MADAME DE LAMBERT A MONSIEUR DB SAC Y, AU SUJET DES FACTUM
COSTBB MADAME DE P.
Vous voulez bien que je présente un placet à votre justice, et que je vous demande que le procès entre les femmes et les maris soit jugé par la raison et non par la force. Dites-moi, je vous prie, les engagements des uns et des autres ne sont-ils pas égaux? Les serments qu'ils ont faits, les paroles qu'ils se sont données à la face des autels, ont-ils quelque exception pour les hommes? Vous, le protecteur des serments, dites-moi, quel droit ont-ils de les violer? Cependant, le lendemain d'une action si célèbre, le mari se pare de son infidélité, et la femme en est déshonorée. Elle vit avec les mêmes hommes qui se montrent à elle sous des formes bien différentes. Dans le tête-à-tête, ils détruisent l'autorité du préjugé et ôtent à l'honneur son crédit. Je- voudrais bien avoir assisté à vos audiences secrètes, quand vous tenez une jeune personne, et que vous voulez la persuader selon vos goûts et vos sentiments. Mais je vais vous le dire, mon cher Pline, comme si j'avais été un tiers entre vous deux.
L'honneur des femmes, leur dites-vous, est l'ouvrage de la politique : il n'y a point de vertu9 parti-