‹ Œuvres morales de PlutarqueChapitre 37 sur 59 · FRAGMENT DE PLUT ARQUE, SUR LA NOBLESSE · texte numérisé non relu

FRAGMENT DE PLUT ARQUE, SUR LA NOBLESSE

Rien ne mérite moins de confiance que les reproches faits à la noblesse par quelques sophistes qui, fermant les yeux sur les choses les plus ordinaires et les plus connues de tout le monde, ne voient pas que, pour avoir de bons chevaux et de bons chiens, on achète ou on emprunte ceux qui sont sortis des meilleures races ; on choisit de même les plants les plus estimés de vignes, d'oliviers et d'autres arbres. Cependant ils prétendent que, dans les hommes, la noblesse des pères ne contribue en rien au mérite de leur postérité, et qu'il est indifférent d'être né d'un Grec ou d'un Barbare. Ils ne veulent pas croire que les parents communiquent à leurs enfants, avec la vie, des germes et des principes secrets de vertu, comme Ulysse les avait transmis à son fils Télémaque, de qui Homère dit, en employant une expression remarquable,

La vertu de son père a coulé dans son ame.

11 nous fait entendre par là que les heureuses semences de la vertu avaient été comme distillées dans son ame avec les principes de la vie. Ce même poëte loue Nestor à plusieurs titres ; mais le premier éloge qu'il lui donne est celui-ci :

Sous les traits de Nestor, digne fils de Nélée.

Agamemnon dit de même à Ulysse :

Sage fils de Laerte, ô généreux Ulysse !

i Ce fragment a été traduit par Ferronus, et imprimé en 1556; je n'ai pu me procurer cette édition. Fabricius l'a donné en partie dans sa Bibliothèque grecque, t. XII, p. 268 et suiv., et J. -Christophe Wolfl'a inséré tout entier dans le tome troisième de ses Anecdola grœca, imprimé à Hambourg en 1723, in-12, avec une traduction latine et des notes grammaticales. C'est d'après celte édition que je l'ai traduit.

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