Mercxre de mai ,732, p. 917. et Poés. de Malcrais, p
Ta Muse de nos jours y montre Cythérée Plus belle qu'à Paphos !
Malcrais, pendant ce temps-là, semblait se plaire à suivre cette veine railleuse dont nous parlions tout à l'heure. D'un ton moitié sérieux, moitié plaisant, elle traçait après décès le portrait du bon frère Hilarion, portier des Capucins du Croisic * ; elle peignait (dans le conte des Critiques du Mercure] les beaux esprits de Nantes ou soi-disant tels, formes en sanhédrin littéraire chez un imprimeur du lieu et rendant les arrêts les plus grotesques '. Elle raillait spirituellement un poète à qui l'on avait volé une ode et à ce propos tous les poètes en général, sans s'excepter ellemême ni son admirateur La Motte Houdart s. ' Deux pièces de Malcrais, d'un tout autre caractère, publiées en 1732, fournissent des renseignements intéressants sur la famille de Des Forges. L'une est l'ode sur la mort de son père, qu'il avait dû perdre en octobre 1731, car dans une lettre à Malcrais du 4 novembre de cette même année, La Roque fait allusion à cette perte *. Cette ode nous apprend que Marie Audet, mère de Des Forges, se maria à seize ans (en 1698) et devint veuve à cinquante; qu'elle avait eu de son mari treize enfants, neuf fils et quatre filles: nombre réduit à douze, dans le temps delà mort du père, par celle de l'un des fils qui périt en Afrique, au cours d'un voyage sur la frégate V Entreprenante, de
I. Mercure de 1732, mars, p. 434, et Poésies de Malcrais> ç. 172.
1. Ibid. juin 1732, i" vol., p. 1148; réimprimé ci-dessous, p.. 3.
3. Voir p. 5-9 des Lettres nouvelles de Des Forges, publie'es en 1882 par la Société des Bibliophiles Bretons.