‹ Œuvres morales de la Mise de LambertChapitre 3 sur 34 · VI ÉTUDE BIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

VI ÉTUDE BIOGRAPHIQUE

du salon de M'"^ de Lambert, devait prendre une sorte d'intérêt personnel au succès de ce qui fut en grande partie son ceuvre. Interrogeons donc d'autres témoignages contemporains. Et d'abord les témoignages les plus favorables,... puis ceux qui le sont moins. Qui n'entend qu'une cloche n'entend qu'un son. C'est le marquis d'Argenson que nous entendrons le premier. Il était un des plus anciens aniis de la marquise, un des hôtes et des comniensaux bienvenus des niercredis de l'ancien palais Mazarin, aujourd hui Bibliothèque nationale.

Le duc de Nevers, propriétaire de la plus grande partie de l'ancien palais Mazarin, avait, en effet, cédé à titre viager, à M'"« de Lanibert, la jouissance d'une aile de ce palais. M'"« de Lambert y avait fait de grandes dépenses d'appropriation et même de construction. Elle occupait l'cxlréniité de la galerie qui s'avance vers la rue Colbert sur la rue de Richelieu, et avait fait élever à ses frais le corps de logis qui existe encore rue Colbert, /i" 12'. C'est là qu'elle réunissait, le mardi et le mercredi de chaque semaine, une société choisie de grands seigneurs et d'hommes de lettres ou de gens lettrés ; car, par une délicatesse, ou plutôt une susceptibilité un peu excessive en ce qui touche l'opinion, elle avait partagé ses réunions comme

i. Frederick Lock, Documents pour servir à l'histoire de la Bibliothèque nationale.

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ET LITTERAIRE VII

sa société en deux classes dont l'une excusait Vautre. C'est là encore un trait de caractère que Fonienelle, qui ne pouvait être reçu chez elle en qualité de grand seigneur, a esquissé sans appuyer, avec une simplicité qui n'est peut-être pas exempte de malice.

Aussi ceux qui avoient leur raison pour trouver mauvais qu'il y eût encore de la conversation quelque part, lançoient-ils, quand ils le pouvoient, quelques traits malins contre la maison de M^ie Je Lambert, et M™e de Lambert elle-même, très délicate sur les discours et l'opinion du public, craignoit quelquefois de donner trop à son goût : elle avoit besoin de se rassurer en faisant réflexion que dans cette même maison, si accusée d'esprit, elle y faisoit une dépense très noble, et y recevoit beaucoup plus de gens de monde et de condition que de gens illustres dans les lettres.

Voici maintenant l'extrait annoncé des Mémoires du marquis d'Argenson, qui n'était pas un flatteur :

J'ai perdu le mois passé (le 12 juillet lySS) la marquise de Lambert qui, quoique âgée de quatrevingt-six ans, étoit mon amie depuis longtemps. Les savans et les honnêtes gens se souviendront longtemps d'elle... On a imprimé d'elle, sans sa participation : Avis d'une mère à son fils et à sa file et

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