‹ Œuvres morales de Mme. de LambertChapitre 6 sur 30 · D£ MADAME DE LAMBERT · texte numérisé non relu

D£ MADAME DE LAMBERT

« peine ; ce ne sont point des leçons sècbes qui sentent Tan* « torilé d'une mère , ce sont des avis que vous doune une « amie, et qui partent du cœur. » Et le cœur dicte à cette mère, qui parle à son fils, sans souci du public, sans désir de renommée , les préceptes de la plus douce et de la plus pure morale. Pour inspirer à ce fils l'émulation des vertus et de l'honneur, elle lui rappelle le père qu'il a perdu ; elle trace de cet époux, qui n'est plus, un portrait noble et touchant : « Votre père, dit-elle à son fils, ne vous a laissé qu'un nom « et des exemples. Je ne regrette point pour vous la fortune ; « il y a si peu de grandes fortunes innocentes! » Suivent des conseils tendres, éclairés, ingénieux, par lesquels elle indique à son fils les moyens de faire honorablement sa carrière, de plaire, et surtout d'être utile et homme de bien. Elle veut que son fils aime la gloire, sans lui sacrifier jamais la vertu : « L'honnête homme aime mieux manquer à la fortune qu'à « la justice ; disputez de gloire avec vous-même, lui dit-elle, « et tachez d'acquérir des vertus. »

C'est elle encore qui dit à son fils, avant Vauvenargue, et presque aussi bien que Vauvenargue : « La vraie grandeur « de l'homme est dans le cœur! * Il faut l'élever pour aspi- « rer à de graudes choses et même oser s'en croire digne. Il « est aussi honnête d'être glorieux avec soi-même, que ridi~ « cule de l'être avec les autres. »

Ce qui domine dans ce premier écrit, c'est l'enseignement d'une morale tout empreinte de sévérité pour soi-même, et d'indulgence pour autrui. Dans ces pages, tracées par une grande dame, veuve d'un gouverneur du Luxembourg, on trouve, avec une satisfaction mêlée d'un doux étonnement, ce qu'on ne surprend jamais dans Mme de Sévigné, une sympathie vraie pour les classes pauvres, et des pensées sur le peuple dignes de Fénelon, que nous retrouverons bientôt l'ami

' Vauvenargue a Ait ; Les grandes peméet viennent du co?«r,

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