ESSAI SUR LES OUVHAGES
o La nature a des ressources admirables; elle nous con- « duit et nous gouverne presque à son insu, elle sait nous « donner des secours dans les inconvénients. Les privations « ne sont point sensibles quand le désir est éteint. Tous les « goals passent, même jusqu'au goût delà vie. Il esta soute haiter que toutes nos passions meurent avant nous; alors « c'est avoir achevé sa vie avant sa mort. »
Les œuvres de Mme de Lambert renferment encore des Réflexions sur le goût, sur les richesses, sur les femmes, où sont semésdes traits heureux etbrillants; puis, c'est un dialogue à la manière antique entre Alexandre. et Diogène; on y remarque ces belles paroles : «La modération et le repos ont « quelque chose de grand qui marque l'indépendance, dit « Diogène ; pour moi, j'ai eu assez de fonds et de fermeté pour « me passer de l'attirail de la. gloire; j'ai su consentir à de- « meurer inconnu : vous n'avez pas eu assez de mérite pour « jouer ce rôle , ni assez de fonds d'esprit pour remplir le « vide du temps. »
L'esprit de cette femme touchait à tout. Dans la Femme ermite , elle s'essaye au roman et rappelle Mme de Lafayette. Les discours sur les sentiments d'une dame; sur la délicatesse d'esprit et de sentiment ; sur la différence qu'il y a de la réputation à la considération ; rappellent un des genres favoris de la littérature d'alors. On rencontre au milieu de ces divers écrits une page qui nous a singulièrement frappés; elle a pour Mire : Psyché, en grec l'âme. « La fable de « Psyché représente l'ame humaine; elle est dans le corps « comme Psyché dans le palais de l'Amour; elle est servie « par un être qu'elle ne connaît pas, qui exécute ses ordres « avec une fidélité et une promptitude admirables. L'âme est « mise dans le corps pour jouir, et non pas pour connaître. <( Les sens, ce sont les portes et les canaux par lesquels « elle se répand , se communique et se mêle avec tous les « objets sensibles; ce sont les ministres de ses plaisirs, Tout