‹ Œuvres nouvelles de Des Forges MaillardChapitre 112 sur 134 · M.DCC.L · texte numérisé non relu

M.DCC.L

Avec approbation et priinlè^e du Roi

In-i2, de 3o8 pages, bien imprimé en un petit caractère fort net. Au point de vue typographique, c'est la plus jolie des éditions de Des Forges; pour le fond, c'est la moins intéressante. Elle comprend 124 pièces, dont 44 tirées de l'édition de 1735 et 80 nouvelles; mais ces 124 pièces, sans aucune exception et presque sans une seule variante, ont toutes été reproduites dans l'édition de 1759. Parmi ks pièces nouvelles de cette édition de 1750, il faut noter la description de Bréderac, maison de campagne de l'auteur, le Feint organiste et nombre d'autres petits Contes fort bien tournés, l'idylle des Arbres fort goûtée par les contemporains, et encore une pièce exquise, peut-être le chef-d'œuvre de notre poète, le Gentilhomme campagnard qui se prépare à marcher à l'arrière-ban. — Voici d'ailleurs, les divisions de ce volume, avec l'indication des pièces de cetteédition qui avaient déjà paru dans l'édition de 1735.

En tète, épître dédicatoire en vers à M. de Machault, et poème sur Louis XV ou la gloire de Louis XIV perpétuée dans son successeur. Puis, Odes, au nombre de xxi, Épitres, 1 à xii. Cela forme la « première partie » du volume. La « seconde partie " comprend, d'abord, Bréderac et le Gentilhomme campagnard ; puis, Contes, i à xi ;

l3S DES FORGES UAILLARD

Idylles, I à VIII ; une Elégie ; Poésies anacréontiques, à IX ; Sonnets, i à iv ; Épitaphes, i à xiv ; Épigrammes, 1 à XII ; Fables, i à xix ; trois odes et autant de pièces détachées, en dehors des divisions ci-dessus.

Avaient déjà paru dans l'édition de 1735 les Odes i, II, IV, V, VII, XI, XVII, XXI ; Epîtres i, v, xn ; Contes IX, XI ; Idylles iv à viii inclusivement ; l'Élégie ; Poésies anacréontiques i, et rv à w; Épitaphes 11 à viii ; Épigrammes i, 11, m, vu, vin, x à xii ; Fables i ; enfin deux pièces détachées (p. 246 et 271)-

§ 3. — Œuvres en vers et en prose de Des Forges Maillard.

Titre de la troisième édition :

Œuvres en vers et en prose de M. Desforges- Maillard, des Académies royales des Sciences et Belles-Lettres d'Angers, Caen, la Rochelle ; des Sociétés littéraires d'Orléans et Chalonssur-Marne ; de la Société royale de Nancy, et des Académies des Ricovrati de Padoue et des Rinnovati d'Asolo.

Dédiées a M. de Machault, Garde des Sceaux, Ministre général de la Marine.

A Amsterdam. || Chez Jean Schreuder et Pierre Mortier le jeune.

MDCCLIX.

APPENDICB

Deux volumes in-12 ; le tome I«rcle lxvih et 414 pages, avec portrait de l'auteur, gravé par Tanjé d'après une peinture de Largillière ; — le tome II, de viii et 402 pages. Cette édition ne comprend pas moins de 423 pièces ou ouvrages littéraires de Des Forges Maillard. Les 124 pièctfs de l'édition de lySo y sont toutes, y compris, bien entendu, les 44 empruntées par cette édition à celle de 1735. Dans cette dernière, l'édition de lySg a repris en outre 10 morceaux négligés par celle de 1769, ce qui porte, en tout, à 184 le nombre des morceaux de l'édition de 1759 qui figurent dans l'une des deux précédentes, et à 289 le nombre de ceux qui n'y figurent pas et paraissent ici pour la première fois en corps d'ouvrage. Sur ces 289, il y a 23 morceaux de prose ou de prose et vers ; les 266 autres (parmi lesquels 137 quatrains de Réflexions morales) ne contiennent que des vers.

Le tome ler de 1759 se compose d'un morceau de prosefort important, les Mémoires historiques de l'auteur tenant lieu de préface (p. iiràLix), d'un morceau de prose et vers ('/e Voyage de Paris en Bretagne en 1745), et de 159 pièces de vers, dont 1 1 1 empruntées aux deux précédentes éditions et 48 nouvelles seulement. Les divisions sont les mêmes qu'en 1750, mais dans chaque division le nombre des pièces s'est élevé. Ainsi, après l'épître à M. de Machault et le poème sur Louis XV, nous avons : Odes, xxiv au lieu de xxi, — Épîtres, xxi au lieu de xii, — Contes, xxiii au lieu de xi, — Idylles, ix au lieu de vin, — Poésies anacréontiques, xv au lieu de ix, — Sonnets, iv (même nombre), — Épitaphes, xx au lieu de xiv, — Fables, xxv au lieu de xix, — Cantates, vi au lieu de m. — Les Épigrammes, qui montent de xii àxv, sont au tome II.

Le tome II de 1769 contient 261 pièces, — dont 20 en prose ou en prose et vers mêlés, — et 242 en vers seule-

]^ DES FORCES MAILLARD

ment, y compris les 187 quatrains. Sur ce nombre, 23 pièces sont empruntées aux deux précédentes éditions, savoir : 1 2 des Épigrammes et 1 1 pièces détachées, entre autres, Bréderac et le Gentilhomme campagnard. Les 238 autres pièces n'existent ni dans l'édition de 1759 ni dans celle de 1735.

Ce second volume de 1759 a, de prime face, un aspect un peu austère. Il s'ouvre par des Poésies chrétiennes., où on trouve une traduction des sept psaumes pénitentiaux, des sonnets sur les sept sacrements, d'autres en l'honneur de la Vierge, etc. Cela continue par des Réflexions morales divisées en deux parties : 70 Réflexions dans la première, 67 dans la seconde, un quatrain par réflexion, une réflexion par quatrain, total 137 quatrains et i37 réflexions. — Les pièces en prose ou en prose et vers consistent pour la plupart en lettres à divers savants et littérateurs célèbres de l'époque, comme Voltaire, RoUin, Réaumur, l'abbé Goujet, le président Bouhier, lettres traitant divers sujets de critique littéraire (p. 1913284); il y a aussi plusieurs remercîments à diverses Sociétés savantes qui avaient admis Des Forges dans leur sein (entre autres, à celles de Nancy, de Caen, de Châlons (p. 285 à 317), et enfin quelques morceaux d'un genre plus léger, par exemple, la traduction d'une nouvelle italienne intitulée la Femme guérie (p. 396-412), et un joli récit de ce Voyage du Fore:; au Croisic, qui ramena Des Forges dans son pays après son séjour à Montbrison comme contrôleur du dixième en 1735-1736 (p. 92-109).

Le génie de l'auteur, plus porté au plaisant qu'au sévère, se retrouve, en ce volume aussi, dans un grand nombre de pièces détachées (outre Bréderac et le Gentilhomme campagnard), par exemple, une satire assez piquante {te Galant homme moderne, p. 121); deux ou trois

contes bien tournés (p. i jo et 438) ; xu Airs ou chansons (p. i3i-i36) ; XV Epigrammes (p. 137-145) ; la traduction en vers de douze madrigaux de Guarini et de divers morceaux de Pétrarque, de Martial, de Catulle, d'Horace, d'Ovide, etc. fp. 146-190); trois fragments de comédie en vers (p. 322, 338, 344); une chanson de table curieuse pour l'histoire intime du Croisic (p. 425), etc.

§ 4. — Impressions séparées de quelques pièces de Des Forges.

En dehors des trois éditions collectives des œuvres de Des Forges que l'on vient de décrire, il y a de lui quelques pièces ou quelques petits groupes de pièces de vers qui furent publiés séparément. Nous connaissons avec certitude les quatre impressions suivantes :

— « Généalogie. A mademoiselle Salle. Par Monsieur Des Forges Maillard. — A Paris, chez Prault père, quay de Gesvres, M.DCC. XXXVII. .. — In-S» de 8 pages chiffrées, titre compris. Pièce allégorique de 140 vers, en l'honneur de la célèbre danseuse — dont la beauté, la grâce, la légèreté n'avaient d'égale que la vertu — M"« Salle. Cette pièce avait d'abord paru dans le tome IV du Glaneur, petit journal littéraire de ce temps, qui ne semble pas avoir eu longue vie, où Des Forges déposa quelques-unes de ses productions, mais dont nous n'avons pu trouver la collection complète.

— « Poésies françaises et latines sur la prise de Bergopsoom et sur la paix, dédiées à M. le maréchal de Lowendhal, par M. Des Forges Maillard... A Rennes, chez

Joseph Vatar, imprimeur-libraire du Collège, place du Palais, 1748. " In-8».

Nous n'avons pas vu cette impression qui devait former une brochure assez mince ; mais nous en avons relevé l'annonce à deux reprises dans le Mercure de France de 1749, volume de Janvier, p. i58, et vol.de Mars, p. 141.

— " Gli Albert, idillio francese tradotto in versi latini e toscani. In Firenze, l'anno MDCCLI, nclla Stamperia Impériale. » — In-8». C'est la traduction en vers latins, par le cardinal Quirini, de l'idylle intitulée les Arbres, publiée dans l'édition de 1750 des Poésies diverses de Des Forges : traduction suivie de deux autres en vers italiens, l'une du comte Cesaregi, et l'autre anonyme.

Avec l'exemplaire de cette brochure possédé par la Bibliothèque nationale (côté Z 934. G i), se trouve reliée une autre édition sans date de la traduction de Quirini contenue dans une lettre de ce cardinal au P. Valois, jésuite, professeur d'hydrographie et directeur de l'Académie royale de la Rochelle, dont Quirini et Des Forges étaient membres. Au verso du titrede cette édition se trouve cette note en français : o L'auteur de l'idylle <i franjoise, c'est un gentilhomme breton, Des Forges « Maillard, qui pendant plusieurs années a gardé un mo- « deste incognito, faisant paroître ses babioles sous le nom " de Malconis {sic Malcrais) de la Vigne. Quand il a été <' sûr de l'approbation de ses compatriotes, il a quitté le « rôle de pseudonyme et a paru au grand jour. Messieurs " les poètes ont voulu se rétracter, modifier leurs éloges; « mais on les a équitablement déboutés de leur appel. »

— u Le Combat de Saint-Cast, en Bretagne, ode. A Monseigneur le duc d' Aiguillon, commandant en Bretagne... Par M. des Forges Maillard... A Nantes, chez la

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veuve de Joseph Vatar, imprimeur du Roi, 1758. » Pet. in- 12 de 10 pp. Cette ode a 29 strophes de 8 vers ; elle n'est point dans l'édition des Œuvres de Des Forges de 1759, mais elle a été réimprimée en entier, à Nantes, dans \a Revue des provinces de l'Ouest, 6" année (i 858iSSg), p. 69 à 75. On en trouve un compte rendu favorable, avec citation de neuf strophes, dans le Journal de Verdun de 1759, t. I, p. 25, Janvier.

M. Honoré Bonhomme, dans sabibliographie desœuvres de Des Forges Maillard]', ne parle pas du Combat de Saint- Cast, de Gli Albert, ni de la Généalogie de Mademoiselle Salle. En revanche, il mentionne comme appartenant à notre auteur les pièces suivantes, qui auraient étéi dit-il, imprimées séparément :

« 1745. — Chansons sur les victoires du roi.

« 1751. — Les Arbres, idylles (sic). Broch. in-4''.

f 1752. — Epître au cardinal Quirini. Berlin .«

Rien de plus. Il serait singulier que l'on eût fait, en 1751, une édition séparée du texte français de l'idylle des Arbres, qui venait d'être comprise l'année précédente dans l'édition collective des Poésies diverses de Des P'orges de 1750. Il s'agit probablement de l'édition de Florence, contenant la traduction latine de Quirini et les deux traductions italiennes; mais le vrai titre de cette impression n'est pas Les Arbres, c'en est la traduction italienne, Gli Alberi, comme nous l'avons indiqué et rapporté ci-dessus.

Quant aux deux autres impressions séparées (Chansons sur les victoires du roi et Epître à Quirini), il serait bien désirable, pour en établir l'existence certaine, d'avoir quelques renseignements plus précis et plus circonstanciés.

I. Poésies diverses de Des Forges Maillard, édit. Quaniin, 1880, p. xxxix.

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§ S. — Editions posthumes.

A. — « Poésies diverses de Desforges Maillard, avec une notice bio-bibliographique par Honoré Bonhomme. — Paris, A. Quantin, imprimeur-éditeur, 7, rue Saint- Benoît, 1880. 1»

In-8° de xl et 207 pages chiffrées, avec portrait et autographe de Des Forges. Le titre de cette édition reproduit exactement celui de l'édition de 1750; mais la composition en est toute différente ; c'est un choix de pièces fait sur l'édition de 1739. L'intention du nouvel éditeur a été de faire connaître le talent du poète par des morceaux pris dans tous les genres que Des Forges a abordés : odes, idylles, épîtres, contes, épigrammes, sonnets, chansons, réflexions morales, etc. Etant donnés ce plan et cette intention, le choix est fait avec le soin et l'intelligence qu'on doit attendre de M. H. Bonhomme qui a dirigé l'édition ; j'y regrette cependant l'absence de la jolie pièce du Gentilhomme campagnard. — La notice biographique placée en tête du volume est d'une lecture agréable. Bien que nous nous soyons vu obligé, dans notre Introduction, de combattre quelques assertions de M. H. Bonhomme, nous nous plaisons à reconnaître le mérite et l'intérêt de son travail, et aussi les sentiments de justice et de sympathie dont il se montre animé envers Des Forges, malgré une indulgence, selon nous excessive, pour les mauvais procédés de Voltaire. — Quant à l'exécution typographique, du moment où ce livre sort des presses de M. Quantin, il serait superflu d'en faire l'éloge.

B. — Œuvres nouvelles de Des Forges Maillard, pu-

bliéesavec notes, introduction et étude biographique, par Arthur de la Borderie et René Kerviler, (tome II) Lettres nouvelles. - Nantes, Société des Bibliophiles bretons, 1882.

In-4-' et in-8» de 238 pages chiffrées. - Aucune des p.èces réunies dans ce volume ne figure dans aucune des précédentes éditions des Œuvres de Des Forges.

C. - Œuvres nouvelles de Des Forges Maillard publiées avec notes, etc., par Arthur de la Borderie et René Kerviler, (tome I) Poésies nouvelles. - Nantes, Société des Bibliophiles bretons, 1888.

In-8oet in-40. C'est le présent volume, dont la description serait inutile, puisqu'on l'a entre les mains

§ 6. - Collaboration de Des Forges Maillard au.v iournaux littéraires, de 1J24 à J-2r).

Depuis l'âge de vingt-cinq ans (,724) jusqu'à sa mort {1772), Des Forges sema, dans les recueils périodiques du temps, une foule de pièces en vers ou en prose, les unes signées de son nom, les autres du pseudonvme de MUe de Malcrais ; et bien qu'il en ait reproduit, comme on l'a vu plus haut, un assez grand nombre dans les trois éditions de ses œuvres parues en .735, .750 et ,759, il en laissa presque autant de non reproduites, perdues, enfouies dans ces recueils, que depuis longtemps personne n'ouvre plus C'est de là que nous avons extrait - exhumé, on peut le dire - la plus grande partie de ses Lettres nouvelles et de ses Poésies nouvelles. Mais nous en avons encore omis beaucoup, dont nous voulons essavcr de donner

si

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idée : car cette assidue collaboration de notre poète aux journaux littéraires de son temps représente une partie considérable de son activité intellectuelle.

Nous avons dressé ci- dessus une table très complète de sa collaboration au Mercure sous le nom de M""; de Malcrais, de 1729 a 1735. Il n'est pas moins intéressant de connaître ses premiers essais.ceux qui précédèrent l'époque où l'emploi de ce pseudonyme lui donna, à l'improviste, une célébrité universelle.

D'après les Mémoires historiques de Des Forges, il commença à faire des vers à seize ans', mais il ne nous en a rien conservé. C'est à 1724 que remontent les plus anciens de s£S essais littéraires venus jusqu'à nous. Nous allons les indiquer brièvement.

— i< Lettre écrite aux auteurs du Mercure sur le poème de la Ligue, le 23 septembre 1724, par M. Des Forges Maillard. » {Mercure de France de 1724, décembre, 2"= vol., p. 2529-2535.)

Ce poème n'était autre chose que la Henriade de Voltaire, publiée alors depuis peu de temps et qu'on appelait la Ligue. La lettre de Des Forges est une apologie de ce poème contre certaines critiques, ou plutôt un éloge sans réserve. Eloge qui, mis en vers par Des Forges et envoyé par lui en manuscrit à Voltaire au mois d'avril 1725, provoqua la lettre de Voltaire à Des Forges, insérée par celui-ci au tome I" de ses Œuvres, édit. de 1759, préface, p. vin.

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