‹ Œuvres morales de la Mise de LambertChapitre 24 sur 34 · TRAITE DE L'AMITIE · texte numérisé non relu

TRAITE DE L'AMITIE

fous me devez, Monsieur , une consola- 'tion pour la perte de notre amie. J'ap- ; pelle perte toutediminutiondansl'amitié, 'puisque ordinairement tout sentiment qui s'affoiblit tombe. Je m'examine à la rigueur, et je crois mettre dans l'amitié plus qu'une autre; cependant tout échappe. Je vous prie donc de me dire sans ménagement à qui je dois m'en prendre: car il faut que mes plaintes aient un objet. Est-ce de moi? est-ce de mes amies, ou des mœurs du temps? Enfin, corrigez-moi si je manque, consolez-moi si je perds.

Plus on avance dans la vie, et plus on sent le besoin que l'on a de l'amitié. A mesure que la raison se perfectionne, que l'esprit augmente en délicatesse et que le cœur s'épure, plus le sentiment de l'amitié devient nécessaire. Voj/iceque le loisir de ma solitude m'a fait penser sur ce sujet.

iverr

Page 1