‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 188 sur 214 · LIVRE SIXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIEME

oouvrir les rapports que l'on cherche. De sorte qu'il n'est pas toujours nécessaire* pour résoudre toutes sortes de questions^ d'avoir des idées très-distinctes de leurs termes^ c'est-à-dire de connaître pai'faitement les choses que leurs termes signifient. Mais il est nécessaire de les connaître d'autant plus exactement^ qjie les rapports qu'on tâche de découvrir sont plus exacts et en plus grand nombre. Car^ comme nous venons de voir^ il suffit , dans les questions imparfaites , d'avoir des idées imparfaites des choses que l'on considère^ afin de résoudre ces questions parfaitement^ c'est-à-dire selon ce qu'elles contiennent. Et l'on peut même résoudre fort bien des questions^ quoique l'on n'ait aucune idée distincte des termes qui les^ expriment. Car lorsqu'on demande si le feu est capable de fondre du sel , de durcir de la boue ^ de faire évaporer du plomb^ et mille autres choses semblables, on entend parfaitement ce& questions, et l'on peut fort bien les résoudre quoiqu'on n'ait aucune idée distincte du feu, du sel, de la boue, etc. Parce que ceux qui font ces demandes veulent seulement savoir si Ton a quelque expérience sensible que le feu ait produit ces effets; c'est pourquoi, selon les connaissances que Ton a tirées de ses sens, on leur répond d'une manière capable de les coutenter.

Page 1