LETTRE LUI
VAUVENARGUES A VOLTAIRE
A Aix, ce 27 janvier 1745.
Je n'aurais pas été longtemps fâché, Monsieur, que mes papiers eussent vu le jour, s'ils ne l'avaient dû qu'à l'estime que vous en faisiez; mais, puisqu'ils paraissaient sans votre aveu, et avec les défauts que vous leur connaissez, il vaut beaucoup mieux, sans doute, qu'ils soient encore à notre disposition ; je ne regrette que la peine qu'on vous a donnée pour une si grande bagatelle 1.
1 C'est ainsi que Vauvenargues qualifie ses Réflexions critiques sur quelques poètes. — B.
La lettre de Voltaire à laquelle Vauvenargues répond ici , manque dans notre recueil ; nous ignorons ce qu'elle a pu devenir, mais jusqu'à ce jour elle ne se trouve dans aucune édition des OEuores de Voltaire. On comprend aisément qu'elle avait pour objet d'annoncer à Vauvenargues que, contrairement à ce que disait celle du 7 janvier, l'insertion des Réflexions critiques au Mercure n'avait pas eu lieu, et qu'on pouvait dès lors l'interdire. — B.
Mon rhume continue toujours, avec la fièvre, et d'autres incommodités qui m'affaiblissent et m'épuisent. Tous les maux m'assiègent. Je voudrais les souffrir avec patience , mais cela est bien difficile. Si je puis mériter, Monsieur, que vous m'accordiez une amitié bien sincère, j'espère qu'elle me sera grandement utile, et fera, tant que je vivrai, ma consolation et ma force.
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