‹ Œuvres morales de PlutarqueChapitre 9 sur 59 · DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

DU TRADUCTEUR

avait produite ; car il fit tout son possible pour en empêcher l'effet, et donner de lui une idée plus avantageuse. Il expliqua ses opinions; il composa des ouvrages où il parlait de la Divinité d'une manière plus digne d'elle ; surtout il eut soin de paraître plus souvent dans les temples, ce qui ne lui était pas ordinaire, puisque quelqu'un l'ayant vu au pied des autels s'écria avec surprise que jamais Jupiter ne lui avait paru si grand que lorsqu'il avait vu Épicure dans son temple: preuve sensible qu'il ne passait pas pour un philosophe bien religieux. Lucrèce, qui se donne pour l'interprète fidèle de la doctrine d'Êpicure. lui fait honneur d'avoir affranchi les hommes de la superstition, c'est-à-dire, comme il l'explique lui-même, de leur avoir ôté la crainte des dieux; ce qui prouve, qu'au moins dans ses premiers ouvrages, il avait mérité le reproche d'impiété que ses contemporains lui faisaient.

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