Ibid. p. XVI
3. <^CantatiUe par M. Desforges Maillard, » dans le Mercure de 1731, 20 vol. de juin, p. ,497. C'est la cantate de la Rose, recueillie dans les Poésies de Malcrais, p. i iG.
4- A la p. 23i I. Elle est reproduite dans les Poésies de Malcrais, p. 40.
DES FORGES MAILLAI* D
«1 grand La Motte, aigle rapide, dont l'œil noblement « audacieux va défier les regards mêmes du père brûlant € du jour. » Dans ce genre un peu hybride de la prose poétique — où Chateaubriand et Fénelon ont trouvé pourtant de si grands effets — la pièce de Malcrais a des strophes vraiment heureuses, celles-ci entre autres :
H Je te vois, ô divine Poe'sie, te promener çà et là librement avec les Charités, qui dansent et folâtrent autour de toi, en te faisant cent caresses naïves.
« Leurs blonds cheveux voltigent négligemment sur leurs épaules, blanches à la fois et vermeilles, semblables à l'ivoire qu'une femme de Carie teint en pourpre. Ennemies de la gêne, elles ont jeté loin d'elles leurs chaussures de drap d'or, et sautent si légèrement sur la prairie, qu'à peine s'aperçoit-on qu'elles aient des pieds, u
Néanmoins, quand on sait lire, il est facile de reconnaître l'intention ironique de cette pièce. Houdart y est couvert d'éloges, mais quels éloges 1 « Tes strophes gra- ( ventent philosophiques, à prudent La Motte, ô poète « sagement sublime, nous avoient toujours présagé ton « penchant insurmontable pour la prose. » Plus loin on nous peint Homère, Virgile et le Tasse venant supplier le réformateur de remettre en prose leurs vers divins « et, " par le moyen dont il est l'inventeur, de prêter à leur <• poésie cette même beauté dont il vient d'enrichir la <i nôtre. » Ici, l'ironie éclate. Le bon La Motte ne l'aperçut pas, prit tout pour argent comptant, et paya la malicieuse donzelle d'un quatrain très louangeur, dernier fruit qu'il ait tiré de sa maigre muse, car il mourut le mois suivant (26 décembre 1/3 1).
La veine railleuse de Malcrais, un peu déguisée dans cette ode, coule à découvert fort librement dans deux jolis
INTRODUCTION
contes, publiés par le Mercure en novembre et décembre 1731, le Feint Organiste « et l'Almanach Nantais », curieux surtout l'un et l'autre en ce que l'auteur, au' lieu d'exercer sa verve sur des sujets imaginaires, y a peint d'après nature des originaux et des ridicules qui le touchent, ici le plaisant portrait du vieux Mareschal, imprimeur à Nantes, là les mœurs un peu naïves des bons habitants du bourg de Batz.
En 1732 et 1733, Malcrais est à l'apogée de son succès et de sa gloire, hs Mercure ne paraît plus sans être bourré de ses vers ou de sa prose, et des pièces qu'on lui adresse Dans le numéro de janvier ,732, c'est le quatrain de La Motte Houdart et une lettre de Carrelet d'HautefeuilIe a la dixième Muse '; en février, un sonnet en son honneur * ; en mai, une ode à sa gloire s, où un poète de Chalons-sur-Marne chante ceci à la docte Malcrais ;
On parle du Croisic comme on parle d'Astrée, De Smyrne et de Lesbos ;
I j^erc«re de novembre i-Si, p. 2536 ; recueiU, dans Poésesd,^erses de M. Des/orges Mai/lard, rySo, p. 184, et dans ecu,o„ desŒ..... de ,759, F. p. 240. I.y ', quelques dil rences entre ces trois éditions. ^ m 4
2.0n trouvera ci.dessous,p.8,VAlmanacl,Nantois,qui n'avait lamais ete recueilli dans les œuvres de Des Forces