‹ Œuvres morales de la Mise de LambertChapitre 8 sur 34 · XVIII ÉTUDE BIOGRAPHIQ^^UE · texte numérisé non relu

XVIII ÉTUDE BIOGRAPHIQ^^UE

l'abbé Mongauh, l'abbé de Bragelonne, M. de Sacy, l'abbé Trublct, Terrasson, les frères Boivin, l'abbé Fraguier, le marquis d'Argenson. Fénelon, sorte d'associé correspondant qu'un commerce épistolaire liait à la maîtresse de la maison, et Arouet, qui préférait l'atmosphère plus libre et plus légère des salons de Vaux, de Sully, de Sceaux, de Maisons, y brillaient par leur absence.

Parmi les femmes, outre la duchesse du Maine, qui brigua, par une correspondance engagée avec La Motte, où elle se montra supérieure à son partenaire, la faveur d'être admise, aux mardis, et y renonça par un double hommage aux honneurs et à l'indépendance de l'esprit, il faut citer, dans ce salon ouvert généreusement aux illustrations des deux sexes : M"« de Launay, baronne de Staal, la présidente Dreuilhet, M'"« de Caylus, M'"^ de Fontaines, M'"^ de Saintonge, M'»« de Murât, M'"« de La Force, romancière du roman court, de la Nouvelle, dont le salon de M'"^ de Lambert vit fleurir les chefsd'auvre, M"^ Catherine Bernard, nièce de Fontenelle, et M'"« Dacier, qui y soutint contre La Motte la querelle des anciens et des modernes. On n'y rencontrait, pas plus que Voltaire, M'"« du Châtelet, JVfme (/e Tencin, M"'« du Deffand, et c'est par ces abstentions, encore plus que par ces admissions, que le salon de M'"* de Lambert garde sa physionomie à part.'' Une certaine réserve y tempère toutes les har-

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diesses : il domine l'opinion plus qu'il ne la suit ; sa galanterie est grave, son enjouement est décent ; c'est le sanctuaire des traditions de l'ancienne bonne compagnie, beaucoup plus que l'asile des libertés de la nouvelle.

Nous avons dit ce qu'on sait de la vie de M'''^ de Lambert et essayé de deviner ce qu'on en ignore : car il n'est pas de vie de femnte, surtout en ce temps, qui n'ait son secret : nous avons peint la dignité de l'empire sur l'opinion, le crédit à l'Académie de ce salon célèbre où le marquis de Saint-Aulaire est chez lui. Il nous reste à parcourir rapidement les œuvres de la marquise et à chercher sur ce clavier la touche qui correspond à une note caractéristique de l'esprit ou du cœur.

Les Avis d'une Mère a son fils, publiés pour la première fois, en 1726, dans les Mémoires de littérature, du p. Desmolet, sous le titre plus juste de : Lettres d'une Dame a son fils sur la vraie GLOIRE, renferment, en effet, des conseils marqués au coin d'une expérience toute profane, qui ne sauraient émauer de toutes les mères, ni convenir à tous les fils. Celui de M'"^ de Lambert était un jeune colonel de vingt-quatre ans, et c'est surtout au point de vue du monde et de la cour que se place M'"^ de Lambert, quand elle fait de l'ambition et de l'honneur les deux mobiles principaux de ses actions, et quand elle lui montre la gloire comme le but de sa vie. Sainte-

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