XLVIII NOTE
rant, en cas de doute, soit à là première édition des Œuvres complètes (Lausanne, 1751), soit à l'édition de ces Œuvres complètes donnée en 1808, et qui passe pour la meilleure. On peut donc considérer notre texte, s'il n'est pas, — et pour cause, — celui de la dernière édition revue par l'auteur, comme le meilleur possible, étant données les difficultés particulières que nous venons d'exposer.
M. de L.
■UELQUES soins que l'on prenne de l'é- Jducation des enfans, elle est toujours très imparfaite : il faudroit, pour la rendre utile, avoir d'excellens gouverneurs ; et où les prendre ? A peine les princes peuvent-ils en avoir, et se les conserver. Oii trouvet-on des hommes assez au-dessus des autres pour être dignes de les conduire ? Cependant les premières années sont précieuses, puisqu'elles assurent le mérite des autres.
Il n'y a que deux temps dans la vie où la vérité se montre utilement à nous : dans la jeunesse, pour Madame de Lambert. i
nous instruire ; dans la vieillesse, pour nous consoler. Dans le temps des passions la vérité nous abandonne.
Quoique deux hommes célèbres ' aient eu attention à votre éducation par amitié pour moi, cependant, obligés de suivre l'ordre des études établi dans les collèges, ils ont plus songé dans vos premières années à !a science de l'esprit qu'à vous apprendre le monde et les bienséances.
Voici, mon fils, quelques préceptes qui regardent les mœurs : lisez-les sans peine. Ce ne sont point des leçons, sèches, qui sentent l'autorité d'une mère ; ce sont des avis que vous donne une amie, et qui partent du cœur.
En entrant dans le monde, vous vous êtes apparemment proposé un objet ; vous avez trop d'esprit pour vouloir y vivre à l'aventure : vous ne pouvez aspirer à rien de plus digne ni de plus convenable que la gloire; mais il faut savoir ce que l'on entend par le terme de gloire, et quelle idée vous y attachez.
Il en est de bien des sortes : chaque profession a la sienne. Dans la vôtre, mon fils, on entend la gloire qui suit la valeur. C'est la gloire des héros; elle est la plus brillante ; les véritables marques