‹ Œuvres morales de la Mise de LambertChapitre 6 sur 34 · XIV ETUDE BIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

XIV ETUDE BIOGRAPHIQUE

ment du XVIW siècle. Les Mémoires du temps en sont pleins, et l'on y rencontre a chaque pas des copies plus ou moins fidèles d'un auguste modèle : le mariage secret de M'"« de Maintenon et de Louis XIV. Nous ne rappellerons que celui du comte de Toulouse, frère du duc du Maine, avec M'"« de Gondrin ; celui de la duchesse de Bourbon avec le comte de Lassay ; celui du duc de Sully avec la comtesse de Vaux, etc.

M'^^ de Lambert était donc d'accord avec la mode quand elle suivit l'impulsion de son caur en consacrant par le mariage ce qu'il y avait de trop tendre dans une ancienne amitié ; et elle devait encore faire à M. de Sacy, très intimement lié avec elle, sans que le marquis de Saint-Aulaire pût se plaindre, une part très suffisante d'affection.

C'est ainsi que nous devons au président Hénault, qui ne s'en doutait pas, un trait décisif de la physionomie de M'"* de Lambert. Elle demeure digne dr nos éloges et de nos respects jusqu'au bout. Mais l'histoire de son mariage secret nous la montre comptant toujours autant avec l'opinion du monde qu'avec sa conscience, avec l'apparence qu'avec la réalité, plus prudente encore que niodeste, plus réservée que pudique, plus honnête que vertueuse, politique enfin en tout et avec tous, même avec elle-même, même avec Dieu, femme auteur sans vouloir le paraître, remariée sans en convenir, et quelque peu philosophe

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ET LITTERAIRE XV

in petto. Telle nous apparaît M"'^ de Lambert, grâce à la piquante révélation dont le président Hénault éclaire sa figure indécise, révélation que le marquis d'Argenson , d'ordinaire moins indulgent et moins réservé, avait si discrètement voilée en ces termes :

Mme de Lambert... n'ayant fréquenté que des gens de méiite, ayant cultivé son esprit, son cœur, sa vertu, n'eut de passion qu'une tendresse constante et assez platonique, etc..

// n'en nomme même pas l'objet. Le président Hénault est plus explicite :

On croit qu'elle s'étoit remariée au marquis de Saint-Aulaire '. C'étoit un homme d'esprit qui ne s'avisa qu'à plus de soixante ans de ses talens pour la poésie, et que M™e de Lambert, dont la maison étoit remplie d'académiciens, fit entrer à l'Académie Françoise, non sans assez de résistance de la part de Despréaux et de quelques autres.

C'est grâce aux traits épars dans les Mémoires contemporains, et surtout dans ceux du président

I. Il était le père, destiné à lui survivre jusqu'en 1742, du gendre même de M""^ de Lambert, brave officier, tué en Alsace en i 709.

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