plus générale et en même temps la plus répandue du Bien et du Mal me paraît être celle-ci :

Tout ce qui est conforme aux besoins de l'homme et aux conditions de son développement et de sa pleine existence, pour l'homme^ — mais pour l'homme seul, non sans doute pour l'animal qu'il dévore (*), — c^est le Bien. Tout ce qui leur est contraire, c'est le Mal.

(*) Nous verrons plus tard, et nous savons déjà maintenant, que celte définition du bien et du mal est considérée encore aujourd'hui comme la seule réelle, comme la seule sérieuse et valable, par toutes les classes privilégiées, vis-à-vis du prolétariat qu'elles exploitent. (I^ote de Bjkounine.)

Etant prouvé que la volontc animale, y compris celle de l'homme, est une puissance toute formelle, capable, comme nous le verrons plus tard, par la connaissance que l'homme acquiert des lois de la nature, et seulement en s'y soumettant strictement dans ses actes, de modifier, jusqu'à un certain point, tant les rapports de l'homme avec les choses qui l'entourent, que ceux de ces choses entre elles, mais non de les produire, ni de cre'er le fond même de la vie animale; e'tant prouvé que la puissance tout à fait relative de cette volonté, une | i4i fois qu'on la met en présence de la seule puissance absolue qui existe, celle de la causalité universelle, apparaît aussitôt comme l'absolue impuissance, ou comme une cause relative d'effets relatifs nouveaux, déterminée et produite par cette même causalité ; il est évident que ce n'est pas en elle, que ce n'est pas dans la volonté animale, mais dans cette solidarité universelle et fatale des choses et des êtres, que nous devons chercher le moteur puissant qui crée le monde animal et humain.

Ce moteur, nous ne l'appelons ni intelligence ni volonté ; parce que réellement il n'a et ne peu t avoir aucune conscience de lui-même, ni aucune déter mination, ni résolution propre, n'étant pas même un être indivisible, substantiel et unique, comme se le représentent les métaphysiciens, mais un p roduit lui-même, et, comme je l'ai dit, la Résultante éternellement reproduite de toutes les transformations des êtres et des choses dans l'Univers. En un m ot,

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