‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 50 sur 75 · l'homme : INTELLIGENCE, VOLONTÉ · texte numérisé non relu

l'homme : INTELLIGENCE, VOLONTÉ

Dans le monde proprement animal, le même moteur universel reproduit cette loi ge'ne'rique de la nutrition, qui est propre à tout ce qui est organisé

sensations, les diverses locomotions et l'innervation, soit enfin à le mieux préserver des influences défavorables. Les animaux les plus élevés, et surtout l'homme, sont les seuls où cette relation générale puisse en quelque sorte paraître totalement intervertie, et chez lesquels la vie végétale doive sembler, au contraire, essentiellement destinée à entretenir la vie animale, devenue en apparence le but principal et le caractère prépondérant de l'existence organique. Mais, dans l'homme lui-même, cette admirable inversion de l'ordre général du monde vivant ne commence à devenir compréhensible qu'à l'aide d'un développement très notable de l'intelligence et de la sociabilité, qui tend de plus en plus à transformer artificiellement — (et dans la théorie d'Auguste Comte très aristocratiquement, dnns ce sens qu'un petit nombre d'intelligences privilégiées, naturellement entretenues et nourries par le travail musculaire des masses, doit gouverner, selon lui, le reste de l'humanité) — l'espèce en un seul individu, immense et éternel, doué d'une action constamment progressive sur la nature extérieure. C'est uniquement sous ce point de vue qu'on peut considérer avec justesse celte subordination vo'ontaire et systématique àt la vie végétale à la vie animale comme le type idéal vers lequel tend sans cesse l'humanité civilisée, quoiqu'il ne doive jamais être entièrement réalisé... La base et le germe des propriétés essentielles de l'humanité doivent incontestablement être empruntées à la science biologique par la science sociale »... « .Même à l'égard de l'homme, la biologie, nécessairement limitée à l'étude exclusive de l'individu, doit maintenir rigoureusement la notion primordiale de la vie animale subordonnée a la vie végttale, comme toi générale du règne organique, et dont la seule exception apparente forme l'objet spécial d'une tout autre science fondamentale (la sociologie). 11 faut cntin ajouter, à ce sujet, que même dans les organismes supérieurs, la vie 0' gani^ue, outre qu'elle en constitue à la fois la base et le but, teste encore la seule entièrement commune à tous les divers tissus dont ils sont composés, en même temps qu'elle est aussi la seule qui s'exe ce d'une manière nécessairement commue, la vie animale ctant, au contraire, essentiellement intermittente. » Auguste Comte, Cours de Philosophie positive, t. III, pages 207- 209. (A'ofe de Bakounine.)

sur cette terre, sous une forme particulière et nouvelle, en la combinant avec deux propriétés qui distinguent tous les animaux de toutes les plantes : celles de la sensibilité et de V irritabilité, \ va faculte's évidemment matérielles, mais dont les facultés soi-disant idéales, celle du sentiment appelé murai pour le distinguer de la sensation physique, aussi bien que celles de l'intelligence et de la volonté, ne sont évidemment que la plus haute expression ou la dernière transformation. Ces deux propriétés, la sensibilité et l'irritabilité, ne se rencontrent que chez les animaux; on ne les retrouve pas dans les plantes : combinées avec la loi de la nutrition, qui est commune aux uns et aux autres, étant la loi fondamentale de tout |i44 organisme vivant, elles constituent par cette combinaison la loi particulière générique de tout le monde animal. Pour éclaircir ce sujet, je citerai encore quelques mots d'Auguste Comte :

« Il ne faut jamais perdre de vue la double liaison intime de la vie animale avec la vie organique [végétale), qui lui fournit constamment une base préliminaire indispensable, et qui, en même temps^ lui constitue un but général non moins nécessaire. On n'a plus besoin d'insister aujourd'hui sur le premier point, qui a été mis en pleine évidence par de saines analyses physiologiques ; il est bien reconnu maintenant (\nQ,pour se nourrir el pour sentir, V animal doit d'abord vivre, dans la plus simple acception de ce mot, c'est-à-dire végéter; et qu'aucune sus^ pension complète de cette vie végétale ne saurait^ en

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